1110 – POURQUOI SOCIALISME RIME AVEC LAXISME ?

Le socialisme est une belle idée, à condition de ne pas se transformer en idéologie et de perdre le contact avec le réel. Plaider pour la facilité et s’opposer aux contraintes est certainement un programme qui attire les électeurs, mais n’est-ce pas une politique qui, finalement, conduit aux désordres et à la ruine ?

Dans tous les domaines qui concernent nos sociétés, économie, immigration, finance, éducation, travail, etc…les socialistes militent pour le laisser-faire et le laisser-aller. Mais, pour aller où ? Dans le mur ?

Il faut sortir des idéologies et des slogans mobilisateurs pour regarder la réalité en face, et pour revenir au bon sens et au pragmatisme. Il suffit de se poser des questions toutes simples : quelles sont les nations qui réussissent et quelles sont celles qui périclitent ? On s’aperçoit vite que les régimes où prévaut le libéralisme sortent vainqueur. Au contraire, plus la dose de socialisme est forte, plus vite survient le déclin et la chute.

Il ne faut pas confondre libéralisme économique et démocratie. C’est ainsi que la réussite économique de la Chine fut fulgurante, depuis qu’elle s’est tournée vers le libéralisme économique en abandonnant l’idéologie socialiste, mais le régime demeure autoritaire.

La France constitue un bon exemple des ravages que peut causer l’idéologie socialiste, mêlée de bons sentiments et d’absence de rigueur. Officiellement, la France n’est pas soumise à un régime strictement socialiste, mais l’idéologie y est rampante, dans le sens que les citoyens approuvent la main mise et le contrôle de l’État sur leur vie. Ils aiment être pris en charge, choyés, dorlotés, sous influence, et caressés dans le sens du poil, au point de perdre leur liberté, leur créativité et leur goût du travail. (Relire chronique N°101 « L’administration pachyderme »).

L’économie est le moteur

Depuis le début de l’humanité, ce sont les peuples les plus riches qui ont longtemps prospérés. Ce fut les plus créatifs, les plus entreprenants, les plus structurés et les mieux organisés qui ont fait progresser les civilisations.

Les échanges furent, depuis toujours, à la base du développement économique. Les pays les plus inventifs parvenaient à vendre, au-delà des frontières, le fruit de leur créativité. Le rayonnement était d’abord économique. C’est la réussite économique qui permettait d’entretenir des armées et aussi de développer les arts. Autrement dit, une économie florissante est à la base de la réussite et du rayonnement.

Mais l’invention et la créativité supposent la liberté d’entreprendre ! Par conséquent, toute entrave à cette liberté d’entreprendre est une entrave au développement économique. Plus la règlementation est complexe, plus les contraintes règlementaires sont lourdes et plus les prélèvements de l’État sont importants, moins il peut y avoir de créativité et donc de réussite économique.

La France se trouve dans la situation que je viens de décrire, car les citoyens ont remis volontairement leur destin dans les mains de l’administration publique. Ils ont perdu le goût du risque, donc le goût d’entreprendre et leur créativité. Si jamais l’un d’entre eux veut se jeter à l’eau et prendre le risque de l’aventure entrepreneuriale, il sera vite rattrapé par une armée de fonctionnaires pour le contrôler, l’encadrer et le taxer. Si jamais, malgré tout, cet entrepreneur parvient à réussir, il est immédiatement surtaxé et montré du doigt comme un privilégié qui devrait avoir honte de s’être enrichi…

Tel est le contexte de la France et de quelques autres pays européens où la réussite économique devient une faute, voire un délit répréhensible. La situation est si grave que les citoyens français, qui ont conservé le goût et le désir d’entreprendre, même modestement, doivent quitter le pays pour s’établir dans des lieux plus accueillants…

Le laxisme financier

L’idéologie socialiste repose, comme nous venons de le voir, sur le mépris et la haine de la richesse. Néanmoins, le monde étant ce qu’il est, les gouvernements socialistes ont, malgré tout, besoin d’argent. S’ils ne savent pas le gagner, ils savent le dépenser ! (Relire chronique N°1074 « Démocratie, bureaucratie, Kleptocratie !).

L’argent est sale, s’enrichir est honteux, mais il faut de l’argent pour continuer à vivre. Si l’on ne sait pas le gagner, il faut l’emprunter et le prendre dans la poche de ceux qui en ont. Par conséquent, un régime socialiste se caractérise par deux points essentiels : un taux d’imposition record et un recours à l’emprunt massif.

La France rentre parfaitement dans le cadre de cette définition. La dépense publique approche les 60% de la richesse nationale, c’est-à-dire que l’État gère plus de la moitié de ce que les citoyens produisent. Autant dire que le gaspillage est énorme, à tous les étages de l’administration.

Pour financer tout cela, il faut un impôt massif, ce qui a deux inconvénients majeurs : d’une part, il freine l’économie en appauvrissant les ménages et, d’autre part, il décourage les entrepreneurs qui vont investir ailleurs.

Comme cela ne suffit pas, il est nécessaire d’emprunter pour boucler le budget. Chaque année la France emprunte environ 115% de son PIB, c’est-à-dire des sommes supérieures à ce qu’elle produit. Pour finir, la dette totale de la France atteint, à l’heure où j’écris ces lignes, la somme astronomique de 3.441 milliards d’euros et elle continue de progresser. (Voir horloge-de-la-dette-publique.com).

