660 – VOS ENFANTS VONT HERITER DE NOS DETTES

Posted on mars 20, 2017 par

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La France est en campagne électorale, c’est-à-dire que la majorité des candidats se livrent à une surenchère démagogique alors que le pays croule sous une dette colossale qui dépasse les 2000 milliards d’euros. Etrangement, cette dette ne semble préoccuper personne…

Il faut dire que nombre de pays développés sont minés par des dettes excessives qui deviendront insupportables dès que les taux d’intérêt vont monter… un jour ou l’autre.

Pourquoi un Etat s’endette ?

Un Etat, c’est-à-dire un gouvernement, peut avoir à s’endetter pour deux raisons principales : soit il veut investir dans des projets durables, routes, voies ferrées, infrastructures, soit il a besoin d’argent pour assurer son train de vie, ses dépenses courantes comme le salaire des fonctionnaires ou les retraites.

 Il est aisé de comprendre que l’endettement en vue d’investir peut être vertueux, à condition d’avoir les moyens de rembourser, tandis que l’endettement pour assurer le quotidien revient à s’appauvrir. C’est pourtant cette seconde voie que suivent nombre de gouvernements en France et ailleurs…

Dans de telles conditions, la dette s’accumule et grossit d’année en année pour atteindre en France 100% du PIB, sans espoir de remboursement. L’argent qui circule ne correspond pas à une production de richesse mais à une dette !

Comment un Etat se procure de l’argent ?

Un pays qui a besoin d’argent n’a que trois solutions à sa disposition : soit il fabrique l’argent dont il a besoin, soit il le prélève directement dans la poche des citoyens sous forme d’impôts et de taxes diverses, soit il emprunte cet argent.

La première solution semble la plus facile, mais conduit très vite à la banqueroute car elle sape la confiance en la monnaie et génère une hyperinflation ruineuse. Dans le cas de l’euro cette voie est interdite car aucun pays n’a le contrôle de la monnaie.

La solution de l’impôt est la plus largement utilisée mais a aussi ses limites. Trop d’impôts pénalise l’économie qui est ainsi confisquée par l’Etat et n’est plus compétitive. C’est en observant le programme fiscal de François Hollande en 2012 que j’ai pu affirmer avec certitude qu’il ne parviendrait pas à redresser l’économie ! Prétendre relancer l’économie en augmentant les impôts, c’est comme promettre de transformer le plomb en or.

Quand il ne devient plus possible d’augmenter les impôts, sauf à faire mourir la bête, reste l’emprunt afin de satisfaire une partie de ses largesses électorales !

Comment un Etat s’endette ?

Il émet des « obligations », c’est-à-dire que le gouvernement signe un document qui est une reconnaissance de dette, moyennant intérêts, qu’il donne en échange de l’argent qu’il reçoit.

N’importe qui peut acheter ces obligations mais, dans la pratique, ce sont les banques, les compagnies d’assurances et les fonds de placement qui se portent acquéreur. Toutefois, lorsque la dette augmente, les prêteurs se font rares car ils n’ont plus confiance. C’est alors que les Banques Centrales peuvent, par mesure de sauvegarde, acheter les obligations qui ne trouvent pas preneur sur le marché. A ce moment là, elles créent de la monnaie pour la donner aux emprunteurs avides, moyennant un taux d’intérêt très faible.

Cette création monétaire massive est actuellement réalisée par la BCE, par la FED américaine, par la Banque d’Angleterre et par la Banque du Japon. Comme les principales Banques Centrales procèdent de même, chaque monnaie est conjointement affaiblie. Le système tient pour l’instant en équilibre tant que la confiance dans ces monnaies est maintenue.

Il faut aussi savoir que la création monétaire a un effet très faible sur la croissance. Il faut 3 euros de dettes pour obtenir 1 euro de croissance ! En même temps, cela génère donc un appauvrissement de 2 euros !… Actuellement, plus la France s’endette, plus elle s’appauvrit.

Quels sont les dangers ?

La Grande question qui se pose aujourd’hui est de savoir pendant combien de temps encore les pays vont continuer à s’endetter sans que tout s’écroule. Les économistes estiment qu’un endettement devient problématique au-delà de 60% du PIB. La France est, aujourd’hui, à 100% et le japon détient le record avec 230%.

En 2017, la dette croit plus vite que le PIB, mais la charge est faible car les taux d’intérêt sont très bas… provisoirement!

Le premier risque provient des taux d’intérêts qui peuvent monter en asphyxiant les pays trop endettés. On estime que la situation devient extrêmement dangereuse lorsque la charge de la dette (paiement des intérêts) représente 10% des revenus fiscaux.

Tant que les gouvernements sont stables et à même de payer les intérêts, le système peut perdurer bien qu’il soit tout à fait immoral. En effet, ces dettes sont tellement colossales que leur remboursement devient impossible. Cela signifie que nous vivons à crédit, que le gouvernement nous fait aujourd’hui des cadeaux qui seront payés par nos enfants et petits-enfants, à moins que cela les conduise à la ruine pure et simple.

A mon avis, le plus grand risque provient de la zone euro. De trop nombreux pays n’ont pas jugulé l’accroissement de leur dette. A titre d’exemple le budget de la France est en déficit chaque année depuis 40 ans et la dette du pays a doublé en 10 ans. Il en découle une distorsion entre les pays du Nord comme l’Allemagne et les pays du Sud, tel l’Italie ou la France qui n’empruntent plus au même taux. Si, soudain, la confiance s’effrite dans un grand pays de la zone euro, c’est tout l’édifice qui peut s’écrouler.

Nous pourrions alors assister à la fin de l’euro et aussi à la fin du rêve européen…

Quelles sont les solutions ?

Face à ce danger et à une perte de confiance des marchés sur les capacités de la zone euro de se réformer, les gouvernements ont théoriquement 5 alternatives à leur disposition :

  • La croissance économique qui permettrait de diminuer la dette. Cette voie est bouchée tant que les pays n’ont pas diminué leur charge, à commencer par le poids de l’administration publique.

  • L’augmentation des impôts est difficile à envisager dans des économies déjà exsangues.

  • L’austérité est efficace, mais douloureuse, difficile à mettre en œuvre dans les démocraties qui surfent toujours sur la démagogie. Cela revient à diminuer les charges de l’Etat : salaires, retraites et subventions diverses.

  • L’inflation a le mérite de diluer la dette qui ainsi pèse moins lourd sur l’Etat, mais se fait au détriment des consommateurs : les prix augmentent et les salaires ne suivent pas. L’inflation est actuellement recherchée sans succès et désespérément par les Banques Centrales.

  • La restructuration de la dette est le stade ultime, lorsque l’Etat est aux abois. Le gouvernement commence par piocher de façon autoritaire dans l’épargne des citoyens : comptes en banque, livret A, assurance vie. C’est la raison pour laquelle j’ai déjà conseillé aux habitants du sud de l’Europe de mettre leurs économies éventuelles au Luxembourg dans des banques locales.

Une dette excessive est un fardeau insupportable qui pèse sur l’économie et inhibe la croissance. C’est un risque majeur qui peut conduire à la ruine. C’est un héritage empoisonné et malveillant que nous laissons aux générations futures. Mais en démocratie on ne parle que du bonheur !…

Avant d’aller voter, écoutez ce que les candidats disent de la dette et fuyez ceux qui n’en parlent pas ou proposent de l’augmenter ! Ils sont dangereux…

 

Posted in: Economie, Politique