238 – LE TALISMAN

Posted by

Je réfléchissais dernièrement à tous ces grigris dont l’homme a besoin. Derrière le mot «grigri», je glisse : les objets fétiches, les porte-bonheur en tous genres, les pensées magiques, et tutti quanti …

C’est à dire que nous avons toujours besoin de «l’extérieur» pour nous rassurer : nous avons besoin de nos nounours pour nous soutenir !

Vous me direz qu’à première vue cela ne fait du mal à personne : ni à nous, ni aux autres même si, bien souvent, nous nous moquons des grigris des autres. Pourtant, à «deuxième» vue, je me pose la question de savoir si c’est si anodin que cela … 

Car, comme nous l’écrivons souvent dans ces chroniques, tout est symbole. Et un symbole est créé par la pensée de l’homme, quelle que soit sa culture. Si je vous montre une croix, certains vont penser «Croisée de chemin», tandis que d’autres penseront à Jésus. Bref, une croix ne laisse jamais vraiment indifférent ! 

Pourtant, si nous réfléchissons, une croix c’est simplement deux lignes qui se croisent. C’est NOTRE intention, notre pensée née de notre histoire, qui lui donne un sens et une signification.

Pour en revenir à nos «nounours», nous sevrons nos enfants à un certain âge de leur nounours et chiffons en tous genres : et il y a un moment où, à force d’entendre «Tu es grand maintenant !», l’enfant -de lui-même- se sent idiot quand il se promène encore avec !

Donc, nous sommes «grands» et nous avons laissé nos nounours au grenier. Nous n’avons plus besoin de ces objets pour nous rassurer … Enfin, en théorie ! Car, en pratique, en sommes-nous si sûrs ?

Que penser des fumeurs qui ont toujours besoin de leurs cigarettes à certains moments de la journée ? Ok, il y a la dépendance au tabac mais il y a aussi la dépendance au geste et à l’objet.

Que penser de nous tous qui vivons accrochés à nos téléphones portables ? Il nous est presque impossible d’imaginer que nous vivions sans : il y a très peu de «résistants» ! Ils nous rassurent en nous reliant au «monde» …

Que penser de l’attachement que nous avons tous, plus ou moins, à certains objets qui sont devenus pour nous de véritables fétiches ? Livres, bibelots, bijoux, vêtements, morceaux de bois, plumes, cailloux et autres objets ? Nous n’aimons pas les perdre ou bien qu’ils s’abîment. Pourtant, souvent, ils n’ont aucune valeur «marchande» ! Non, ils ont la valeur que nous leur avons donné : notre pensée a créé une intention à leur sujet. 

Nous les avons trouvés, ou bien ils nous ont été offerts, ou bien encore nous les avons achetés. Et selon l’humeur du moment, c’est à dire l’émotion, nous nous «accrochons» à cet objet en lui prêtant des vertus : soit affective, soit protectrice. Nous donnons donc un sens à l’objet qui devient important pour nous.

Encore une fois, pourquoi pas ? Nous nous entourons de ces objets et cela nous donne une sensation de sécurité : c’est plutôt positif …

Pourtant je me pose la question : pourquoi avons-nous tant besoin de signes extérieurs pour nous sécuriser ? Je regardais dernièrement un reportage en Ethiopie : le reporter est allé dans les endroits les plus reculés, les plus pauvres. Ces gens n’ont pratiquement rien : une casserole, les vêtements qu’ils ont sur le dos, une calebasse pour aller chercher l’eau, un pilon, et quasi rien d’autres. Pourtant, la femme avait un petit sac accroché autour de son cou. Interrogée sur son contenu, elle répondit avec les yeux brillants : «Ce sont mes trésors protecteurs, je les ai trouvé tout au long de ma vie et ils me protègent». Vous voyez ? Même dans le plus grand dénuement nous avons besoin de sacraliser des objets pour nous protéger !

C’est pourquoi il nous faut rester modeste face à nos petits qui, devenus un plus grands, ont encore besoin de leurs doudous. Face aux autres peuples, également, qui vénèrent des «objets» qui nous semblent insolites ! N’oublions pas que les nôtres le sont aussi pour eux …

L’Homme a besoin de canaliser sa pensée, ses joies et ses peines. Il a besoin d’une pensée magique pour affronter le quotidien. Toutefois, n’oublions pas une chose TRES importante : notre véritable grigri est en nous. Notre doudou, il est dans notre coeur : c’est l’amour que l’on donne et celui que l’on reçoit. Plus nous aimons, moins nous avons besoin de protection extérieure car l’amour est le plus magnifique bouclier qui soit ! Il nous donne un sentiment de sécurité, de joie, de paix. Il nous nourrit, nous embellit, nous réchauffe. L’amour est un merveilleux talisman qui repose dans notre coeur : aimons nous les uns les autres et nous deviendrons de véritables «nounours» les uns pour les autres !

3 comments

  1. C’est bien mignon tout cela et même assez vrai par bien des côtés. Néanmoins, il est plus facile d’avoir un « grigri » dans sa poche comme vous dites et de lui faire confiance que de donner de l’amour autour de soi. D’ailleurs, si nous avions suffisamment d’amour à donner ou à recevoir aurions nous besoin de grigri ?
    L’amour à mon sens est devenu un mot plus qu’une réalité. Les hommes (passée l’enfance) ont tendance à se méfier les uns des autres plutot qu’à s’aimer…
    Là où je vous rejoins c’est dans cette pratique personnelle des porte bonheur, auquel les gens ont besoin de s’accrocher et qui représente leur vie, leur passé, leurs souvenirs. Nous avons tous de ces liens-objets qui remontent à l’enfance et nous permettent de vieillir.
    Notre madeleine ?

  2. Tout à fait, Dany, nos grigris sont nos « madeleines » ! Et pourquoi pas ? Toutefois, peut-être pouvons EGALEMENT apprendre à donner ET recevoir de l’amour … Oui, c’est bien « mignon » ET cela fait du bien : alors, pourquoi s’en priver ? Mais peut-être Jacques Salomé a-t-il raison quand il écrit : « Le plus beau cadeau que quelqu’un puisse vous faire n’est pas de vous aimer mais de vous apprendre à vous aimer ». C’est peut-être là que nous devrions commencer …

  3. L’article est bon en soi, mais au-delà de l’esprit les mots à la recherche tourmentée pour se rassurer, mais dans le désert sans boussole Pourquoi parce que la vérité relative et le droit absolu toujours rester loin de nos esprits et ainsi nous obtenons pour le bonheur devons nous connaissons, nous savons d’où et où nous allons et parler explosent faits Lorsque la lame de parole et de laisser les gens dans leurs joies aveugles pleuré si ils ont vu la vérité en dépit du fait que tous les Lira relatifs

Laisser un commentaire