58- Préparer la défaite

Posted on décembre 6, 2010 par

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La mondialisation a été décidée par une oligarchie financière, économique et politique, sans aucune consultation démocratique. Ce sont en fait les grands groupes industriels transnationaux qui ont dicté cette orientation dont les actionnaires et dirigeants sont les seuls bénéficiaires.

la mondialisation

La mondialisation a ouvert la voie au chacun pour soi et à un sauve-qui-peut général qui jettent dans la précarité de nombreux citoyens des pays développés qui se trouvent soudain en concurrence avec les salaires de misère pratiqués dans les pays en développement. Par un mécanisme de vases communiquant, c’est toute la fortune de l’occident et un savoir faire accumulé par des générations d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers qui se déversent désormais en Asie. Les sociétés font fabriquer leurs produits à bas prix et encaissent la différence : c’est donc provisoirement tout bénéfice pour les financiers et les actionnaires. Nous sommes ainsi, contre notre gré, au milieu d’une guerre économique sans merci qui sera la troisième guerre mondiale.

Mais une guerre se prépare et s’anticipe. Chaque citoyen, chaque nation, chaque continent, doit se préparer, car personne ne sera épargné. Il n’est pas inintéressant dans ce contexte de jeter un regard sur ce que furent les préparatifs de la dernière guerre mondiale, dénommée la deuxième. Il y avait d’un côté du Rhin un immense désir de revanche, un travail acharné pour se remettre des dégâts de la guerre précédente, un réarmement tout azimut sous les directives d’un Führer déterminé, tout puissant et rêvant de conquêtes. Bref, l’Allemagne s’entraînait, fabriquait des chars, des canons et des avions de combat, fortifiait ses muscles et prenait conscience de sa force, dans le même temps qu’elle prenait conscience de la faiblesse de ses ennemis.

De l’autre côté du Rhin on se congratulait toujours de la victoire de 1918 et du fameux traité de Versailles ; l’ivresse faisait encore tourner les têtes. On ne pensait qu’à vivre de ses rentes aux frais de l’Allemagne vaincue. Trop tournée vers elle-même, la France ne voulait pas voir ce qui se préparait de l’autre côté de la frontière. Les hommes politiques se querellaient, les généraux se perdaient dans des imprécations lyriques et verbeuses tandis que les partis politiques semaient la haine du haut des estrades. Excité par les discours pleins de mirifiques promesses, le peuple refusa de travailler et descendit dans la rue. Enfin, les français aveugles mirent au pouvoir le Front-Populaire pour qu’il distribua des richesses. Bref, tandis que l’Allemagne avait déjà le couteau entre les dents, la France préparait en même temps ses vacances et sa défaite par son aveuglement volontaire. Elle s’était laissée endormir par les discours des partis de gauche, englués par la lutte des classes, alors que l’ennemi était déjà prêt à enfoncer la porte. La France avait si bien préparé la défaite que celle-ci lui fut servi, sans même avoir besoin de combattre !

Soixante dix ans plus tard, quand je regarde la réaction de certains pays européens face à la crise, je suis frappé par des analogies évidentes : A nouveau des discours de haine de la part des syndicats et des partis de gauche ; des mensonges démagogiques proférés au peuple pour lui faire croire qu’il peut encore se partager des richesses ; des défilés à répétition dans les rues ; des grèves multiples ; des media qui soufflent sur les braises pour mettre le feu à la société et s’en délecter ensuite dans leurs éditoriaux ; un désir évident de semer le trouble, de diviser le pays, et de l’affaiblir. Dans le même temps, de l’autre côté du Rhin, encore une fois, le principal partenaire et concurrent de ces mêmes pays, travaille, dialogue et prend conscience de la gravité de la situation, dans un monde désormais en pleine crise économique. Aujourd’hui les armes sont économiques, politiques, fiscales et juridiques. Chaque pays peut jouer sur ces leviers pour améliorer sa compétitivité en se réformant si nécessaire. Chacun peut prendre comme modèle celui qui réussit et comme contre modèle les recettes qui ne réussissent pas. Il appartiendra aux peuples de choisir, soit la démagogie qui conduit inévitablement à la ruine, soit la voie du bon sens qui demande efforts et remises en question permanente avec pragmatisme, en dehors de toutes les idéologies.

Souhaitons à la France de ne pas, une nouvelle fois, se laisser bercer d’illusions et de ne pas céder aux sirènes de ceux qui, par aveuglement idéologique, préparent une nouvelle défaite.

Réagissez à cette chronique et donnez votre point de vue.

Citation du jour :

« Je redoute bien moins, pour les sociétés démocratiques, l’audace que la médiocrité des désirs ».

Alexis de Tocqueville

Démocratie en Amérique

Tome II – 3ième partie- chapitre 17