Liberté de ton, Liberté d'opinion
Nous étions une poignée pour aller voir Finzan, ce film d’Oumar Sissoko, dans un cinéma de quartier. Quelques Blancs et pas un Noir dans la salle, pour voir ce film superbe, un samedi après-midi pluvieux. Ce n’est ni du « cinéma » ni un documentaire. C’est une histoire, celle d’une famille, celle d’un village malien, celle de l’Afrique, celle du passé et du présent. L’histoire des pesanteurs de la tradition, immuable, millénaire. Comment peut-on juger ces croyances, ces rites et ces tabous ? Nous sommes à des milliers d’années de ces civilisations ancestrales et sur lesquelles nous voudrions porter un jugement moral, à travers nos oeillères d’occidentaux. Bien sûr nous sommes horrifiés par la coutume de l’excision qui nous paraît barbare, primitive et cruelle !
de l’homme noir qui se prélasse, palabre, fait le beau, et décide de tout dans le village, au nom de lois coutumières, lourdes comme du plomb et qui stoppent toute évolution. C’est précisément cet immobilisme millénaire, cette léthargie, cette rigidité pesante qui étouffent les idées nouvelles et ce que les occidentaux appellent le progrès. Rien ici ne bouge, la société est fossilisée, momifiée et se perpétue comme telle de génération en génération : sagesse ou obscurantisme ?
Dans ce village malien du Sahel, entre désert et Niger, l’Occident n’a pas pénétré : pas d’électricité, pas d’eau courante, pas un outil nouveau depuis mille ans ou plus, pas même une boîte de conserve ou un morceau de plastique. Quelques idées nouvelles commencent seulement à germer dans la tête de certaines femmes. La société va se mettre en marche et va entrer en transhumance après une halte de plusieurs millénaires : Dieu seul sait où ses pas peuvent la conduire…