168 – LA CRISE: JUSQU’À QUAND ?

Posted on août 22, 2011 par

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Il nous faut à nouveau revenir sur les difficultés économiques et donner notre point de vue. Disons-le tout de suite, contrairement à ce que vous avez lu dans vos journaux, la crise économique qui sévit en occident ne fait que  commencer, en ce mois d’Août 2011. Les évènements auxquels nous avons assisté jusqu’à présent n’étaient que des signes annonciateurs. Voici pourquoi :

La crise économique à laquelle nous sommes confrontés est essentiellement provoquée par un excès de dettes des Etats occidentaux. Jusque dans les années 80 les Etats avaient des budgets équilibrés, comme le bon sens l’impose. Ensuite ils se sont mis à dépenser plus d’argent qu’ils n’étaient capables de faire rentrer dans les caisses. Les gouvernements ont commencé à vouloir prendre en charge de plus en plus de domaines d’activités et à intervenir tout azimut, s’enflant au fil des ans jusqu’à éclater comme la grenouille de la fable. Les citoyens se sont installés dans un confort douillet et se sont habitués aux largesses de l’Etat. Les démagogues ont fait de la surenchère et ont fait des promesses encore plus alléchantes pour être élus.

Dans le même temps, les technocrates et les politiciens, inconscients de ce qu’ils faisaient, ont mis en œuvre la mondialisation, c’est-à-dire l’ouverture totale des frontières pour les biens et les capitaux. L’occident  s’est trouvé soudain en compétition avec des entreprises qui payaient leurs salariés l’équivalent d’un dollar par jour. Naturellement ce fut la ruée vers les produits « made in China » qui envahissent désormais nos magasins jusqu’à saturation. Bien évidemment, nos entreprises ont licencié en masse pour aller faire fabriquer meilleur marché en Asie. Ainsi s’est installé un chômage de masse chez nous. Nous assistons à une expérience grandeur nature de ce que sont les vases communicants : au fur et à mesure que le niveau de vie des Chinois monte, le nôtre baisse en proportion. Et ceci se prolongera jusqu’à ce que nous ayons tous le même niveau de vie. Cela prendra une génération au moins.

Les chinois ont donc accumulé des sommes considérables en dollars qui correspondent au montant de leurs ventes à l’occident. Comme ils demeurent frugaux, ils utilisent une partie importante de ces sommes pour prêter à l’occident qui dépense sans compter. Comme cela ne nous suffit pas pour maintenir notre train de vie, nous imprimons en plus des milliards pour boucler les fins de mois. Vous connaissez la suite de l’histoire : nous nous retrouvons dans la situation de l’ivrogne à qui plus personne ne veut servir à boire à crédit. Nous sommes obligés d’emprunter pour seulement payer les intérêts de nos dettes. Nos créanciers prennent conscience que nous serons très probablement incapables de les rembourser ; ils prennent peur et refusent de continuer à nous prêter. C’est cela le nœud coulant dont nous vous parlons depuis des mois !

Telle est donc la situation en ce mois d’Août 2011. Dans ces conditions les gouvernements dont les caisses sont vides sont obligés enfin de réduire les dépenses. C’est pourquoi je dis que nous sommes au début de la crise économique. Cette réduction des dépenses qui était indispensable depuis de nombreuses années intervient très tardivement et va nécessairement provoquer un ralentissement économique sans précédent. Le chômage va augmenter, les salaires vont stagner, les rentrées fiscales vont diminuer et l’Etat sera asphyxié. Nous allons tout droit vers une récession et une diminution de notre niveau de vie. Tout ceci est mécanique. La seule issue pour nous sortir de cette impasse serait d’avoir une croissance économique forte. Hélas, je vous exposerai, dans une prochaine chronique, les raisons pour lesquelles nous ne pouvons plus avoir de croissance forte.

Cette crise qui commence sera sans doute douloureuse pour beaucoup, mais elle sera aussi salutaire. La génération qui arrive sur le marché du travail sera chargée d’apurer nos dettes colossales. Il faudra pour cela aller jusqu’au point où nous pourrons enfin être compétitifs par rapport à l’Asie. Nous n’avons pas d’autres choix que cette purge pour retrouver les fondamentaux d’une économie saine. Nous avons besoin de retrouver un sol solide sous nos pieds pour avancer de nouveau. Les gouvernements sont payés pour nous répéter que la crise est derrière nous, hélas elle ne fait que commencer avec les premières mesures de rigueur budgétaire et il ne s’agit encore que de promesses. Attendons de voir pour y croire. Dans les pays dont les élections approchent, nous verrons une floraison de promesses démagogiques qui iront à l’encontre des économies indispensables.

Nous pouvons encore nous interroger sur les postes sur lesquels il serait nécessaire de serrer les boulons. Dans certain pays, la pléthore de fonctionnaires est un handicap certain, mais qui ne peut être résorbé qu’avec les années. Les pays qui ont des déficits des régimes de santé colossaux, comme c’est le cas en France, devront prendre des mesures drastiques, d’autant que la gabegie y est flagrante. Les régimes de retraite doivent être autonomes, sans que l’Etat soit obligé de boucher les trous en permanence. Les allocations chômages devraient être plus encadrées et ne devraient pas être distribuées sans contre partie. En bref, il s’agit de rendre les citoyens plus responsables.

Ces réformes qui seront imposées par les gouvernements seront partout mal acceptées. Cela peut conduire le peuple dans la rue. Nous pouvons nous attendre à des révoltes et nous pouvons même craindre des révolutions. La seule solution pour éviter ces débordements autodestructeurs consisterait à donner la parole au peuple. C’est à lui de décider des mesures à prendre car c’est lui qui devra les assumer. Dans de telles conditions, le peuple devra être mis devant ses responsabilités. C’est la condition sine qua non pour réformer sans heurts : donner le choix. Il est grand temps que les citoyens manifestent pour exiger une vraie démocratie. C’est notre avenir qui est en jeu.

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