185 – SILENCE D’AMOUR

Posted on septembre 30, 2011 par

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Son titre original devait être « Silence d’amour » ce qui est assez évocateur de la subtilité du film. Mais finalement le producteur a choisi un titre encore plus énigmatique et pas plus vendeur : « Tous les soleils » qui est le titre d’un poème chanté sicilien qui orne le film. Je veux parler du film de l’écrivain Philippe Claudel que j’aimerais vous convaincre d’aller voir.

   Ce n’est pas un film qui attire les foules car il ne contient ni sexe, ni violence, ni effets spéciaux. Aucune star Hollywoodienne n’y figure, aucun nom universellement connu. Vous n’y trouverez aucun suspens, pas plus que vous y décèlerez la moindre perversion ou le plus petit sadisme. Rien à se mettre sous la dent pour les amateurs d’émotions fortes et de pathos. Si vous n’aimez que les personnages taillés à la serpe, si vous êtes un aficionado des films à grand spectacle avec beaucoup de bruits, ou bien si vous n’aimez que les êtres qui souffrent et qui se font souffrir, les bistouris qui pénètrent avec délectation au cœur de l’âme humaine, alors ce film n’est peut-être pas pour vous car il est tout le contraire de cela.

Les mots qui me viennent sont la délicatesse, la subtilité, la tendresse, des personnages ciselés, raffinés, simples. Je sais, les intellectuels n’aiment pas ce qui est simple et sans prétention, ils veulent des tourments insondables, des vies tragiques, du sang et des larmes. Ils croient que c’est nécessairement cela la vie!

Alessandro est d’origine italienne, enseignant de musique baroque à

ALESSANDRO

l’université de Strasbourg. Il est veuf et vit avec sa fille de quinze ans, Irina, et avec son propre frère, un grand gaillard anarchiste et immature, mais qui apparaît comme l’âme de la maison. Voilà, c’est aussi simple que cela, une tranche de vie tout ce qu’il y a de plus ordinaire, sans pathos et sans tragique. Une adolescente en recherche d’elle même et un père qui fait de son mieux, c’est-à-dire qu’il a toujours tout faux ! Je suis désolé, il n’y a ni meurtre, ni scandale, ni tromperie, ni morale. Simplement, la vie vibrante, au jour le jour, avec ses difficultés et ses beautés. La fin n’est pas tragique, elle est simplement telle qu’on l’attendait, tendre, apaisée.

Irina et son oncle anarchiste Italien...

   Un film ou un roman est souvent le miroir de nos émotions et dans lequel on se reconnaît. Un film qui vise juste est un film qui nous concerne, qui parle de nous, de nos difficultés et de nos joies. Philippe Claudel nous touche car ses personnages sont des héros, aussi ordinaires soient-ils ; c’est-à-dire qu’ils cherchent, qu’ils sont ouverts à la vie, qu’ils sont en mutation, comme des adolescents. Les acteurs nous ressemblent, ils ne jouent pas, ils sont. C’est sans doute cela toute la subtilité du film, les acteurs sont vrais et ils vibrent, sans trucage.

Vous aimerez la musique et les chants baroques italiens : « Tous les soleils à l’aube dorment encore un peu, engourdis et nonchalants, ils se moquent bien du feu du jour qui les attend, ils chassent les ombres des hommes et des guerres ». Voilà, si vous aimez la tendresse, la délicatesse et la poésie de la vie, vous aimerez ce film éblouissant et vous le recommanderez à vos amis. La « touche Italienne » donne une légèreté bienfaisante, une sorte de nonchalance latine. Vous y trouverez la joie de vivre, ce qui fait du bien par ces temps incertains. Je suis sûr que vous aussi, vous avez besoin de fraîcheur.

NB. Le film « tous les soleils » est disponible en DVD ou bien sur itunes.

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