Une leçon de démocratie

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              La Suisse vient de donner au monde, une nouvelle fois,  une leçon magistrale de démocratie. Elle vient d’approuver globalement une réforme douloureuse de l’assurance chômage. Pendant que d’autres s’invectivent, font la grève et défilent dans les rues, les Suisses vont tout simplement voter. C’est pourtant très simple et cela s’appelle la démocratie.

Cette réforme proposait d’une part d’augmenter les cotisations des salariés et des entreprises et d’autre part d’être plus strict sur les prestations, en particulier pour les jeunes. Rien de très glamour en sorte. Le peuple helvétique faisant preuve, une nouvelle fois, d’une grande maturité, a accepté une réforme utile pour maintenir le système à flot.

En y regardant de plus près on constate que les cantons romands ont voté majoritairement contre la réforme, tandis que les cantons alémaniques, plus peuplés, ont tous votés assez massivement en faveur de la réforme. On voit ici le fossé de la barrière linguistique, souvent dénommée röstigraben, qui sépare les latins des germaniques. De nombreux commentateurs avancent que les romands sont influencés (certains disent pollués) par les idées de grogne, de contestation et de refus systématique, spécifiques de la société française.

D’une façon plus générale, ce vote illustre les deux attitudes opposées face à la crise et aux bouleversements économiques en cours. Au Nord de l’Europe, des anglo-saxons plus pragmatiques qui prennent en compte la réalité du monde d’aujourd’hui, qui se retroussent les manches et qui se donnent les moyens pour rester compétitifs et rester dans la course.

Au sud, les latins, plus idéologues et indolents, qui ne comprennent pas que le monde de 2010 n’est plus celui de 1970, ni même celui de l’an 2000. Ils croient qu’ils peuvent s’en remettre à un Etat-Providence, sans comprendre que cet état c’est eux et qu’il est ruiné. Ils ne savent pas encore que pour eux désormais, les beaux jours sont comptés.

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One comment

  1. Voici un commentaire reçu de Nelly Irniger de Suisse Alémanique que je remercie:

    oui, c’est encore moi, après lecture de votre article sur les
    votations… (vous voyez que je suis votre chronique, que je viens
    d’ailleurs de recommander à deux amies chères en Haute-Savoie !).

    Juste un mot pour vous dire que je ne partage pas cet avis (étant sans
    doute influencée par mes nombreuses années en France), mais peut-être
    pouvez-vous illuminer mes « lumières » : pourquoi, en Suisse, ceux qui
    gagnent plus de 126.000 francs doivent-ils payer moins de côtisations
    que ceux qui font partie des classes moyennes ? La questions a souvent
    été évoquée dans la presse, mais personne n’y a répondu !

    Selon les spécialistes, il aurait suffi d’ajuster cela et la réforme
    n’aurait pas été nécessaire… Mais bon, je n’y comprends pas encore
    tout (et ne suis pas sûre qu’un jour, j’y arriverai…).

    Pour moi, c’est aujourd’hui plutôt un aspect économique nord-sud qui
    montre que les Suisses allemands ont un niveau de vie bien supérieur
    et, de ce fait, ne s’occupent que de leur petit (ou plutôt gros) porte-
    monnaie. C’est ce que je constate depuis mon installation ici, sans
    toutefois oublier (pour leur défense) que la conscience écologique est
    bien plus forte ici qu’en Haute-Savoie, par exemple. Le problème se
    pose apparemment aussi au niveau des caisses-maladies: pourquoi ne pas
    créer une caisse centrale pour tous et ainsi économiser des millions…
    au lieu de se battre tous les ans et d’augmenter sans cesse les
    primes ? Et ne serait-il pas logique de faire côtiser les gens en % de
    leurs revenus, comme en France, par exemple ? Celui qui gagne bien
    paie ainsi plus !

    Bref, ce sont juste quelques réflexions qui cogitent dans ma petite
    tête depuis quelque temps.

    Cordialement et bon week-end,
    Nelly Irniger

    P.S. là où vous avez raison (toujours à mon humble avis), c’est que
    les gens du sud sont souvent des « doux rêveurs », en France surtout
    parce qu’ils ne veulent pas comprendre que si on vit plus longtemps,
    il faut peut-être un jour aussi travailler plus longtemps… mais c’est
    une autre pair de manches

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