190 – Oui … mais !

Posted on octobre 12, 2011 par

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Les mots que nous utilisons orientent nos chemins de vie

Au fil de mes chroniques, j’ai plusieurs fois abordé le thème de la puissance des mots. Ils sont une énergie, très puissante, qui gouverne nos vies beaucoup plus souvent que nous le pensons. Les mots sont les supports à la fois de notre communication verbale mais, également, de nos pensées. Celles-ci n’existeraient pas sans eux : nous pourrions ressentir, visualiser, mais non penser.

Et nos pensées sont largement influencées par les mots que nous utilisons pour les formuler, que ce soit intérieurement ou quand nous les exprimons. Lorsque nous étudions la P.N.L. (Programmation Neuro Linguistique), nous prenons conscience de leur impact et du rôle important qu’ils jouent dans notre vie ! Les mots nous forgent, nous influencent, nous amènent là où ils veulent : si nous n’apprenons pas à les utiliser à bon escient, à les respecter, à les connaître et à les reconnaître, nous pouvons nous retrouver bloqués ou bien là où nous n’aurions pas aimé nous trouver … Car notre vie obéit à nos pensées, celles-ci créent notre réalité. J’anime un séminaire qui s’appelle «Devenez le créateur de votre vie», et bien nous nous apercevons très vite qu’il s’agit simplement de maîtriser ses pensées, le reste suit …

Les pensées sont de puissantes énergies qui créent notre réalité

C’est toute la richesse de la pensée positive ! Elle peut paraître nunuche à bien des gens, elle a un grand mérite : elle nous pousse à penser avec des mots positifs, des mots porteurs d’une énergie de joie. La pensée positive, grâce aux mots qu’elle nous apprend à utiliser, nous oriente vers le succès. Bien sûr, il ne suffit pas de penser, il est nécessaire aussi d’agir … c’est toutefois le premier pas vers la réussite de nos objectifs.

C’est pourquoi je voudrais aujourd’hui vous parler d’un petit mot. Un simple petit mot, à l’apparence bien anodine et pourtant si puissant : il s’agit du mot «mais», cette conjonction que nous utilisons si souvent.

Si je regarde le Petit Larousse, je lis que le mot «mais» peut marquer : l’opposition, le renforcement, l’approbation ou bien simplement une transition. Comme il a multiples usages, nous l’utilisons donc souvent.

Seul celui qui marque l’opposition m’importe aujourd’hui. Je vais vous donner quelques exemples :

«Tu es d’accord avec ce projet ?» 

«Oui, mais cela ne me parait pas possible …»

«Je te livre cette idée, j’espère qu’elle va t’intéresser»

«Oui, pourquoi pas, mais ….»

«Si nous organisions une réunion pour en parler ?»

«Oui, mais je ne suis pas sûr que …»

Bref, je peux vous donner moult exemples que nous avons tous l’habitude d’entendre. Ce «mais» là marque l’opposition. Il bloque, il empêche, il enferme. Il n’est pas constructif car il transporte une énergie qui dit non et il empêche notre pensée d’entendre, d’écouter, et ensuite de se faire une idée. De plus, il est entendu par notre interlocuteur comme un non, une contestation, et il l’empêche d’exprimer son idée jusqu’au bout. Bref, ce «oui … mais» décourage le dialogue !

Je pense tout particulièrement à un homme que je connais bien : il est intelligent, cultivé, compétent, courageux et il a beaucoup de talent. Bref, il a tout pour réussir ! Pourtant, il n’arrive pas à trouver sa juste place, il n’arrive pas à déployer tout son potentiel. Il se limite, il a peur, il n’ose pas … Quel dommage ! Alors, vu toutes ses qualités, qu’est-ce qui le freine ? Et bien, je dirais que ce sont les mots qu’il emploie. Oui, tout simplement, car son mental n’a pas toujours la discipline de refuser les mots dictés par ses peurs inconscientes.

Je m’explique … C’est quelqu’un de bien et il est apprécié par son entourage. Chacun voit ses grandes qualités et voudrait l’aider à trouver sa juste place, celle que son âme mérite. Donc, nous lui faisons tous des suggestions, nous lui exprimons nos idées. Certaines sont bonnes, d’autres certainement moins ! Là n’est pas la question, c’est à lui de décider. Toutefois, à chaque idée que nous avançons, avant même qu’il ait eu le temps d’y réfléchir, c’est «Oui, peut-être, mais …». A CHAQUE FOIS ! Bien sûr, cela décourage et, plus grave encore, cela le bloque complètement. Car, même si après, lorsqu’il est seul, il pense à nouveau aux conversations qu’il a eues, aux propositions qu’on lui a transmises, aux idées qui ont jailli de part et d’autre, son mental n’a pas créé la confiance nécessaire à la création.

Bien sûr que chaque idée n’est pas bonne à prendre. Bien sûr qu’il peut y avoir des idées loufoques, inadéquates et hors sujet, toutefois il y en a souvent de bonnes et ces «Oui, mais …» l’empêche de s’ouvrir totalement, de recevoir l’information positivement afin de pouvoir, dans un deuxième temps, se faire sa propre idée. L’énergie mise en route par ce «Oui, mais» est une énergie d’opposition et cet état d’esprit nuit à une construction positive. 

En P.N.L. nous apprenons à être très clairs dans nos réponses … Pas de «Oui … mais» qui transmettent deux réponses opposées dans la même phrase, cette opposition rendant confus notre mental, l’empêchant de profiter de la partie qui dit «Oui». Si quelqu’un nous propose une idée avec laquelle nous ne sommes qu’en partie d’accord, le meilleur moyen d’être constructif c’est la suivante. D’abord j’écoute jusqu’au bout l’autre personne, sans arrière pensée, puis à la fin je peux lui répondre «Je suis tout à fait d’accord avec toi sur ce point X, c’est une bonne idée, toutefois je te dis non pour le point Y, cela ne me parait pas adéquat». A ce moment là, notre mental a entendu notre accord, il commence à se mettre en mouvement pour mettre la partie de l’idée qui nous convient en acte … Le reste, c’est clair, c’est non, il ne s’encombre pas. Tandis que «Oui … mais» le laisse dans l’expectative, ce n’est pas vraiment oui, pas vraiment non, et cette confusion empêche notre esprit de construire efficacement.

Etes-vous d’accord avec moi ? Oui ou non ? Ou oui … mais ! 

  «Pour une réponse affirmative, il n’existe qu’un seul mot : oui. Tous les autres mots ont été inventés pour dire non»

 Tristan Bernard