240 – QUI SEME LE VENT, RECOLTE LA TEMPÊTE

Posted on février 6, 2012 par

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Un vent mauvais continue de souffler sur les dictatures Arabes. C’est la Syrie qui est maintenant sous la bourrasque. Assad sera sans doute renversé, mais il est bien peu probable qu’il soit remplacé par la démocratie…

Les occidentaux ont soufflé sur les braises des révoltes arabes en Libye et en Egypte sans savoir ce qu’ils faisaient. Ils ont agit par romantisme, sous l’effet d’une émotion. Du jour au lendemain ils ont tourné le dos et même pris les armes contre les pouvoirs en place, qu’ils avaient pourtant courtisé durant des décennies. Il est toujours tentant de prendre le parti de ceux qui manifestent contre un régime autoritaire, de ceux qui se révoltent contre les injustices et la pauvreté. Partout, on trouve toujours une majorité pour contester le pouvoir. Il s’agit souvent d’une masse hétéroclite qui ne partage qu’un seul but commun : renverser le pouvoir. Mais après ?

Il  y a toujours un après, comme nous sommes en train de le constater en Tunisie, en Lybie et en Egypte où les islamistes ont hérité du pouvoir. Lors de toute révolte ou de toute révolution, il faut toujours se demander : qui est en embuscade ? A qui va profiter le vide du pouvoir ? Les islamistes sont eux mêmes parcourus par des courants plus ou moins intégristes, mais il y a toujours un grand danger de voir le religieux se mêler de politique. Les mouvements religieux sont, en effet, toujours tentés par une idéologie dogmatique, incompatible avec la liberté. Il y a fort à craindre, qu’après avoir connu des régimes autoritaires laïcs,  la Lybie, et surtout l’Egypte, héritent de régimes théocratiques qui tournent le dos à la modernité. Les pouvoirs en place à Tunis, à Tripoli ou au Caire n’étaient pas parfaits, mais ils laissaient un peu d’air au peuple. Nous pouvons craindre que les islamistes, s’ils se laissent aveugler par leurs dogmes, asphyxient totalement les citoyens.

SYRIE

  Pour tenter de comprendre ce qui se passe à Damas, en Syrie, il est nécessaire de rappeler l’animosité, pour ne pas dire la haine, entre les deux grands courants qui traversent le monde musulman : d’une part les sunnites, très largement majoritaires, qui dominent l’Arabie Saoudite et l’Egypte ; d’autre part les chiites, majoritaires en Syrie, et qui représentent 90% des musulmans d’Iran. Le Hezbollah Libanais est aussi d’obédience chiite. Or, l’Iran et la Syrie sont des alliés stratégiques et politiques. Par conséquent, tout ce qui affaiblit la Syrie, affaiblit l’Iran ! Nous assistons donc à une alliance de fait entre l’occident et les monarchies sunnites de L’Arabie Saoudite et du Golfe qui n’ont rien de démocratiques. Les uns et les autres rêvent d’abattre l’Iran. Les media occidentaux relayent sans réfléchir les informations en provenance de la chaîne de télévision Al Jazeera au Qatar, lui aussi sunnite.

Ce qui se passe en Syrie n’est pas le combat du bien contre le mal, comme voudraient nous le faire croire les media occidentaux. Il s’agit d’une guerre civile, avec des arrières pensées religieuses, et manipulée de l’étranger par des apprentis sorciers. Nos media oublient de dire qu’au moins la moitié de la population Syrienne ne désire pas le départ d’Assad et a peur de ceux qui prendront le pouvoir. Il faut être singulièrement naïf pour croire que ceux qui en Syrie ont pris les armes contre le pouvoir veulent y installer la démocratie. Qui leurs procurent des armes ? Les islamistes sunnites sont en embuscades et cueilleront le pouvoir comme un fruit mûr. Les chrétiens, encore influents en Syrie, y seront persécutés…  A l’époque de l’Empire Ottoman, le meurtre d’un Persan chiite était plus méritoire que celui de 70 chrétiens !Qui est derrière les rebelles Syriens?

  Derrière cette déstabilisation de la Syrie, il faut y voir aussi la main des Etats-Unis et d’Israël qui cherchent à affaiblir l’Iran et son allié le Hezbollah Libanais, menaces potentielles pour Israël. Une fois de plus, Israël entraîne les USA sur un terrain dangereux où le pire peut arriver. Ils ne cherchent pas le bien du peuple Syrien, ils poursuivent seulement leur politique de déstabilisation.

Aucune des forces en présence ne cherche la démocratie ; le mot est employé pour faire illusion, mais il s’agit d’une lutte à mort pour conquérir le pouvoir. Les occidentaux devraient se souvenir du proverbe: « Qui sème le vent, récolte la tempête ».