150 – EURO CONTRE DOLLAR: QUI PERD GAGNE

Posted on juillet 11, 2011 par

2


 

La finance et l’économie des démocraties occidentales sont au plus mal et, à chaque instant, on redoute le collapsus. Chacun recherche des fautifs : pour les uns tout est de la faute des banquiers, certains accusent les agences de notation, d’autres encore mettent cela sur le compte du capitalisme. Naturellement personne ne s’en prend à lui-même.

Il suffit pourtant de regarder d’où vient le mal, mais personne ne semble vouloir regarder de ce côté-là, tant il est désagréable de mettre le nez dans ses erreurs. Le mal réside dans le fait que, depuis les années 80 environ, nous vivons au-dessus de nos moyens, c’est-à-dire tout simplement nous dépensons plus que nous ne gagnons. Mais qui est ce « nous » dont je veux parler ? Il s’agit de l’Etat Providence qui, pour nous faire plaisir et surtout pour acheter nos voix, dépense sans compter. Par pure démagogie, il veut redistribuer plus d’argent qu’il ne peut collecter par l’impôt.

A cet égard, la situation aux Etats-Unis est exemplaire, si je puis m’exprimer ainsi. La dette cumulée du gouvernement Fédéral atteint la somme astronomique de 14.300 milliards de dollars. Je sais, à ce niveau de chiffre, cela devient complètement abstrait, pour ainsi dire virtuel. Mais, hélas, ce chiffre est tout ce qu’il y a de plus concret et fait que l’Amérique est pratiquement aussi endettée, en valeur relative, que la Grèce ou le Portugal. La seule différence c’est que, pour l’instant, le gouvernement américain n’est pas encore contraint à un plan d’austérité. Or, il se trouve qu’une loi Américaine interdit de dépasser ce niveau de dettes. Actuellement les USA ne peuvent plus emprunter et ne peuvent plus fabriquer des dollars avec la planche à billets. Nous ne doutons pas que les sénateurs changeront la loi et que l’usine qui fabrique des billets, actuellement en chômage technique, se remette en route à brève échéance. En effet, qui peut être élu en demandant des économies ? Mais où tout cela conduit-il ?  D’ici quelques mois, les agences de notation peuvent se voir contraintes à abaisser la note des USA. L’économie et la valeur d’une monnaie sont basées sur la confiance, si la confiance fait défaut, tout s’écroule et chacun prend alors conscience qu’un billet de 100 dollars n’est qu’un morceau de papier !

Mix&Remix, l'Hebdo, Lausanne

Pour les mêmes raisons l’Euro, et l’Union Européenne elle-même, sont menacés d’existence. Plusieurs pays sont proches du défaut de paiement et chacun sait que de nombreux prêts consentis aujourd’hui ne seront jamais remboursés. Ceux qui nous font croire le contraire mentent sciemment. Déjà, chaque ménage européen a garanti d’apporter à la Grèce 535 Euros pour payer sa dette. Vous allez me dire que vous n’avez rien  garantit à qui que ce soit ! Erreur, car d’autres l’ont fait à votre place et personne ne vous a demandé votre avis. On appelle cela la démocratie représentative. Lorsque la banque où vous avez mis votre argent fera faillite parce que ses créanciers Grecs ou Portugais ne l’ont pas remboursée, vous comprendrez ce que les politiciens veulent dire lorsqu’ils parlent de « solidarité européenne ».

Nous parlons de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne, comme s’il s’agissait de planètes lointaines. Mais peut-être habitez-vous la France et vous y payez même des impôts. Si c’est le cas, vous avez dû recevoir un beau document en couleur qui résume pour vous le budget de l’Etat. Jetez-y un œil et vous constaterez que votre gouvernement n’a même pas honte de vous proposer pour l’année 2011 des dépenses à hauteur de 363,4 milliards d’Euros avec des recettes de seulement 271,8 milliards d’Euros. Cela signifie que vos députés ont accepté un budget en déficit de 91,6 milliards, soit plus du tiers des recettes. Auriez-vous voté en faveur d’un pareil budget ? Imaginez que dans votre budget ménage, vous dépensiez plus du tiers de ce que vous gagniez ! Et ceci année après année ! Des déficits cumulés pour engager des fonctionnaires et verser des allocations, des subventions et de l’assistance à une cohorte de plus en plus nombreuse. Disons-le crûment, les gens qui nous dirigent nous conduisent à notre perte. Il est temps de militer pour la démocratie directe.

Pour payer leurs dettes, les Etats font tout pour dévaluer leur monnaie ; en effet, cela coûte moins cher de rembourser en monnaie de singe, en faux billets. Nous assistons ainsi à une concurrence acharnée entre l’Europe et les Etats-Unis pour faire perdre de la valeur à l’Euro d’un côté et au dollar de l’autre : les économistes dénomment cela « dévaluation compétitive ». Pour l’instant ils sont au coude à coude, et l’Euro, malgré ses nombreux déboires, n’a pas décroché réellement par rapport au dollar. Ces deux monnaies se dévaluent à la même vitesse par rapport à l’or et par rapport à toutes les autres monnaies. C’est un vrai jeu  « qui perd gagne » ! De toutes les façons, c’est un jeu de dupes et le gagnant remportera une victoire à la Pyrrhus (encore un Grec). Personne ne s’est jamais enrichi en dépensant plus qu’il ne gagne. Aucun pays ne s’est jamais enrichi en dévaluant sa monnaie.

Citation du jour :

« Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus ».

Pyrrhus, rapporté par Plutarque après la victoire du Grec sur les Romains au 3ième siècle avant J.C.

Posted in: Economie