234 – LES FILOUS QUI MENENT LE MONDE

Posted on janvier 23, 2012 par

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L’orage gronde et le temps se gâte pour les financiers. Cette aristocratie contemporaine a perdu de sa superbe et, si on ne lui coupe pas encore la tête, elle descend de son piédestal.

D’une façon générale tous les financiers partagent les mêmes valeurs que l’on peut résumer par la formule lapidaire de Milton Friedman, économiste célèbre : « la maximisation du profit ». Faire de l’argent, le plus d’argent possible et le plus vite possible, tel est le credo du financier. Son succès ne se mesure qu’à l’aulne de la quantité d’argent qu’il a gagné ou qu’il a fait gagner à l’institution pour laquelle il travaille. Il est comme un coureur olympique qui mesure sa performance en termes quantitatifs, en temps, en mètres, en vitesse. Rien ne lui importe hormis la performance. S’il faut se doper pour cela, il le fera, rien ne l’arrête, sauf la peur du gendarme. Le financier est un sportif en chambre qui joue avec de l’argent, sans scrupule, comme au Monopoly. Ce qui caractérise le plus un financier, c’est la déconnection avec le réel, c’est à dire avec l’économie et, pire, avec la morale et l’éthique.

Le financier est un animal au sang froid. Dans l’exercice de son métier, il n’a pas d’états d’âme, pas de sentiments inutiles, d’émotions perturbatrices. Il reste concentré sur son objet fétiche : l’argent. C’est comme cela qu’il est efficace et performant. Un bon financier ne fonctionne qu’avec le cerveau droit, le cerveau rationnel, le cerveau des tableaux et des chiffres ! Il est comme déconnecté d’une partie de lui-même et marche à cloche-pied…

Ils ont dit que nous ne pouvions pas mettre au point le système financier

 Pour simplifier, je dirais qu’il y a trois catégories de financiers, comme autrefois il y avait la noblesse de cour, la noblesse de robe et la noblesse d’épée. Les financiers de haut vol, arrogants et méprisants, représentent ce que j’appellerais les « financiers de cour». Ce sont eux que l’on retrouve dans toutes les instances internationales, au forum de Davos, au sommet des banques centrales et à la direction des grandes banques de Wall Street ou d’ailleurs. Il s’agit d’un petit cénacle, tous sortis des mêmes écoles et ayant tous transités chez Goldman-Sachs. Aujourd’hui, leur tête est mise à prix par les « Indignés ».  Certains ont déjà trébuché et ont disparu de la scène, tels Bernard Madoff,  Dominique Strauss-Kahn, Eric Woerth, Marcel Ospel, ancien patron de l’UBS et tout récemment Philip Hildebrand, à la tête de la Banque Nationale Suisse, en charge de la devise Helvétique, et qui se permettait de spéculer sur les devises à titre personnel ! Ce qui caractérise tous ces messieurs, c’est qu’ils se croyaient tout permis. Ils étaient tellement habitués à vivre au dessus du commun des mortels, et surtout au-dessus des lois, qu’ils avaient perdu toute notion de morale et d’éthique. Mais les temps changent et ils sont tout surpris de ce qui leur arrive… Pour vous faire une idée plus précise, allez voir le film Wall Street !

« Les financiers de robe » constituent la catégorie au-dessous. Ce sont eux qui œuvrent dans les ministères, dans les banques locales et dans les entreprises. Autrefois, les financiers étaient au service des entrepreneurs qui créaient de la richesse, aujourd’hui les entrepreneurs sont au service des financiers. En effet, ce sont eux qui ont pris le pouvoir dans les entreprises. Leur vision n’est pas celle d’un créateur, d’un entrepreneur, d’un novateur qui regarde à long terme. Les financiers qui, aujourd’hui, dirigent les grandes entreprises n’ont pas de stratégie et raisonnent à court terme : comment faire de l’argent le plus vite possible sans se préoccuper de demain ? Ils appliquent à la lettre la devise de Milton Friedman pour maximiser le profit en faveur des actionnaires. Pour cela, tous les moyens sont bons : l’entreprise n’est plus une réunion d’hommes et de femmes qui s’épanouissent au service des clients, mais un centre de profit !

  La troisième catégorie de financiers est constituée des «financiers d’épée » ; ceux qui vont au combat et prennent des risques, ceux qui n’ont peur de rien et ne s’encombrent pas de scrupules : il s’agit de la caste des Traders, brasseurs d’argent, jongleurs de Hedge Funds, spéculateurs de tous poils. Ils sont totalement déconnectés de la réalité économique et font de l’argent avec des clics de souris. Ils achètent et vendent à la vitesse de l’éclair au gré de la fluctuation des courbes. Disons-le sans ambages, c’est la caste la plus canaille parce qu’elle spécule sur la sueur et la misère du monde. Leurs salaires sont 400 fois supérieurs à ceux du bas de l’échelle et leurs bonus de fin d’année sont stratosphériques ! Une étude effectuée par des chercheurs de l’Université de St Gall, en Suisse, montre que le profil psychologique des traders est similaire à celui des psychopathes, caractérisé par un manque d’empathie et de compassion. Les traders abandonnent toute attitude réfléchie dans le seul but d’écraser leur adversaire!…

Hélas nous avons donné le pouvoir aux financiers filous en leur

Cours des oranges

empruntant des sommes astronomiques, bien au-delà de nos capacités de remboursement. C’est pourquoi ils nous ont passé la corde au cou et le nœud coulant se resserre. Ils deviennent aussi les boucs émissaires de nos imprévoyances et de nos gaspillages!

Vous n’êtes pas sans savoir que nous vivons une époque où tout bouge très fort et très vite. Je ne serais pas étonné si, lors de la révolte à venir, le peuple demande des comptes aux financiers. Mais, ce qu’il faut changer, et c’est le plus difficile, ce sont les mentalités…

Posted in: Economie