188 – LES AMIS D’ISRAËL

Posted on octobre 7, 2011 par

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Les hommes politiques sont des beaux parleurs, ils aiment les effets de manche, les belles phrases, les mots qui sonnent, les discours lyriques et ronflants qui suscitent les applaudissements. Mais il faut les juger sur ce qu’ils font réellement et non pas sur les mots sonores dont ils s’enivrent.

Le Caire - 4 Juin 2009

   Le 4 juin 2009, à l’université du Caire, le président Barack Obama a prononcé un long et beau discours, qualifié d’historique. Parce que l’on se laisse toujours endormir par les mots, chacun a cru que la politique étrangère des USA allait changer d’orientation et que son attitude allait devenir moins hostile au monde Arabe. En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, qui envenime toutes les relations entre l’occident et l’Islam, il s’était nettement déterminé en faveur de la création d’un Etat Palestinien : « Ils subissent des humiliations quotidiennes, grandes et petites, qui accompagnent l’occupation. Alors qu’il n’y ait aucun doute : la situation du peuple Palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens à la dignité et à un Etat à eux ». On ne peut pas être plus clair. Des extrêmistes Juifs ont même été jusqu’à traiter Obama d’antisémite, l’insulte facile que l’on ressert à toutes les sauces! 

La Palestine grignotée

   En Septembre 2011, suite à de nombreuses tractations diplomatiques, le chef de l’Autorité Palestinienne a déposé, auprès des Nations Unis à New York, un dossier en vue de la reconnaissance de l’Etat Palestinien, selon les vœux de l’immense majorité des peuples et des nations du monde. Mais, reniant sa parole, Barack Obama a clairement fait savoir qu’il s’y opposerait par tous les moyens à sa disposition, y compris le droit de veto dont il dispose au Conseil de Sécurité. 

Que s’est-il donc passé entre juin 2009 et Septembre 2011 pour justifier cette volte-face, ce renoncement, cette trahison ? Pour comprendre, il faut aller voir du côté des amis d’Israël qui sont actifs et influents. Ils sont nombreux à Washington et plusieurs conseillers et experts auprès du Président sont même porteurs du passeport israélien. Les amis d’Israël se sont infiltrés dans l’appareil de l’Etat et dans les media où ils disposent d’une influence importante. Ce sont, en quelque sorte, les relais du Premier ministre Benjamin Netannyahou. Ainsi, le représentant d’un Etat minuscule du Moyen-Orient  a fait plier Barack Obama qui représente le pays le plus puissant du monde : l’humiliation est totale.

C’est très simple à comprendre, les amis d’Israël sont très influents là où se prennent les décisions importantes, y compris à Wall Street. Or, Barack Obama a besoin de l’appui des milieux financiers pour conduire sa politique économique et il a besoin des media pour conserver le pouvoir. Dans ce contexte, le martyre du peuple Palestinien ne pèse pas lourd ; c’est ce que l’on appelle la « real politic ». Obama ne pouvait que se démettre ou bien passer sous les fourches caudines de ses amis d’Israël.

Israël peut donc continuer tranquillement son extension dans les territoires occupés, son

no comment !

oppression sur le peuple Palestinien, ses exactions et son nettoyage ethnique. Israël ne veut pas la paix et ne s’y résoudrait que par la force. Seuls les USA peuvent les y contraindre. Mais, hélas, Barack Obama a manqué de courage ou de conviction. Israël continuera donc sa stratégie d’étouffement de la Palestine. A titre d’exemple, cette dernière vient de demander son adhésion à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), ce qui lui permettrait d’exporter plus facilement ses produits agricoles. Mais cette adhésion requiert l’unanimité des membres. Or, Israël s’y oppose par pur ostracisme. Pendant ce temps-là, dans la vallée du Jourdain, l’eau est pour les Israéliens, tandis qu’elle est limitée pour les agriculteurs Palestiniens. Selon le ministre de l’agriculture, « les fertilisants et les pesticides, considérés comme des produits dangereux, ne peuvent être importés ». Nous pouvons être ami d’Israël et néanmoins dénoncer l’intolérable. L’amitié n’est pas un renoncement à ses valeurs.

   Néanmoins, nous vivons une époque de grands chambardements, les injustices sont partout dénoncées, les dictatures s’effondrent et nous assistons à la fin d’un monde. L’oppression du peuple Palestinien vaut bien celle du peuple Egyptien ou du peuple Libyen. On se prend alors à espérer que le printemps arabe se poursuive et apporte un air nouveau sur toutes les rives de la Méditerranée…

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