91 – Le prix de l’amour …

Posted on février 23, 2011 par

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J’ai regardé un très beau film, il y a quelques temps, sur Arte. Il s’appelle Libero … L’histoire nous parle d’une famille brisée par les incessants allers et venues d’une maman psychologiquement souffrante. Celle-ci, tout à coup, part de la maison et ne revient pas pendant des mois ! Le père doit faire face et essaie de faire front pour protéger ses deux enfants : une fille aînée et son petit frère de 11 ans. Ce film nous parle d’amour : de l’amour de cet homme pour sa femme à qui il essaie à chaque fois de pardonner et pour ses enfants qu’il veut protéger à tout prix. Il nous parle également de l’amour de ses deux enfants pour leurs parents : pour ce père qui est leur seul point de stabilité et pour cette mère qui leur manque tant. Il nous fait voir aussi l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre.

Ce qui m’a frappé, dans ce film, c’est bien sûr la force de l’amour mais également tout ce que l’on peut supporter pour être aimé …

Tommi, le petit garçon, m’a particulièrement émue. Il est né quelques années après sa soeur et connaît donc beaucoup moins sa mère qu’elle. Très jeune il est très responsable. Le papa a une relation très proche avec sa fille aînée qu’il appelle «ma princesse» : on comprend très vite qu’elle remplace -d’une certaine façon- sa compagne. Elle est très investie, nous pourrions même dire «trop» …

Tommi, lui, est investi d’une tout autre façon : il a en charge de réaliser les rêves brisés de son père. Celui-ci voulait, par exemple, devenir champion de natation. Il n’a pas pu, aussi a-t’il inscrit son fils, très jeune, aux cours. Tommi s’entraîne donc plusieurs fois par semaine et participe à des compétitions. Arrive le grand jour : celui où il doit décrocher une médaille. Son entraîneur est content de lui et son père le coach comme un grand sportif : «Tu es mon fils et je t’aime, tu dois réussir. Tu me rendras tellement heureux !».

Nous commençons à comprendre combien cette «projection» du père pèse sur les épaules du jeune Tommi. Et nous découvrons alors, petit à petit, qu’il n’aime ni la natation, ni la compétition. Il ne le fait QUE pour faire plaisir à son père, pour être reconnu et -donc- aimé de lui.

Seulement, en pleine compétition, il abandonne : IL NE PEUT PLUS FAIRE SEMBLANT.

La colère du père est dévastatrice ! Son rêve -à lui- est (c’est le moment de le dire !) tombé à l’eau encore une fois.

«Qu’est-ce qui t’a pris ? Tu n’est pas mon fils, c’est impossible. Tu n’es pas de moi … et avec la mère que tu as c’est tout à fait possible …»

Vous imaginez la souffrance de Tommi ? Vous ressentez sa peur ? Non seulement leur mère les a abandonnés mais voilà que son père, son seul soutien, son garde-fou, cet homme qu’il admire et aime tant … son père le rejette et le renie !

Commence alors une sorte d’épreuve de force entre les deux : le père qui, tout à sa déception, continue à rejeter son fils et le gamin qui, complètement perdu, part petit à petit à la dérive et ne veut pas céder.

Je ne vous raconte pas toute l’histoire, je vous laisse la découvrir (en cliquant sur le lien ci-dessous). Elle est très belle et l’on peut dire que, d’une certaine façon, elle finit bien. L’amour est le plus fort et c’est ce que le film veut nous démontrer.

Toutefois, une des dernières scènes m’a beaucoup interpellée car elle nous parle des limites de notre liberté. Cette liberté que nous croyons bien souvent plus grande qu’elle n’est en réalité. Comme pour Tommi …

Tommi partait donc à la dérive, rejeté par son père qui lui répétait à tout bout de champ qu’il n’était pas son fils. «Si tu étais vraiment mon fils, tu aurais gagné cette médaille, tu n’aurais pas lâchement abandonné !». Et puis, un jour, ils se réconcilient. Le père prend conscience de l’amour que son fils lui porte … Ils ont besoin l’un de l’autre ! Ce père qui ne sait plus à quel saint se vouer et cet enfant qui a tant besoin d’être aimé. Alors ils font la paix …

Mais … (car il y a un mais !)

«Puisque tu es de nouveau mon fils … je comprends que tu n’aimes pas la natation. Ok, j’accepte. Tu as le droit. A la place, ne pourrais-tu pas devenir champion de rugby ? Je me suis renseigné, tu pourrais jouer ailier … Tu sais, quand j’étais jeune, j’adorais ce sport !»

Tommi regarde son père qui a retrouvé son sourire : SON fils va de nouveau pouvoir l’aider à réaliser ses rêves … Les épaules du petit se voutent légèrement :

«Mais on peut attendre la prochaine rentrée pour m’inscrire, hein papa ? Et je ne sais pas si c’est mon truc ce sport ?»

Une ride apparait au milieu du front de son père : «Comment ça, pas ton truc ?»

«Non, rien papa. Ok, je serais ailier …»

Fin du film.

Tommi, pour être aimé, a abdiqué. Il jouera au rugby si c’est le prix à payer. Et peut-être même deviendra-t’il bon ? Jusqu’au jour où il ne se rappellera même plus pourquoi il joue. Il ne se souviendra plus qu’il n’aimait pas ce sport. Et personne ne comprendra pourquoi, avant chaque match important, il tombe malade.

«Pourtant, Tommi, c’est bien toi qui a choisi de jouer au rugby, non ?

Personne ne t’a forcé   : tu étais libre …».

Combien d’entre nous ont-ils abdiqué, comme Tommi, un peu de leurs goûts, de leur liberté de penser, de leurs choix profonds, afin de continuer à être «aimés» ?

Pour découvrir le film « Libero », cliquer sur le lien ci-après : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=111203.html

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