199 – IL ETAIT UNE FOIS UNE SOURCE CACHEE

Posted on novembre 2, 2011 par

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Je traverse en ce moment des périodes émotionnelles un peu «troublées» : de vieilles blessures sont réveillées par des paroles, des attitudes, des événements … Bref, arrivent en rafale des occasions de grandir, de mûrir, et -surtout- de mettre en pratique le verbe «aimer».

Pour m’aider sur ce chemin, la nature m’a fait un beau cadeau : la découverte, au cours d’une promenade, d’une source d’eau pure, très claire, qui jaillit d’un rocher bien caché dans les broussailles. Mais quel est le rapport avec le verbe aimer ? J’y arrive … 

J’ai été subjuguée par cette eau qui coulait en apparence «pour rien». Car qui aurait pensé aller se désaltérer à cette petite source complètement perdue et cachée ? Je l’ai d’ailleurs trouvée «par hasard» et vous savez tous ce que je pense du hasard, n’est-ce pas ? Comme l’a dit très joliment Albert Einstein «Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito». 

Donc, je répète, qui aurait pensé à aller boire l’eau de cette source ? Pas les humains, certainement, qui passent presque tous à côté d’elle sans la voir. Mais, puisque le «hasard» me l’avait fait découvrir, je me suis assise à côté, émue par sa beauté, la pureté de son eau et son goût inimitable (car, je l’ai goûté avant de vous écrire !). Et là, j’ai vu insectes rampants, volants et autres petites bêtes se rafraîchir sans vergogne sous ce qui, pour eux, est une cascade géante. Puis j’ai vu que l’eau qui s’écoulait devenait un petit ruisseau et j’ai eu envie de le suivre. Il m’a amené, au fil de ses méandres, à une jolie rivière qui s’écoule tranquillement. Jusqu’où ? Certainement jusqu’à une rivière un peu plus grande, puis cette rivière va se jeter dans une autre, puis cette autre dans un fleuve jusqu’à ce que toutes ces gouttes d’eau nous amènent à la mer …

Et j’ai alors compris l’importance de cette petite source d’eau pure : elle donne, elle donne, elle donne. Elle ne s’occupe pas de savoir si quelqu’un s’abreuve ou non. Elle est là pour tous ceux qui s’approchent d’elle et qui ont soif. Elle est là également pour rafraîchir, abreuver, humidifier. Elle permet à toutes sortes d’animaux de survivre et à toutes sortes de plantes de grandir. Elle offre son eau à la terre, au ciel et -in fine- à la mer. Elle participe au grand «Tout» avec modestie et efficacité. Elle ne se revendique pas cascade : elle vit simplement sa vie de source. Elle offre ce qu’elle a à offrir : son eau merveilleuse. C’est son cadeau d’amour et ce cadeau va rejoindre, anonymement, tous les cadeaux des autres sources. Elles se mélangent, s’unissent et c’est grâce à elles que nous survivons tous.

Cette petite source, discrète et mystérieuse, m’a profondément émue et m’a fait prendre conscience d’une chose : nous sommes tous, chacun d’entre nous, une source. Une source qui émane : selon notre choix, nous pouvons émaner de l’amour ou des énergies plus négatives. L’amour apporte à la rivière, au fleuve et à la mer de la force, de la pureté. Les énergies négatives, quant à elle, polluent.

Et ce qui m’a le plus touchée, c’est peut-être la grande leçon qu’elle m’a donné : bien qu’elle soit cachée, et bien cachée, elle offre son eau, encore et encore … Elle est généreuse et n’attend rien : elle donne, c’est tout.

Et si nous apprenions à aimer et à offrir notre amour, sans rien attendre, comme cette source ? Avec constance et générosité, en sachant que même si personne ne semble «nous voir» ni se désaltérer à notre source, l’amour que nous offrons s’envolera plus loin, plus haut, et rejoindra les bonnes énergies du monde. Rien n’est perdu : chaque goutte d’amour, chaque sourire, chaque offrande est un cadeau qui embellit notre univers !

Pour terminer, un proverbe japonais :

«Si vous cherchez la source du fleuve, vous la trouverez dans les gouttes d’eau sur la mousse»