306 – LA RELATIVITE DU TEMPS

Posted on juillet 11, 2012 par

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Un grand coucou du pays des oliviers et des … cigales ! Je vous laisse admirer le magnifique olivier qui nous accueille, à l’entrée de la maison. Par contre, il m’est plus difficile de vous faire partager le concert quotidien, offert par les cigales, durant les deux mois d’été ! 

Je m’étais déjà penchée sur les caractéristiques de cet insecte mystérieux, à la fois si bruyant et si inoffensif. J’y reviens aujourd’hui avec une nouvelle interrogation : comment mesurer le temps ? Vu la différence de temps de vie qui existe entre toutes les espèces, dont celle de la cigale, je me pose quand même la question fondamentale de la notion du temps.

Nous, humains, nous plaignons de plus en plus du manque de temps. Nous vivons en moyenne 80 ans et, pour beaucoup d’espèces, c’est une éternité. Pourtant, nous avons l’impression que nous n’arriverons pas à faire tout ce que nous voudrions … Et, de fait, les années défilent à toute vitesse !

Cette jolie cigale s’est égarée dans ma cuisine, il y a quelques jours : relâchée précautionneusement, elle s’est envolée lourdement vers l’olivier où elle a retrouvé ses compagnons musiciens …

 Alors, que ressent une cigale qui ne vit, en moyenne, que trois semaines à un mois ? Sachant qu’il lui faut environ 4 ans pour quitter la terre dans laquelle la larve est enfouie, quelques semaines de vie sont bien courtes ! Juste le temps, pour les mâles, de jouer des cymbales à tue-tête pour attirer les femelles, déposer sa semence et puis, hop, bye, bye ! Mes petits continueront la chaîne encore et encore : j’ai assuré la pérénnité de mon espèce, maintenant je peux mourir en paix …

J’ai même appris qu’une cigale, en Amérique du Nord (Magicicada Septemdecim) avait besoin de 17 années sous terre pour éclore et … ne vit ensuite que quelques heures ! Née à l’aube, elle s’éteint au crépuscule, juste après avoir fabriqué des petits bébés cigales. 

Bouhh ! Pas vraiment rigolo, n’est-ce pas ?

Du coup je me dis que nous avons beaucoup de chance, nous les humains, de bénéficier d’une espérance de vie de près d’un siècle. Cela remet ma pendule à l’heure ! Ne plus se plaindre du manque de temps mais profiter au maximum de celui qui nous est offert «généreusement» : chaque minute est un cadeau et nous pourrions, comme les cigales, chanter à tue-tête pour remercier la vie ! Nul besoin de mourir juste après avoir eu des rapports sexuels mais, au contraire, jouir encore et encore du sursis qui nous est accordé, nous permettant d’expérimenter l’amour entre plusieurs générations. 

 Vive les grands-parents, vive les parents et vive les enfants !!! Quelle chance de vivre, si ce n’est tous ensemble, tout au moins dans le même temps …