707 – SABORDAGE DE L’OCCIDENT

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Notre siècle a tout pour réussir et être heureux. Néanmoins, il semble que l’Occident, au sommet de sa gloire, doute de lui-même et de sa survie dans une sorte de sabordage généralisé : pollution catastrophique, généralisation de la drogue, culte du moi, ambiance dépressive, addiction aux réseaux sociaux, natalité anémique… Où allons-nous?

L’Occident a longtemps été le phare qui éclairait le monde. C’est en Occident qu’est née l’idée de progrès, c’est-à-dire le refus d’un fatum inexorable qui enfermait l’homme dans un destin immuable. L’Occident a nourri le projet d’une vie meilleure en s’appuyant d’une part sur la science et la technique et, d’autre part, sur la notion de liberté individuelle et de démocratie.

Il n’est pas exagéré de dire, en ce début de troisième millénaire, que l’objectif a été globalement atteint. Tout ce que l’humanité a rêvé depuis des siècles a été réalisé par un Occident travailleur, passionné, inventif, tolérant et ouvert. La paix règne enfin dans un Occident qui peut jouir de son succès.

Mais, c’est au moment où nous arrivons aux portes du bonheur que nous commençons à douter. Surgissent déjà les prémisses du déclin et de l’autodestruction, comme si nous obéissions à l’adage qui veut que « rien n’échoue mieux que le succès » !

C’est quand tout va bien que l’homme, au sommet de sa gloire, commence à s’ennuyer et prépare en coulisse le spectacle de son déclin puis de sa décadence. L’Occident est trop bien nourri, trop choyé comme un enfant gâté, trop habitué peut-être à la facilité. On dit qu’il y a des générations qui travaillent et construisent, puis surviennent des générations qui dépensent et se laissent aller. La gloire n’a toujours qu’un temps !…

Atteinte à la santé

On parle beaucoup de pollution chimique, mais on agit très peu ! La première des intoxications chimiques provient d’un usage abusif et sans discernement de médicaments chimiques, qui présentent très souvent plus d’inconvénients que d’avantages. Néanmoins, des millions de personnes s’intoxiquent quotidiennement avec une pléthore de petites pilules, souvent inutiles.

Nous sommes responsables de notre vie, individuellement et collectivement, comme le démontre l’usage généralisé de produits chimiques toxiques, aussi bien dans l’agriculture que dans les matières plastiques de notre environnement. Les perturbateurs endocriniens agissent à des doses infimes et constituent sans doute le plus grand danger parce qu’il est insidieux et provoque une lente dégénération de nombre d’espèces, y compris la nôtre. Ils induisent de très nombreux cancers et diminuent drastiquement l’indice de fécondité.

Nous disposons des connaissances scientifiques irréfutables, mais la règlementation est toujours en retard et, en attendant, nous continuons de faire comme si nous ne savions pas. Nous ruinons notre santé et celle de nos enfants en toute connaissance de cause.

La Fabrique de zombies

Au 21ème siècle, la jeunesse Homo sapiens est pathétique. Elle a du vague à l’âme et elle a perdu le goût de vivre. Elle invente sans cesse de nouveaux moyens pour se rendre malade et se détruire. Pourquoi ?

Comment comprendre qu’une certaine jeunesse qui dispose aujourd’hui de tous les moyens pour réussir sa vie et s’épanouir, ne parvient pas à avoir l’énergie suffisante pour se respecter ? Elle a tellement perdu le goût de vivre qu’elle cherche tous les moyens pour s’avilir et se détruire : l’alcool, le tabac puis la drogue.

Dans le stade ultime, on constate qu’une frange de cette jeunesse se perd dans l’usage de drogues dures qui l’anéantit et la démet de son humanité dans une autodestruction suicidaire. Ces jeunes deviennent irrémédiablement des épaves qui resteront, toute leur vie, à charge de la société.

N’est-ce pas un signe des temps que la série Breaking Bad ait reçu 15 récompenses internationales, alors qu’elle popularise l’usage de la méthamphétaminecristal meth», pour les intimes) ? Cette substance fait partie des plus dangereuses qui soient et elle est hautement addictive. Après un sentiment passager de toute puissance, l’usager sombre dans une intense déprime et très rapidement son cerveau est détruit irrémédiablement.

