433 – LES NOUVEAUX NOMADES

Posted on mai 27, 2013 par

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Poursuivant notre migration saisonnière, nous venons d’arriver à Portland, sur la côte Ouest des Etats-Unis, où nous sommes venus prendre un bol d’air pour échapper à l’atmosphère lourde de l’Europe.

Après s’être sédentarisée pendant des siècles, l’humanité s’est remise en marche. Nous traversons les frontières, franchissons les mers et arpentons les continents. Que nous soyons touristes, affairistes, voyageurs curieux, migrants volontaires ou réfugiés sans ressources, le monde nous attire. Nos grands-parents restaient dans leurs villages, aujourd’hui nous nous déplaçons sans cesse, jusqu’à l’autre bout du monde.

Nicolas Bouvier

Nicolas Bouvier

 Ainsi, nous participons à cette mouvance permanente et nous prenons plaisir à voyager, pour voir, pour sentir les ambiances, par curiosité, pour comparer les différences. Lorsque j’étais jeune je rêvais déjà des destinations exotiques, des ports du bout du monde, des civilisations étranges. J’ai fantasmé sur Valparaiso comme sur Zanzibar où je ne suis finalement jamais allé. J’ai voyagé, mais je n’ai jamais bourlingué comme le firent Rimbaud, Blaise Cendrars ou Nicolas Bouvier. « Je suis en route, j’ai toujours été en route » écrivait Cendrars, « partir ! aller voir, aller toucher, sentir. » En ce qui nous concerne, nous voyageons comme des bourgeois, mais nous essayons à chaque fois de vivre comme des locaux et de nous intégrer au mieux.

Nous sommes actuellement chez nos amis Linda et Andy, dans leur belle maison du fond des bois, le long  d‘un torrent tumultueux qui charrie toute l’eau printanière qui tombe en abondance depuis notre arrivée. Ils partagent leur vie entre ici, au milieu de la nature et Portland, dans le quartier central de Pearl district. Portland est la capitale américaine de l’écologie et du développement durable et nos amis vivent une sorte de « sobriété heureuse » dont nous parlions dans la chronique 429.

Unknown La semaine prochaine nous allons nous installer dans une sympathique petite maison de Camas, une petite ville proche de Portland, sur l’autre rive de Columbia River, dans l’état de Washington. De là nous allons humer l’atmosphère américaine et nous vous dirons ce qui a changé depuis notre dernière visite, à l’automne passé. Vous pourrez relire la chronique libre n°330 qui résume notre précédent voyage et intitulée « L’Amérique surmontera la crise ».

Notre première impression, c’est que l’Amérique bouge plus que l’Europe qu’elle regarde avec condescendance… Nous venons de lire, dans Time Magazine un article sévère sur l’état de la France et l’incapacité du gouvernement à entreprendre les réformes indispensables qui permettraient au pays de surmonter la crise. Le même article met en lumière le pessimisme ambiant du pays et le fait que ses forces vives cherchent à partir, surtout les jeunes diplômés qui se dispersent un peu partout dans le monde de New-York à Shanghai ! Sans compter les riches familles qui fuient le matraquage fiscal devenu intolérable. La France est devenu la destination que tout le monde cherche à fuir…

Nous chercherons à comprendre pourquoi certains pays sont plus capables que d’autres de se relever, après avoir mis un genou à terre.