182 – MANGER, BOIRE ET FUMER

Posted on septembre 23, 2011 par

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Vous le savez déjà, l’homme est une espèce étrange. A la fois nous avons peur d’être malade et dépensons des sommes folles en analyses et check-up, mais dans le même temps nous ne faisons rien, ou pas grand chose, pour ne pas être malade, bien au contraire.

Il est écrit en très gros caractères sur les paquets de cigarettes : FUMER TUE. Cette vérité fondamentale est connue de tous. Un fumeur sur deux meurt prématurément des effets nocifs du tabac. En effet, le tabagisme aggrave très fortement le risque de maladies cardiovasculaires, de cancers et de maladies respiratoires. Devant ces faits établis, l’on pourrait croire que si nous avions la plus petite dose de sagesse, nous arrêterions de fumer. Mais nous n’avons pas cette petite dose. Depuis plusieurs années l’on observe une stagnation du nombre de fumeurs, environ 27% de la population Suisse, avec une moyenne de 14,2 cigarettes par jour. Les parents, comme s’ils étaient inconscients, continuent de laisser les enfants fumer ; pire, ils leurs achètent les cigarettes. Il est interdit à un maître de gifler un élève, ce qui n’a jamais fait de mal à personne et même souvent beaucoup de bien ! Mais il est tout à fait autorisé de laisser fumer les jeunes. Mœurs étranges ! Tout le monde sait que c’est à l’adolescence que l’on prend les bonnes et les mauvaises habitudes ; tout le monde, sauf ceux qui sont en charge de l’éducation des enfants…

Bien sûr, nous savons tous que la force de la jeunesse est de se croire immortelle. La maladie ou la mort sont pour elle des abstractions. Mais les parents ont l’expérience de la vie, ils savent combien notre corps est fragile. Ils le savent si bien que ce sont d’énormes consommateurs de soins médicaux. Ils ne reculent devant aucun check-up, avec force scanners, radios, analyses de toutes sortes, dans le but d’éloigner la peur d’être malade. Il n’y a jamais eu tant de médecins, mais ils sont surchargés. En Suisse, le délai d’attente pour avoir un rendez-vous est de plusieurs semaines et souvent de plusieurs mois, ce qui fait que seuls les biens portants peuvent consulter, les autres se guérissent tout seuls avant !

DAVID 2011 et DAVID 1504

Lorsque je fais les courses avec Chantal au supermarché, mon passe-temps favori consiste à jeter un œil sur le caddie des autres. Je suis toujours stupéfait de voir l’abondance de produits hypercaloriques, trop sucrés, trop salés, trop gras. Charcuterie, saucisses, viennoiseries, pizzas, pain blanc, chips et bien entendu pléthore de boissons sucrées parfaitement inutiles. Mais, dans l’ensemble, peu de légumes et encore moins de fruits : affligeant. Le caddie moyen de la ménagère standard contient tout ce qu’il faut pour fabriquer des maladies cardiovasculaires, du cholestérol, du diabète, de l’obésité, de l’hypertension etc…D’ailleurs le corps médical et l’industrie pharmaceutique ne trouvent rien à redire sur le panier de la ménagère : il fabrique leurs futurs clients. La France, dans un éclair fugace de lucidité, vient de taxer les sodas et autres cocas, à l’origine du diabète et de l’obésité, en particulier chez les jeunes. Le plus extraordinaire, c’est qu’il se trouve encore quelques esprits chagrins pour protester de cette décision !

Je ne sais plus qui a dit : « Le plus bel endroit du monde, c’est ici et maintenant ». La phrase est très belle et signifie aussi qu’il est sans doute vain de se préoccuper de l’avenir. Seul le présent existe : faisons selon notre bon plaisir et advienne que pourra !

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