1135 – CANCERS ET PESTICIDES : des preuves formelles

Publiés mercredi 1eravril dans la revue Nature Health, des travaux pionniers, pilotés par des chercheurs français et péruviens, montrent une « association robuste » entre les pesticides et le surrisque de cancer, en particulier de cancers du foie.

Ces travaux remarquables ont étudié à la loupe 400 zones agricoles du Pérou et les résultats renversent bien des idées reçues sur la nocivité des pesticides. Des résultats aux « implications majeures » pour les politiques de santé publique et la prévention du cancer, estiment les chercheurs.

Les chercheurs ont identifié 31 substances pesticides les plus utilisées dans ce pays andin, dont aucune n’est actuellement classée cancérogène avérée, c’est-à-dire qu’elles ne provoquent pas de modifications dans le génome. « Cela nous a permis de créer une carte à haute résolution et d’identifier les zones présentant le risque d’exposition le plus élevé »,

Pour valider la pertinence de leur modèle de dispersion des pesticides dans l’environnement, les chercheurs ont prélevé des cheveux – qui conservent une « mémoire » des expositions à un grand nombre de substances – sur une cinquantaine de personnes choisies au hasard dans quatre régions péruviennes. Ces analyses ont montré que l’imprégnation des individus aux toxiques correspondait bien aux simulations du modèle développé par les chercheurs.

Ils ont ensuite voulu vérifier s’il existait une corrélation entre le taux de pesticides mesurés localement et l’incidence du cancer. Pour cela ils ont localisé 160.000 cas de cancers récemment diagnostiqués et les ont juxtaposés sur une carte où figuraient les taux de pesticides enregistrés.

Les résultats ont démontré que trois groupes de cancers se trouvent liés à l’exposition aux pesticides dans 436 zones. Les cancers impliqués étant ceux du système digestif (foie, intestin grêle, etc.), du poumon, de la peau, des organes génitaux féminins (ovaire, endomètre, col de l’utérus…), du rein. Ils ont enregistré une augmentation du risque de cancer et parfois dans des proportions considérables de 14 à 840% ! Rappelons qu’il s’agissait de pesticides classés comme non cancérigènes !

Ce n’est pas l’altération du génome de la cellule qui la rend cancéreuse, mais des modifications plus subtiles de l’expression de certains gènes qui « prédisposent le tissu à la transformation maligne ». En fait, c’est l’accumulation de plusieurs substances non génotoxiques qui induit le processus cancéreux.

La portée d’une telle démonstration est considérable : partout dans le monde, les systèmes d’évaluation des risques reposent sur l’évaluation de chaque substance testée indépendamment des autres, et sur l’hypothèse qu’une molécule n’est pas cancérogène si elle n’est pas génotoxique, or cet a priori est faux !

L’autre erreur fondamentale de la recherche consiste à étudier la toxicité des molécules chimiques, une par une, sans jamais imaginer que dans la réalité plusieurs substances toxiques sont présentes sur le même lieu et leurs nocivités non seulement se cumulent, mais aussi se potentialisent !

Ces résultats battent en brèche ces deux piliers de la « science réglementaire » écrivent les chercheurs avec sévérité. « Dans leur ensemble, nos résultats étayent solidement l’existence d’un lien mécanistique entre exposition aux pesticides et cancer, remettant ainsi en cause les hypothèses de non-cancérogénicité chez l’homme issues de modèles expérimentaux réductionnistes », résument-ils…

Voilà donc encore une étude qui démontre la haute toxicité des pesticides chimiques, ce qui rend encore plus urgent et plus important de ne consommer que des aliments issus de culture biologique…Mais il ne faut rien attendre des politiciens qui ne doivent leur élection qu’à l’argent des multinationales de la chimie et de la pharmacie ! Le projet français d’assouplissement des règles de sécurité dans l’usage des pesticides en atteste !

Personne ne prendra mieux soin de vous que vous-même… Mangez bio !

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