237 – COMMENT SAUVER LA GRECE?

Posted on janvier 30, 2012 par

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L’agonie de la Grèce est le principal feuilleton qui occupe la finance mondiale depuis deux ans. Nous en sommes à l’acharnement thérapeutique contre tout bon sens. Il existe pourtant quelques solutions simples pour sauver la Grèce !…

  Vous devez nous trouver bien présomptueux d’affirmer, d’une part que la Grèce peut être sauvée et, d’autre part, de prétendre qu’il existe des solutions simples. Mais nous allons voir cela dans un instant. Depuis le début de la tragédie Grecque nous affirmions qu’il n’existe qu’une seule solution pour sauver la Grèce, c’est de la faire sortir de la zone Euro sans payer ses dettes et de redémarrer à zéro. Si cette stratégie avait été suivie dès l’origine, nos banques auraient déjà épongé leurs pertes et la Grèce serait sur le chemin de la convalescence. Hélas, les gouvernements Européens ont suivi une autre voie qui consiste à continuer à prêter à la Grèce, mais à des taux usuriers tels que le malade est sûr d’en mourir! Je ne crois pas que l’on règle un problème d’excès de dettes en augmentant encore la masse de la dette et les taux d’intérêts. Nous allons abandonner 100 milliards d’Euros de dettes et l’Europe est sur le point de prêter 120 milliards supplémentaires à la Grèce, sans aucun espoir d’être jamais remboursé et avec la certitude que cela va permettre à la Grèce de sombrer corps et biens, tel le Concordia, ce navire de croisières de luxe qu’un commandant irresponsable a jeté sur des rochers en mer méditerranée.

Néanmoins, nous n’en sommes pas restés là de nos propositions car nous avons exploré de nouvelles pistes alternatives qui permettraient à la Grèce de sauver sa mise, la tête haute :

Victoire de Samothrace (Louvre)

  1 – Heureusement pour elle la Grèce a un passé prestigieux qui a nourri notre civilisation depuis des millénaires. C’est dire que nous lui devons beaucoup. Depuis le 18ième siècle un nombre incalculables d’amateurs d’antiquités, de marchands d’œuvres d’art, de chasseurs d’épaves et d’aventuriers en tout genre ont écumé les sites célèbres de la Grèce antique et ont emporté avec eux un grand nombre de chefs d’œuvre que nous allons admirer gratuitement dans nos musés nationaux, durant les journées pluvieuses d’hiver. La victoire de Samothrace qui orne le musée du Louvre ou les fresques du Parthénon dont s’enorgueillit le British Museum ne sont que des exemples parmi des milliers d’autres…

Disons le franchement, la quasi totalité des œuvres exposées dans le département des antiquités Grecques des musées internationaux a été purement et simplement volée ! En 1788, le comte de Choiseul, ambassadeur de France à Constantinople, ordonnait à son vice-consul à Athènes « de piller dans Athènes et son territoire tout ce qui est pillable ». En 1806, Lord Elgin ramena à Londres tout ce qu’avait pu lui laisser

Frises du Parthénon (British Museum)

son confrère Français : en particulier il n’hésita pas à décoller plus de 100 mètres des frises en marbre blanc du Parthénon ! Nous ne plaidons pas pour une restitution, mais pour une mise aux enchères de toutes ces œuvres, au plus offrant, et versement à la Grèce des sommes récoltées. Quand on considère les sommes astronomiques atteintes par certaines croutes contemporaines, nous pouvons légitimement espérer renflouer ainsi les caisses de l’Etat. Vous voyez pourquoi je plaide pour que la Grèce ne rembourse pas ses dettes: tout le monde serait quitte !…

Olympie

  2 – Depuis l’an 776 avant J.C. et pendant plus d’un millénaire eurent lieu  à Olympie, sur le site sacré de l’Altis, dédié à Zeus, des jeux sportifs qui, à l’époque, devinrent célèbres sur tous les rivages de la Méditerranée. Le poète Pindare nous assure que le vainqueur, « toute sa vie, savoure le miel de la félicité ». C’est en  1896 que le baron Pierre de Coubertin sortit les jeux Olympiques de l’oubli. De nos jours ces J.O. mettent en  œuvre des milliards qui inondent le monde sportif et sont générés par les sponsors et les media qui retransmettent les épreuves. Ma proposition consiste à transférer définitivement les J.O. à Olympie et à permettre à l’Etat Grec de reprendre le flambeau. Cette source considérable de revenus redonnerait à la Grèce son autonomie et sa fierté. Cette décision éviterait les surenchères couteuses auxquelles se livrent les prétendants à chaque attribution. Le sigle olympique deviendrait propriété de l’Etat Grec qui le gérerait à sa guise. Nous acceptons de payer des royalties à Disney chaque fois que l’on dessine son fameux canard, il en serait de même pour le sigle olympique.

Faut-il ajouter que lorsque nous parlons de « crise », de « politique » ou « d’économie » nous utilisons trois mots Grecs !

Nos propositions consistent tout simplement à rendre à Zeus ce qui appartient à Zeus, pour sauver la Grèce. Cela paraît du bon sens, mais, n’en déplaise au philosophe, le bon sens est la chose du monde la moins bien partagée…