Hélas, le niveau très élevé de la dette a trois inconvénients majeurs :

  • L’intérêt de la dette augmente et se dirige vers les 100 milliards par ans, perdus, gaspillés !
  • La dette équivaut à un affaiblissement économique car c’est moins d’argent à investir.
  • Par ailleurs, elle met le pays sous la dépendance et le bon vouloir des prêteurs.

Dans ces conditions, le socialisme qui consiste à dépenser plus que ce que l’on gagne conduit à la perte d’autonomie financière, économique et politique…

Les bons sentiments

Le socialisme cherche à compenser son incompétence économique par une panoplie de « bons sentiments » qui lui donnent bonne conscience et lui permettent de se proposer en modèle d’humanisme, tous azimuts !

Cela commence par l’ouverture des frontières et l’invitation à venir en France envoyée à tous les pays du Tiers monde où sévit la misère. Cette idée est généreuse, héritée de la philosophie chrétienne. Les Français ont vécu, depuis la guerre, une situation enviable à bien des égards, et ils ont cru que la richesse, que des générations de travailleurs talentueux avaient amassée, était inépuisable. Ils ont donc invité à leur table la quasi-totalité du continent africain qui continue d’affluer.

Il est vrai que la démographie anémique nécessite aujourd’hui un afflux de sang neuf venu d’ailleurs. Si la France a besoin de talents, elle doit pouvoir les choisir, avant de les faire venir. Mais l’idéologie socialiste est contre toute ségrégation car nous sommes supposés être tous égaux. C’est la base du nivellement par le bas qui prévaut dans l’éducation nationale, car le socialisme déteste les têtes qui dépassent !

L’idéologie dite progressiste suppose que tout ce qui est nouveau est un progrès. C’est ainsi que s’impose l’idéologie wokiste et cancel culture qui prétendent faire table rase du passé au profit du présent et d’un avenir incertain…  Selon cette idéologie, il faudrait abandonner nos valeurs traditionnelles pour adopter l’idéologie mondialiste qui voudrait gommer les différences et les spécificités de chaque peuple, puis se convertir à un universalisme mortifère. (Relire chronique N°1055 « Les civilisations sont mortelles »).

L’idéologie du laisser-faire

C’est sur ces bases que la pensée socialiste envisage l’éducation, sans contrainte et sans effort, avec une distribution laxiste des diplômes, étant donné que les élites sont des privilégiés qui exploitent le peuple. S’il y a parfois du vrai dans cette dernière assertion, ce n’est pas en coupant les têtes qui dépassent que l’on favorise l’émancipation des citoyens !

Le laxisme et le laisser-aller à l’école vont de pair avec le désordre dans la rue, avec le manque de conscience citoyenne, avec la déprime ambiante, avec l’usage fréquent de drogues destructrices. Il n’y a plus d’exigence, car l’ordre est désormais assimilé à une sorte de fascisme…

Contre toutes les valeurs traditionnelles sur lesquelles nos civilisations furent construites, la pensée progressiste entend déboulonner la valeur du travail, qui n’est plus source d’émancipation, mais synonyme d’aliénation. Cette idéologie permissive nouvelle a commencé à diffuser parmi les jeunes générations pour lesquelles l’épanouissement personnel passe par la jouissance de l’instant, par le consumérisme et par le divertissement, mais non plus par l’épanouissement dans son activité professionnelle.

La descente aux enfers

Il suffit de se promener dans certaines villes pour constater par soi-même les dégâts engendrés par cette idéologie socialisante, en France ou ailleurs. J’ai décrit, dans une précédente chronique, la situation de délitement de certaines villes américaines dirigées par le parti démocrate. J’ai donné l’exemple de Portland, dans l’Oregon, dont le centre-ville est gangrené par la drogue et les sans-abris.

Plus près de chez nous, j’ai assisté à la descente aux enfers de certains quartiers de la ville de Lausanne en Suisse, dont le contrôle a été pris par les dealers et les consommateurs de drogue. Cette ville est dirigée par le parti socialiste dont la devise se résume à laisser-faire, laisser-aller.

Il existe en France bien des exemples similaires, tel Dijon ou Nantes, envahis par la délinquance. Il y a quelques années seulement, j’ai bien connu la ville de Nantes qui était un modèle de vivre-ensemble, d’ordre et de propreté. Il a suffi de quelques années de socialisme pour y voir fleurir la drogue et la violence qui va avec, sans que quiconque ne songe à agir, surtout pas les juges que 80% des Français considèrent trop laxistes !

Tout se passe donc comme si le nouveau progressisme socialisant conduisait inexorablement au délitement et à la ruine de nos sociétés, exauçant ainsi le vœu de la cancel culture : annuler toutes les valeurs de notre civilisation. L’occident s’est construit sur des valeurs fondamentales qui ont fait sa richesse et son rayonnement. La remise en cause fondamentale de ces valeurs princeps conduit inexorablement vers le déclin, la décadence et la chute… (Relire chronique N°1034 « En attendant les barbares »).

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