La Crise est devant nous

Posted on octobre 18, 2010 par

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Personne n’aime Cassandre, qualifiée d’oiseau de mauvaise augure. Beaucoup de gens sont payés pour nous dire que la crise économique et financière est derrière nous. Dans nos démocraties faibles, aucun leader ne peut dire la vérité car le peuple ne veut pas l’entendre ; la seule chose qu’ils peuvent dire c’est qu’ils vont faire des miracles, mais nous ne sommes pas obligés de les croire ! On dit que gouverner c’est prévoir, sauf dans les démocraties faibles.

L’économie est régie par quelques lois intangibles auxquelles il est impossible de déroger et dont la première serait « on ne peut dépenser longtemps plus d’argent que l’on en gagne ». Les lois de l’économie sont insensibles aux grèves ou aux défilés dans les rues, comme le sont les lois de la pesanteur ou de la thermodynamique. Aujourd’hui les états occidentaux sont endettés au delà de l’imaginable et je vous fais grâce des chiffres tant ils dépassent l’entendement. Certains empruntent actuellement à 4 ou 5% l’an alors que la richesse nationale croit péniblement de 1%. C’est à dire qu’étant au bord de la faillite, ils continuent de se ruiner. La chute est donc inévitable et programmée car les mesures d’économie, pourtant indispensables mais prises trop tardivement, vont tuer le malade.

Les gouvernements occidentaux n’ont pas tiré les leçons de la crise financière de 2008. Le couteau sous la gorge, les Etats et les Banques Centrales se sont endettées et ont crée de la monnaie pour couvrir les spéculations folles des banquiers. Ils continuent de le faire pour que nous puissions garder le même train de vie, mais c’est impossible. La secousse n’a pas été assez forte et les financiers sont repartis à leur petites et grandes affaires.  Non seulement ces derniers n’ont pas été châtiés et mis hors d’état de nuire, mais ils continuent à percevoir des bonus extravagants. Ils continuent à spéculer de façon irresponsable avec des méthodes que les gouvernements n’ont même pas eu le courage d’abolir. Le premier avertissement n’a pas été entendu, il faudra donc une nouvelle déflagration, beaucoup plus forte, extraordinairement plus forte. Le peuple peut s’attendre à une baisse des salaires et des retraites ainsi qu’à une augmentation du chômage pour payer les extravagances d’une oligarchie financière qui, de Wall-Street à la City, gouverne le monde. Des Etats feront faillite, comme on l’a déjà vu en Argentine. Le premier Etat qui tombera en entraînera beaucoup d’autres dans sa ruine.

Lorsque les choses vont mal, très mal, s’applique alors une loi vieille comme le monde, depuis l’origine de l’humanité : La désignation d’un bouc émissaire. Celui ou ceux désignés ne sont pas nécessairement les vrais coupables. Cela n’a pas d’importance, ils ont un rôle purificateur car le peuple a besoin d’un exutoire à sa haine et à son ressentiment. Le bouc émissaire peut être à l’intérieur ou à l’extérieur. Souvent pour extirper le mal la nation retrouve son souffle autour d’un ennemi commun. Cela peut-être Al-Qaïda, l’Iran ou que sais-je ; il est si facile de désigner un ennemi.

Il faudra sans doute des années pour apurer la crise. Plus on se met la tête dans le sable et plus on refuse d’accepter que les Etats démocratiques dépensent trop, afin de s’attirer les bonnes grâces de leurs ouailles, plus cela sera long et plus cela sera terrible. S’il est facile de prévoir l’inévitable, il est plus difficile de prévoir la date car on ne connaît pas quel sera l’élément déclencheur, la brindille en excès qui fera ployer le dos du chameau. Disons quelque part entre 2011 et 2012 ? J’espère avoir tort, sinon on me brûlera…

A ceux qui sont intéressés par le sujet j’ai le plaisir d’annoncer la sortie très prochaine du livre que je consacre à ce sujet : Démocraties en péril (éditions L’Harmattan).

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Posted in: Economie, Politique