1111 – QUELLE EST VOTRE MISSION ?

Il s’agit sans doute de la question la plus fondamentale que nous puissions nous poser. Que suis-je venu faire sur cette planète ? Quel est mon rôle ? Ai-je une mission à accomplir ? Autrement dit : est-ce que nous sommes plus qu’un corps matériel que nous nourrissons trois fois par jour ? Avons-nous également une dimension immatérielle importante, qu’il faut aussi nourrir ?

Dans toutes les civilisations qui nous ont précédés, la vie était à la fois matérielle et immatérielle, c’est-à-dire avec une forte composante spirituelle. A travers les siècles, l’humanité a transcendé les vicissitudes d’une vie qui ne fut jamais facile. Ce recours permanent à la transcendance divine a toujours permis aux civilisations de traverser les âges… (Relire chronique N°1082 “Se remplir l’âme ou l’estomac).

L’humanité a traversé les plus dures épreuves en les replaçant dans un contexte plus vaste, chacun ayant la conscience de faire partie d’un Tout auquel il doit apporter sa contribution. C’est précisément en prenant conscience que chacun avait son rôle dans la construction de la communauté, en y exerçant ses propres talents, que la notion de mission s’est imposée.

Qu’en est-il aujourd’hui dans notre civilisation matérialiste, où toute notion de transcendance est évacuée ? Avons-nous réellement une mission à accomplir qui s’inscrit dans un ordre plus vaste, ou bien sommes-nous le fruit du hasard et de la nécessité, sans plus de consistance que notre présence éphémère ?

L’impasse matérialiste

Notre penchant à croire que nous avons une mission à accomplir sur cette terre n’est peut-être qu’une illusion, un stratagème utilisé par notre psychisme pour mieux accepter une vie vide de sens. C’est du moins le point de vue des approches matérialistes contemporaines, pour lesquelles nous ne sommes que matière, une machine biologique condamnée à l’obsolescence.

Selon ce point de vue, notre vie n’aurait aucune signification particulière, ni même aucune valeur, sortie du néant et appelée à y retourner. Autrement dit, notre vie est absurde, dénuée de sens, juste bonne à nous donner du plaisir. Dans ce contexte, fuyons les responsabilités et recherchons la jouissance. Il nous suffit donc de promulguer quelques lois et quelques règlements afin de pouvoir vivre en société.

L’avantage de cette vision du monde réside dans le fait que nous n’avons pas besoin de nous encombrer de morales qui limiteraient notre bon-plaisir. Les lois suffisent, afin d’établir un minimum d’ordre. Seule compte la valeur économique des choses, plus quelques sentiments amicaux ou amoureux qui nous aident à supporter notre humaine condition. La copulation est réduite à la seule jouissance, débarrassée de la contrainte de la reproduction.

Nos prouesses et nos réussites ne seraient donc que matérielles. C’est là que nous excellons, car nous améliorons sans cesse notre confort et notre bien être matériels. Ce que nous dénommons le progrès n’est qu’une constante amélioration de notre puissance matérielle afin d’assurer notre suprématie sur les autres espèces et sur les autres humains. Pour assurer l’amélioration constante de ce que nous dénommons notre niveau de vie, il nous faut assujettir la terre entière.

En effet, le matérialisme semble être toujours assoiffé, impossible à satisfaire, caractérisé par une faim inextinguible, condamné à une insatisfaction permanente, toujours en quête de plus de jouissance. Il apparait donc, in fine, que le matérialisme nous laisse affamés, insatisfaits fondamentaux, comme s’il nous manquait une nourriture plus subtile.

C’est sur ces bases que s’est développée notre civilisation occidentale contemporaine. Elle semble aujourd’hui désorientée, frustrée, égoïste et cynique. La valeur de toute chose et de tout être est marchande, chiffrée, gérée, planifiée. Mais il semble subsister un mal-être fondamental, comme un manque, et nombre d’individus sont désorientés, angoissés, dépressifs. C’est sur ce terrain de désillusion que prospère l’autodestruction par la drogue, l’alcool, ou le suicide, qui se développent de façon inquiétante.

Recherche de notre mission

L’alternative au matérialisme pur et dur, qui semble actuellement se développer, demeure une approche plus traditionnelle qui prend en compte l’humain avec de multiples composantes : spirituelles, psychiques et morales. Cet homme global n’est pas que matière et a besoin de nourrir de multiples dimensions.

Parmi celles-ci, il éprouve le besoin de donner un sens à sa vie, de se sentir utile, de servir des valeurs, de jouer un rôle qui transcende le quotidien. Si sa vie n’a pas de perspectives qui l’élèvent au-dessus de lui-même, il se sent inutile et se languit dans une vie fade qui le conduit souvent vers la déprime.

Si l’on observe autour de nous, à la recherche des gens heureux, dynamiques, entreprenants, et qui aiment profondément la vie, nous trouvons des individus très impliqués dans leurs activités et qui se sentent à leur place. Ils ont le sentiment d’accomplir ce qu’ils ont à faire dans cette vie et ils s’épanouissent en faisant fructifier leurs talents. En résumé, ils ont conscience d’accomplir leur mission au service de leurs valeurs fondamentales.

Il semblerait donc que, pour réaliser sa mission, il convient d’abord de connaitre ses propres talents et ensuite de respecter ses valeurs. C’est en exerçant ses talents, quels qu’ils soient, que nous pouvons nous épanouir et réaliser notre mission. Cette prise de conscience est fondamentale car elle donne un sens à notre vie, qui n’est plus futile mais au contraire s’inscrit dans un tout plus grand.

Dans cette perspective, toutes les missions sont grandioses, même si elles apparaissent modestes. Notre vie s’épanouit et prend tout son sens dès lors que nous y avons trouvé notre place et que nous accomplissons notre mission. Il n’est pas exagéré de dire que toutes les missions sont sacrées car c’est là que nous trouvons le bonheur, comme s’il y avait un ordre supérieur dont nous sommes dépendants…

Nous pouvons imaginer la vie de l’humanité comme un immense puzzle qui prend son sens lorsque toutes les pièces ont trouvé leur place précise. Nous sommes une pièce du puzzle et notre mission consiste à trouver notre place dans le puzzle, c’est à ce moment-là que nous trouvons notre valeur, car le puzzle a besoin de nous. Si nous sommes la pièce qui n’a pas trouvé sa place, nous avons le sentiment de ne servir à rien, et d’être sans valeur. Nous sommes tristes et moroses, proches de la déprime, en étant persuadés que la vie n’a pas de sens. En fait, c’est nous qui n’avons pas trouvé notre place pour accomplir notre mission grandiose et sacrée…

Apprenez à vous connaitre et vivez qui vous êtes vraiment en réalisant votre mission, vous serez apaisés, grandis et heureux, le monde sera plus beau ! (Relire chronique 1105 “Individualisme, individualité, individuation).

 

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