145 – DU REFUS A L’ACCEPTATION

Posted on juin 29, 2011 par

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En cette période «d’indignation», très bien décrite par Yves au fil de ses chroniques et illustrée par les informations quotidiennes, une pensée m’est venue ce matin inspirée par une conversation avec une grande amie, une soeur d’âme. Elle se reconnaîtra certainement puisque c’est elle qui, ce matin, m’a permis de me reconnecter avec … l’acceptation !

En ce moment où il est de bon ton d’être «révolté», «indigné», dans le refus et le rejet de ce qui ne fonctionne plus aujourd’hui, de tous ces abus qui ont amené notre monde là où il est, et bien je crois qu’il est important de parler également d’acceptation.

L’acceptation, c’est lâcher prise avec ce que nous ne pouvons changer. Et s’il y a des choses sur lesquelles nous avons un pouvoir, il en est d’autre où nous n’en avons pas.

Pour illustrer, je vous rappelle ci-dessous cette petite prière anonyme (en tous les cas je ne connais pas le nom de l’auteur) qui résume tout à fait ma pensée d’aujourd’hui et que nous devrions nous réciter chaque matin au lever !

Peinture de Richart Maire

«Mon Dieu,

Donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer,

Donne-moi le courage de changer les choses que je peux changer,

Et, surtout, donne-moi la sagesse d’en connaître la différence».

Bien souvent je ne me sens pas sereine … Je traverse des tempêtes émotionnelles et, parfois, je me sens comme emportée par un cyclone : alors je m’accroche aux branches, c’est à dire que j’essaie de comprendre ce qui m’a mis dans cet état. Et souvent je découvre que je réagis au comportement de quelqu’un de mon entourage. 

Par exemple, en ce moment, je revis des sentiments de rejet face aux gestes d’amour que j’offre et qui ne sont pas acceptés. Alors, bien sûr, cela me fait mal. Je dis «bien sûr» mais si j’écoutais toutes les leçons que j’ai apprises et que j’ai répétées tout au long de ces dernières années, cela ne devrait pas me toucher ! Car, enfin, c’est le problème de «l’autre» -et son droit le plus total- de ne pas accepter l’affection que je lui propose … Et c’est à moi de stopper là toutes mes velléités d’offrandes si sa réaction ne me convient pas. Personne ne m’oblige à quoique ce soit !

Pourtant, je «n’accepte» pas : je trouve cela injuste. Je me mets donc, inconsciemment, en position de victime. Pourtant, Dieu sait comme je n’aime pas jouer ce rôle ! Car cette «non-acceptation» de la réaction de l’autre et mon nombrilisme (qui me fait penser que cela m’est particulièrement adressé) m’empêchent de rester sereine. Dans cette situation, c’est clair, je donne le pouvoir à l’autre et je perd complètement le mien ! Je me mets en position «d’attente» que son attitude change, qu’elle comprenne, etc … 

Mais nous ne pouvons jamais changer qui que ce soit ! Cela, je le sais … Donc, pourquoi gâcherais-je mes jours et mes nuits avec des remous émotionnels complètement hors propos ? La solution, là voilà : «Mon Dieu, donne moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer». Première étape.

Voici la seconde : «Mon Dieu, donne-moi le courage de changer ce que je peux changer». Alors, là, pas d’hésitation ! Je peux changer totalement de réaction et ACCEPTER. J’offre ce que j’ai envie d’offrir, l’autre accepte ou n’accepte pas. CE N’EST PAS MON PROBLEME ! C’est le sien … 

 «Mon Dieu, merci de m’avoir donné la sagesse de connaître la différence !»

Accepter c’est donc lâcher prise avec des attentes qui ne sont pas en notre pouvoir. C’est remettre à l’univers ce qui nous a blessé, d’une façon ou d’une autre. C’est reprendre son pouvoir personnel et lâcher ce qui ne nous appartient pas. L’agressivité de l’autre, par exemple, ne nous appartient pas. Aussi, au lieu de m’encombrer avec des questions sans réponse sur le pourquoi du comment (vous suivez ?), j’accepte, je lâche, je passe à autre chose. 

Je suis sûre que vous aussi, qui lisez ces lignes, êtes parfois ballottés par vos émotions, des émotions provoquées par l’extérieur. Nous pouvons ressentir des émotions de colère, de tristesse, de désespoir, d’impuissance, d’injustice, nous pouvons avoir envie de «rendre la monnaie», de nous venger, de fuir, de nous battre … Bref, nous ne sommes pas ou plus sereins. Et pourtant … toutes ces émotions nous perturbent, nous empêchent de vivre bien et ne peuvent rien changer. Si vous avez été mal accueilli, trahi, agressé, maltraité, et tout cela injustement, que pouvez-vous y changer maintenant ? RIEN : ce qui est fait, est fait. Ces comportements toxiques appartiennent à l’autre et notre réaction nous appartient à nous. 

Et si notre réaction est d’accepter ce qui s’est passé, de lâcher prise, nous pouvons alors passer sereinement à autre chose. Nous reprenons notre pouvoir et nous dirigeons notre vie vers ce qui nous apporte l’harmonie. 

Les émotions sont des signaux : elles nous disent si ce que nous vivons est juste, ou non, pour nous. Il y a les émotions positives : les larmes de joie, le coeur qui bat fort de bonheur, le sourire qui jaillit tellement nous sommes heureux et il y a les émotions négatives : la colère qui nous «retourne les sangs», la peur qui nous paralyse, la tristesse qui nous affaiblit. Accueillons les premières à bras ouverts et lâchons les secondes comme des ballons : ballon rouge pour la colère, ballon noire pour la peur et ballon gris pour la tristesse. 

Ne gardons que ce qui nous appartient : c’est à dire notre capacité à accepter ce que nous ne pouvons changer et notre courage pour changer ce qui est en notre pouvoir.

Pour terminer, un petit clin d’oeil d’Oscar Wilde :

 «L’émotion nous égare : c’est son principal mérite»