285 – LE PRINTEMPS EUROPÉEN

Posted on mai 21, 2012 par

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En 2011 nous avons connu le printemps Arabe qui a fait trembler le Maghreb et le Moyen-Orient. Comme nous l’avions prédit, cette année nous avons le séisme du printemps Européen qui vient juste de commencer et qui va faire trembler l’édifice Européen, jusqu’en ses fondements.

Mix&Remix, l’Hebdo, Lausanne

 Ceux qui lisent cette chronique régulièrement savent que nous avons toujours dit que la sortie de la Grèce de la zone euro était inéluctable et que le plus tôt serait le mieux. Plus on tarde, plus cela coûtera cher. Si cette solution avait été choisie, il y a deux ans, la Grèce serait aujourd’hui convalescente et le reste de l’Europe serait soulagé. Cet acharnement thérapeutique est stupide et contre-productif. La Grèce n’a ni la structure administrative ni la compétitivité commerciale pour pouvoir rester dans la zone euro, sauf si les autres pays sont prêts à la subventionner à fonds perdus, sans espoir d’être remboursés.

Il y a quelques mois, le Premier ministre Georges Papandréou, avait proposé un référendum pour que ses concitoyens puissent se déterminer pour savoir s’ils acceptaient le plan d’austérité extrêmement sévère imposé par l’Europe. Ce projet de bons sens a été désavoué par les Français et les Allemands, sans doute parce qu’ils craignaient la réponse des Grecs !. Mais ceux-ci viennent de voter aux élections législatives et ont massivement porté leurs suffrages vers les partis qui refusent le plan d’austérité indispensable pour survivre. Ils sont au pied du mur et doivent maintenant en tirer les conséquences en quittant la zone euro. Les conséquences seront provisoirement dramatiques  pour la population et il faudra plusieurs années avant de sortir la tête hors de l’eau.

 L’Espagne, dont j’ai souvent parlé ici et dont je suis les péripéties de près, est également en très mauvaise posture.(relire la Chronique 266 « Vendredi de douleur »). Le nouveau gouvernement a osé imposer un plan drastique pour faire des économies afin de rétablir progressivement des finances plus saines. Cela prendra du temps, mais c’est la condition sine qua non pour arriver à un budget équilibré dans quelques années. Le pari est simple : soit le peuple accepte, même de mauvaise grâce, cette cure d’austérité extrêmement sévère, mais indispensable, soit il le refuse et cela conduira l’Espagne sur le même sentier que la Grèce. Il ne sert à rien de se bercer d’illusions. Après avoir trop dépensé, il faut impérativement se serrer la ceinture, que cela plaise ou que cela déplaise. La seule alternative serait la ruine totale.

Mix&Remix, L’Hebdo, Lausanne

 Nous avons déjà évoqué le cas de la France dans une précédente chronique (N°273 « En route pour l’enfer »). D’une certaine façon, le cas de la France est pire que celui de l’Espagne car elle n’a pas encore procédé à une cure d’austérité et n’en prend pas le chemin. On dit que gouverner, c’est prévoir ; or l’imprévoyance du nouveau chef de l’Etat est, à ce sujet, préoccupant. Plus on attend pour faire des économies indispensables, plus elles devront être sévères et douloureuses. Oser parler de croissance, alors que le pays n’est pas compétitif, et dépense plus qu’il ne gagne depuis 30 ans, frise l’incompétence ou l’ignorance des faits économiques. La France en viendra à l’austérité, mais lorsqu’elle sera acculée, proche de la faillite. IL N’Y A PAS DE CROISSANCE POSSIBLE TANT QUE LES FINANCES PUBLIQUES NE SONT PAS ASSAINIES. Lorsque l’on est super endetté, il devient impossible de créer de la croissance en s’endettant davantage. En effet, l’essentiel des ressources du pays servent à payer les intérêts de la dette et ne peuvent donc pas être investies. Il faudra donc impérativement passer par une phase longue d’économies sérieuses avant d’envisager la croissance. Le surendettement conduit toujours à l’appauvrissement.

Dans le cas de la France, il faudra aussi envisager des réformes en profondeur de l’administration, d’une part, et du marché du travail, d’autre part, afin de lui redonner de la compétitivité. En l’absence de compétitivité, on peut pleurer, on peut hurler, on peut invoquer les dieux, on peut faire la révolution si l’on veut, on peut même couper la tête des financiers, cela ne changera rien. Le pays continuera inexorablement à s’appauvrir. Il suffit de regarder du côté de la Grèce pour se faire une idée ! Nous verrons les orientations que se donnera le prochain gouvernement pour faire un diagnostic plus précis et prévoir la date où la France se trouvera, comme l’Espagne, face à un mur infranchissable.

L’Europe 2012

 Après avoir trop tardé à faire des économies, les pays Européens, dans leur ensemble, se trouvent obligés, un à un, à faire des économies drastiques, imposées de l’extérieur, alors qu’il eut été possible et plus facile d’anticiper. Lorsque l’on attend trop pour soigner le malade, il ne peut plus guérir : c’est aujourd’hui le cas de la Grèce et sans doute de d’autres pays. Les gouvernements sont alors acculés, et ils doivent prendre des décisions aussi douloureuses qu’impopulaires. Le rejet peut être massif et peut créer une situation instable, ouvrant la porte aux extrémismes. La situation devient alors prérévolutionnaire !… Tout ce gâchis est dû intégralement à l’imprévoyance des gouvernements européens, qu’ils soient de gauche ou de droite.

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