118 – LE COMMENCEMENT DE DIEU

Posted on avril 27, 2011 par

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« Seul Dieu peut nous introduire dans le mystère de Dieu»

«Dieu est l’inintelligible par lequel tout le reste est intelligible»

Jean Daniélou

Qui a créé toutes ces merveilles ? Nos ancêtres appelaient les coccinelles les "bêtes à Bon Dieu" ...

Depuis des milliers d’années l’Homme se pose les mêmes questions : Dieu existe-t’il ? Qui est Dieu ? Dieu c’est quoi ? Dieu est-il réel ou imaginaire ? Bref, notre mental s’active autour du grand mystère qui entoure la Vie …

Car, finalement, à grand renfort de débats et de questionnements nous perdons de vue notre ressenti : le mental pèse le pour, le contre, argue, conteste, accepte, analyse, mais -in fine- que sait-il du ressenti ?

Je pense que plus on cherche Dieu dans la tête, moins on le trouve. Je dirais même que plus nous cherchons à le nommer, c’est à dire à le mettre dans le même lot que tous les noms communs que notre mental a inventés pour communiquer, plus nous nous éloignons du mystère que «Dieu» représente.

Comment pouvons prétendre débattre à propos de «Dieu» alors que personne ne donne à ce mot la même définition ! Et si «Dieu» était tout simplement un ressenti personnel, une conviction intime ? Il ne serait donc pas identique pour tout le monde … Chacun le ressentant -ou non- à sa façon.

A ce moment là, plus de discussion stérile possible ! Plus de guerre, non plus. «Dieu» n’existerait qu’à travers le coeur et l’âme de chacun. Et rien n’est plus difficile à définir que l’expression d’un sentiment, d’une émotion, d’une rencontre avec le mystère qui est en nous.

La Foi ne s’explique pas, elle se vit …

Je suis en train de lire un livre, le témoignage de Mitch Albom sur ses rencontres avec un vieux rabbin, un «sage». Il a appelé son livre : «Le vieil homme qui m’a appris la vie». Il relate les débats qu’il a eus avec cet homme et je vous en livre, ci-après, un petit extrait qui, je trouve, résume bien ce que je cherche à exprimer à travers cette chronique.

«Comment savez-vous que Dieu existe ?»

Il n’a pas répondu tout de suite. Un sourire a traversé son visage.

«Excellente question»

Il a posé ses doigts sur son menton.

«Et votre réponse ? ai-je demandé

– D’abord, fais-toi l’avocat du diable.D’accord, ai-je répondu en relevant son défi. Que dites-vous de ceci ? On vit dans un monde où nos gènes peuvent être classifiés, nos cellules dupliquées et notre visage modifié. Bon sang, grâce à la chirurgie, on peut même naître homme et devenir femme ! La science est là pour nous expliquer la création de la Terre tandis que des fusées explorent l’univers. Le Soleil n’est plus un mystère. Et la Lune, qu’autrefois les gens idolâtraient ? On en a rapporté des fragments dans un sac, non ?»

– Continue, me dit-il

– Donc, pourquoi, dans un lieu où les grands mystères d’antan ont été résolus, pourquoi croire encore en Dieu, Jésus, Allah ou un Être suprême quel qu’il soit ? N’avons-nous pas dépassé ce stade ? Est-ce que ce n’est pas comme Pinocchio ? Quand il a découvert qu’il pouvait bouger sans ses fils, regardait-il toujours Geppetto de la même manière ?»

Le rabbi a applaudi.

«Quel discours !

– Vous m’avez demandé de me faire l’avocat du diable …»

Il s’est penché en avant.

« A mon tour maintenant. Ecoute, si tu estimes que la science finira par prouver qu’il n’y a pas de Dieu, je suis bien obligé d’exprimer mon désaccord. Aussi petit que soit un têtard ou un atome, en fin de compte il y a toujours quelque chose d’impossible à expliquer : ce qui a créé tout ça.

«Et aussi loin que l’on tente d’aller dans l’autre sens, qu’il s’agisse de prolonger l’existence, de jouer avec les gènes, de cloner ceci ou cela ou de vivre jusqu’à cent cinquante ans, à un moment donné, ça s’arrête. Et après, il se passe quoi ? Quand la vie atteint son terme ?»

J’ai haussé les épaules.
«Tu vois ?»

Il s’est enfoncé dans son fauteuil en souriant.

« Quand on arrive à la fin, c’est là que Dieu commence».

«Le mot infini, comme les mots Dieu, esprit et quelques autres expressions, dont les équivalents existent dans toutes les langues, est non pas l’expression d’une idée mais l’expression d’un effort vers cette idée»

Edgar Allan Poe

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