151 – LA VIE EST UN CONCERTO …

Posted on juillet 13, 2011 par

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Dehors le vent d’orage souffle, chassant nuages et fleurs fanées au loin. Il me rappelle, à sa façon, que l’on peut toujours «envoyer en l’air» ce qui n’est plus juste ! Je viens de terminer d’écrire ma chronique de demain et je ne la trouve plus juste. Alors je vais «l’envoyer en l’air» en appuyant sur un simple petit bouton et la remplacer par celle-ci.

Je vous parlais d’un duo bien connu : victime et sauveur. Le troisième larron, qui permet à ces deux compères de bien fonctionner ensemble, c’est le bourreau. Car pas de victime sans bourreau et … pas de sauveur sans victime.

C'est le sauveur qui crée la victime ou ...

ou la victime qui crée le sauveur ?

Pour illustrer mon propos, je vous racontais ma dernière tentative de sauveuse, en compagnie de Marie, auprès de notre amie Lilly. Je vous décrivais sa vie, pas facile, et ses derniers déboires. Lilly traverse une période difficile qui stimule, chez elle, la victime. Alors, bien sûr, cela attire à elle les sauveuses en manque de boulot ! Dont j’aurais pu faire partie si une prise de conscience soudaine ne m’avait traversé l’esprit …

Oh ! Bien sûr, tout ce que j’ai écrit sur Lilly est juste. Les faits sont là, l’analyse sur les raisons de ses choix me semble correct et c’est vrai que Lilly est prisonnière, en ce moment, de son rôle de victime. Mais … Lilly c’est aussi une chouette jeune femme, courageuse et fière, qui est toujours prête à rendre service. Et, ça, mon texte bien rationnel ne le mettait pas en valeur. Je voulais tellement démontrer ma théorie que j’en ai oublié la vision du coeur !

Car, ne l’oublions jamais, nous sommes tous multiples. A la fois capables de nous plonger dans des rôles aliénants de victime, de bourreau ou bien de sauveur. De toutes façons, nous alternons. C’est ce qu’on appelle, en analyse transactionnelle, «le triangle infernal» : la victime trouve un bourreau et un sauveur. Jusqu’au moment où le sauveur devient la victime de la victime (vous me suivez toujours ??) qui, elle, devient donc bourreau ! Et ainsi de suite …

Donc, pour en revenir à Lilly, je l’avais complètement figée dans un aspect d’elle-même en oubliant ses beaux côtés. Ce n’était vraiment pas juste !

Nous sommes tous, en permanence, sur une corde raide. Tous nous pouvons, à un moment ou un autre, sombrer dans des rôles qui nous entraînent dans une spirale négative. Qui peut prétendre être à l’abri de se sentir, un jour, victime de quelqu’un ou de quelque chose ? Lorsque tout va bien, ok, nous nous en sortons et nous pouvons écrire des théories et prendre notre air supérieur pour donner des conseils mais … quand quelque chose va mal ? Alors, là, nous retrouvons bien vite le chemin de nos plaintes …

C’est pourquoi je pense, bien qu’il soit important de prendre conscience de tous ces modes de fonctionnement toxiques qui nous empêchent d’être libres et heureux, qu’il ne faut pas jeter la pierre lorsque nous dérapons : ni à nous-mêmes, ni aux autres.

D’un côté il y a la raison … qui raisonne, et de l’autre il y a le coeur qui aime, qui accepte et qui compatit. La vie est une immense partition musicale et chacun d’entre nous est un concerto. Parfois nous jouons merveilleusement bien, parfois nous faisons de fausses notes. C’est ainsi … et tous les musiciens savent qu’une fausse note est très vite arrivée ! C’est pourquoi ils sont très concentrés, très vigilants. Il répète encore et encore jusqu’à ce que leur «jeu» soit fluide et harmonieux. Dans la vie c’est la même chose : pour vivre en harmonie il nous est demandé beaucoup de concentration et de vigilance. Une fausse note est si vite arrivée !

Je rends donc hommage à Lilly, qui fait tout ce qu’elle peut pour jouer sa partition, et à Marie qui m’a permis de comprendre un petit plus la musique de la vie.

Et je vous souhaite à tous, amis-lecteurs, d’accepter vos fausses notes sans rancune, sans critiques excessives, mais avec reconnaissance : grâce à elle vous aller progresser. Car nous faisons souvent les mêmes, voire toujours les mêmes ! Il nous suffit donc de les repérer pour les éviter.


Plus chacun d’entre nous jouera «juste» plus il permettra à l’autre d’entendre de la belle musique et, peut-être, de donner à cet autre le désir de jouer plus juste !