Comment peut-on être attiré par ce produit après une pareille description ? Pourquoi une certaine jeunesse est-elle fascinée par des groupes rap qui font l’apologie d’une drogue qui fait d’eux des zombies au teint grisâtre ? Qu’ont-ils dans la tête ceux qui applaudissent la chanson misogyne Christmas Eve du rappeur PG One faisant l’apologie de la drogue ?

Perte de liberté

L’addiction la plus répandue est aujourd’hui électronique. On ne s’appartient plus, on appartient au réseau. « Internet propose des stimuli de manière concentrée, rapide et toujours disponible. En matière de dépendance c’est beaucoup plus efficace et pernicieux que l’héroïne ». Telle est l’affirmation du chef de service d’addictologie aux hôpitaux universitaires de Genève.

La cyberdépendance est devenue la première cause de consultation dans les services d’addictologie, avant l’alcool et la drogue ! Les services médicaux de l’enfance estiment que « l’utilisation excessive des tablettes, smartphones ou jeux vidéo entraine des pathologies comme l’obésité, un retard de langage, des troubles du sommeil, des diabètes, une élévation du stress et de l’hyperactivité ».

Un des fondateurs de Facebook n’a pas hésité à avouer : « Nous avons exploité consciemment la vulnérabilité de la psychologie humaine ». Regardez autour de vous pour mesurer l’ampleur du phénomène chez les enfants et les adultes. Il y a une perte de liberté et de contrôle de soi, une monopolisation de la pensée qui conduit à l’irritabilité et à la violence lorsque le smartphone ou le jeu vidéo est retiré !

Tristesse et dépression

Une étude réalisée par l’université de San Diego en Californie vient de démontrer que trop de temps passé devant un écran conduit à la tristesse. Notre époque est globalement triste, particulièrement dans les pays riches.

Autour de nous on entend parler de dépression, de burn out et même de suicide ! Du temps de ma jeunesse folle, je n’avais jamais entendu parler de dépression. Les temps étaient sans doute plus difficiles, mais les gens étaient plus dynamiques, plus optimistes et surtout moins désabusés.

J’ai lu des chiffres incroyables : il y aurait 200.000 tentatives de suicides par an en France ! Selon les enquêtes 24% des moins de 35 ans ont eu une intention réelle de se suicider !… Le suicide est aujourd’hui la première cause de mortalité chez les jeunes adultes. C’est le signe d’une société malade.

Sans parler de la consommation de psychotropes : 150 millions de boites sont prescrites chaque année en France où 25% de la population en consomme régulièrement.

Le temps me manque pour parler des autres signes du sabordage de l’Occident, à commencer par une natalité anémique qui ne permet plus le renouvellement de la population. Cela n’empêche pas la république de subventionner les associations homosexuelles qui ne participent pas beaucoup à l’effort national dans ce domaine ! Dans ces conditions, nos sociétés vieillissent et doivent faire appel à une immigration de masse pour assurer leur survie.

De nouvelles cultures, de nouvelles religions prennent progressivement les places vacantes et vont imposer leurs lois et leurs valeurs. Nos sociétés manquent de vigueur et de détermination pour contrôler une immigration massive et elles sont trop fatiguées pour défendre leurs valeurs.

Chaque jour qui passe l’Occident cède du terrain sur de nombreux fronts. Tandis qu’il culmine du point de vue technologique, le ver est déjà dans le fruit, comme si le succès était toujours porteur du déclin. Notre civilisation est devenue cynique et a perdu son enthousiasme mobilisateur. C’est sans doute le destin des êtres comme des sociétés humaines que de travailler sans relâche pour atteindre le sommet et culminer, puis ensuite de se laisser aller doucement sur la pente de la facilité. Le déclin vient d’abord de l’intérieur mais il s’achève par une intervention extérieure. C’est comme une loi de la nature valable individuellement et collectivement.

Peut-on comparer notre époque à l’âge d’or du siècle de Périclès, il y a 2500 ans, portant en germe son déclin en sombrant d’abord dans le populisme, porte ouverte à la tyrannie?

One comment

  1. Votre analyse est malheureusement juste mais il faut analyser la cause de cette décadence qui est, je crois, une absence totale de réflexion et de réponse à la question  » Devons-nous continuer à négliger ce que transporte la monnaie et à dogmatiser ce qui est vu comme une richesse ? « .

    C’est l’absence de réflexion des adultes qui crée le désespoir des enfants.

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