149 – RETOUR DU MÂLE DOMINANT

Posted on juillet 8, 2011 par

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Nous avons quitté un monde fermé, régi par un système hiérarchique pyramidal, pour entrer dans un monde ouvert, mû par un réseau interdépendant et planétaire. Ceci entraîne des changements considérables et des bouleversements qui sont en cours. Ceux qui n’ont pas compris cette mutation vont l’apprendre à leurs dépens.

  Nous pouvons imaginer que la horde primitive des premiers humains ne se comportait pas de manière très différente de celle des groupes de mammifères qu’elle côtoyait. Ces groupes étaient « dirigés» de façon pyramidale par un mâle conquérant, plus fort et plus dominateur que les autres. Ce mâle dominant devenait le protecteur du groupe, décidait des migrations et des lieux de campement les plus en sécurité. Chez les mammifères, toute domination s’accompagne d’une domination sexuelle sur les femelles du groupe. Le chef choisit les femelles qu’il s’approprie pour la simple raison qu’il est le plus fort, et les jeunes mâles vont s’accoupler avec les femelles qui restent ou bien s’en vont voir ailleurs !

Du point de vue de l’évolution, nous comprenons bien l’avantage, décisif pour l’espèce, que procure le système du mâle dominant. Le plus fort et le plus prévoyant va féconder les plus belles femelles du groupe. Dans des conditions hostiles, la survie est à ce prix. L’attitude légendaire de l’ancien directeur du FMI vis-à-vis des femmes relève de cet instinct très primitif du mâle qui se veut dominant. D’ailleurs personne ne s’en plaignait jusqu’à ce que, le vieux singe vieillissant, son autorité et son ascendant soient contestés, à la fois par les jeunes femelles et les jeunes mâles. Dans ce monde ancien finissant, un dirigeant politique important se comporte souvent de la sorte. Un lecteur de l’hebdomadaire Suisse l’Hebdo écrit de façon cinglante: «L’affaire DSK est révélatrice d’un syndrome bien français. Ce vieux pays vit comme une monarchie, droit de cuissage compris. Les puissants gardent de sacrés privilèges. L’Etat de New York vient de bousculer cette vielle garde française. Décidemment la France a toujours besoin des Américains pour se libérer. Etrange paradoxe pour un pays donneur de leçon…et d’idées révolutionnaires ».

Il faut néanmoins accepter l’idée que l’espèce humaine garde dans ses gènes une trace de cet instinct très primitif du mâle dominant, admiré par une ou plusieurs femelles soumises. Le mythe toujours vivace du macho relève de cette attitude. Aucun homme ne peut nier qu’il est plus facile de draguer au volant d’une belle voiture, signe de richesse, que sur son vieux vélo. Aucune femme ne peut nier qu’elle préfère un homme qui a un métier et de l’argent à un pauvre bougre chômeur, quelles que soient ses qualités et ses mérites par ailleurs.. L’opulence plait aux femmes parce qu’elles ont dans leurs gènes cet instinct fort qui leur fait penser que l’opulent saura mieux prendre soin de sa progéniture que le miséreux. A l’inverse, les hommes aiment les femmes opulentes au niveau des hanches et de la poitrine, car il sait d’instinct qu’elle constituera un meilleur réceptacle pour sa semence. Tout cela est inconscient, bien sûr. On se croit libre, mais nous sommes toujours gouvernés par une histoire de mâle dominant.

Toutefois, chez les humains, la notion de mâle dominant a aussi évolué vers la perversion comme nous savons si bien le faire. Le pouvoir et le sexe font bon ménage et ceux qui gravitent, de près ou de loin, dans les allées du pouvoir, participent volontiers aux orgies. Disons que lorsque l’on atteint un certain niveau de notoriété, tout est permis, comme dans l’entourage des empereurs romains. On est assuré de l’immunité et du silence des médias qui participent volontiers à la fête. C’est ainsi que le gratin parisien, nos maîtres à penser et nos redresseurs de torts, se retrouvent dans les clubs échangistes et les boîtes à partouzes où l’on rencontrait DSK mais aussi de bons apôtres comme l’incontournable Frédéric Beigbeder ou le tout sourire Thierry Ardisson et quantité d’autres qu’il est inderdit de nommer. Dans ces lieux à la mode, on y cultive le sentiment d’appartenance au monde des puissants. Le mâle dominant devient libertin et transgresse les interdits. C’est un degré supérieur de raffinement. En ce moment, à Paris, au siège du pari socialiste français, quelques femelles en chaleur ont fait savoir par voie de presse, qu’elles attendaient avec impatience le retour du mâle dominant en rut ! Ceci prouve que l’instinct est plus fort que les beaux discours. Cet appel, cette attirance nous vient du fond des âges.

Mais ce que DSK a oublié c’est que le monde change et la société a évolué. Elle refuse de plus en plus l’autoritarisme du mâle dominant comme on peut le voir dans nos démocraties et aussi dans les révoltes Arabes. Le chef tout puissant est contesté partout, au niveau religieux ou politique. L’information se transmet désormais selon un réseau horizontal et non plus selon une cascade verticale, c’est pourquoi les médias traditionnels eux-mêmes sont discrédités, comme le sont les partis politiques.

Tout se passe comme si l’avancée technologique de la révolution informatique avait transformé nos façons de penser et de voir le monde. Il se peut que la révolution du web ait aidé les humains à s’affranchir des hiérarchies pyramidales encore en cours chez les singes et chez quelques groupes humains attardés. C’est la raison pour laquelle nous critiquons sévèrement la démocratie représentative qui n’est qu’une oligarchie et militons pour la démocratie directe. Nous assistons, en live, à l’une des plus grandes révolutions qu’ait connues l’espèce humaine. C’est pourquoi notre époque est si fascinante.

 

Citation du jour :

« Il a dégrafé mon soutien-gorge, il a essayé d’ouvrir mon jean…quand on se battait, je lui ai dit le mot « viol », mais çà ne lui a pas fait peur plus que çà »

Tristaine Banon,  à propos de DSK