La Fin du Travail

Posted on septembre 22, 2010 par

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                                      On peut situer à 1968 le tournant à partir duquel s’est progressivement modifié notre attitude vis à vis du travail. On peut dire qu’avant cette date le travail était glorifié et qu’après il fut de plus en plus méprisé. La Fin du Travail, c’était déjà le titre prophétique d’un livre fameux de Jeremy Rifkin paru en 1995 aux USA.

Lorsque mon père a pris sa retraite à plus de 70 ans, il était triste et nostalgique. A cette époque la retraite était plus souvent redoutée qu’attendue, même pour ceux dont le travail était très physique. Le travail était source de fierté dans toutes les couches de la société, fierté du travail accompli, du travail bien fait. Le Paysan, l’artisan, l’ouvrier et même le mineur au fond de sa mine était fier de son métier qu’il accomplissait avec noblesse et qu’il n’aurait échangé avec personne. Je peux affirmer, sans excès de lyrisme, que le travail avait quelque chose de sacré.

Mais le travail à la chaîne a progressivement déshumanisé le travail, dans le sens ou le poste de travail n’était plus personnalisé. L’ouvrier accomplissait des tâches répétitives et limitées sans qu’il puisse marquer son travail de son talent. Puis vint la déferlante de la paperasserie administrative, générée, ad nauseam, par une armée de clercs sans cesse plus nombreux, aussi bien dans l’administration publique que dans les grandes entreprises. Après avoir toute une vie, rédigé des rapports que personnes ne lit et envoyer des circulaires absconses dont personne ne tient compte, on comprend que l’on puisse douter de sa propre utilité ! disons-le, pour beaucoup le travail a fini par devenir ennuyeux.

Ainsi, de façon insidieuse, dans plusieurs pays, le travail a petit à petit perdu son rang de valeur fondamentale. Le processus s’est soudainement aggravé en France lorsque ce pays institua les 35 heures de travail hebdomadaire. Ce fut une sorte de Hara-Kiri qui fit perdre à la France sa compétitivité au niveau international. Ce fut le point de départ d’une désindustrialisation qui n’a fait que s’accélérer depuis et qui fut encore aggravé par la mondialisation. Plus que jamais le travail est ravalé à une occupation de deuxième zone, derrière la nouvelle valeur à la mode : les loisirs.

Le débat actuel sur les retraites des français met en lumière à quel point, pour un grand nombre d’entre eux, le travail est devenu méprisable. Il suffit d’entendre les litanies de ceux qui s’opposent à la réforme ; pour eux une vie de travail  serait comme une vie de forçat ou une vie de galérien. Les français arriveraient à 60 ans complètement laminés, exténués, à bout de force après avoir été exploités par un appareil de production totalitaire. Bref, le travail serait devenu aliénant et si l’on peut consentir d’y consacrer quelques années de sa vie, cela serait par nécessité absolue, comme une sorte de calamité inévitable. Vu comme cela en effet, on peut avoir beaucoup d’admiration pour ce peuple qui consent, dans ces conditions aussi épouvantables, de travailler jusqu’à 60 ans. Je vis heureusement dans un pays où l’on voit les choses autrement et où nous avons encore la faiblesse de croire que le travail peut être source d’épanouissement et de joie.

Mais la France a d’autres atouts qui pourront lui permettre de survivre à la désindustrialisation  massive qui est en cours. Elle possède d’admirables paysages, des villages pittoresques, des monuments d’une grande  beauté, des musées abondants et variés et enfin une cuisine et des vins encore réputés. Son avenir réside donc dans le tourisme. Des millions de Russes et de Chinois viendront bientôt visiter les provinces, même les plus éloignées : Nos enfants ou nos petits enfants iront en Auvergne ou dans le limousin danser la tradition en costumes folkloriques et attendrons leur pourboire comme le font déjà les Indiens du Canada dans leurs Réserves.

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Posted in: Economie, Sociétés