330 – L’AMERIQUE SURMONTERA LA CRISE

Posted on septembre 10, 2012 par

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Il est temps de faire le bilan de notre voyage aux Etats-Unis et de poser le diagnostic global que nous étions venus chercher.

 Concernant la prochaine élection présidentielle, je pense qu’Obama sera réélu car il dispose d’un leadership naturel dont est privé Romney. Il a une assurance et un ton qui donne confiance. Au contraire, Romney est agressif et le ton de sa voix est vindicatif. Son projet politique est à géométrie variable : il dit une chose le matin et son contraire le soir ! En outre, il a l’arrogance des riches ce qui, aujourd’hui, est un handicap.

Notre principal objectif ici, était de prendre le pouls de l’économie Américaine et de déterminer si, selon nous, les Etats-Unis ont la capacité à surmonter la crise. Pour l’instant l’Amérique échappe à la récession, contrairement à l’Europe, mais l’économie se languit et ne se redresse pas encore de façon nette. Il est probable que le pays connaitra aussi une récession sévère et qu’il faille plusieurs années pour que les Etats-Unis retrouvent un bon rythme de croisière. Il faudra au préalable qu’ils coupent dans les dépenses gigantesques de l’armée, principal handicap de la nation.

Nous avons, au cours des différentes chroniques, passé en revue les atouts majeurs dont

– La bonne nouvelle c’est que nous allons sortir de la récession.
– La mauvaise nouvelle c’est que nous allons sortir de la récession

dispose le pays, au premier desquels ce que nous avons nommé « l’esprit d’entreprise », c’est à dire le goût de l’aventure et du risque, si caractéristique de l’Etat de Californie qui a fourni au monde les plus belles innovations depuis 50 ans. De ce fait, les Etats-Unis attirent les meilleurs talents du monde entier et les plus entreprenants, ce qui demeure la base de leurs dynamismes. (chronique-libre 315). Beaucoup d’argent et de talents affluent encore vers la Silicon Valley , et la côte Ouest en général, où les start-up poussent comme des champignons!…

Le deuxième atout prépondérant concerne l’adaptation au changement, si caractéristique de l’Amérique en temps de crise. Savoir se remettre en question rapidement, de façon pragmatique, et sans idéologie, comme cela a été le cas avec l’industrie automobile. La « destruction créatrice » est le fondement de toute économie saine, à savoir que les entreprises les moins performantes ou obsolètes disparaissent au profit d’entreprises nouvelles. L’adaptation au changement consiste à regarder vers le futur, ce que les Américains savent faire mieux que d’autres. (chronique-libre 316).

La qualité de l’enseignement universitaire et de la recherche constitue, selon nous, le troisième atout de l’Amérique. Son rayonnement et sa créativité seront conservés si les Universités les plus prestigieuses parviennent à sortir encore plus fortes de la crise, en continuant d’attirer les meilleurs cerveaux de la planète (chronique-libre 321).

 Dans ces lignes, j’ai toujours soutenu que la croissance n’était possible que si un pays dispose d’au moins un des trois critères suivants : une main d’œuvre bon marché, des matières premières stratégiques, abondantes et bon marché et, enfin, de l’énergie bon marché. Les deux premiers critères ne sont plus remplis au niveau des pays développés. Or il se trouve que l’Amérique dispose, de façon inattendue, d’un joker qui peut lui sauver la mise : le gaz et le pétrole de schiste, extraits par fragmentation hydraulique. Les USA ont mis toute leur énergie dans cette nouvelle ressource et sont déjà les premiers producteurs mondiaux de gaz et les troisièmes producteurs de pétrole ! Plusieurs dizaines de centrales électriques à gaz sont en construction. D’ici quelques années l’Amérique du Nord sera totalement autosuffisante en énergie bon marché. En dépit du coût écologique, cet atout est sans doute le plus déterminant pour lui permettre de renouer, à terme, avec la croissance.

Nous allons donc achever notre voyage sur une note optimiste. L’Amérique sait se remettre en question et miser sur les projets d’avenir. Elle dispose d’atouts considérables qu’elle sait mettre en valeur : elle peut donc envisager l’avenir avec confiance. Néanmoins il faudra encore plusieurs années de stagnation, voire de récession avant de sortir de l’ornière afin de réduire le montant de la dette américaine. L’Amérique du Nord reste une région du monde dynamique qui devrait attirer les jeunes Européens qui se languissent dans une Europe vieillissante.

Posted in: Economie