307- LA BIOLOGIE EVOLUTIONNISTE

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Eloignons-nous des soucis quotidiens, grands et petits, et prenons du recul, beaucoup de recul. Occupons-nous aujourd’hui de la façon dont l’homme a évolué, depuis nos ancêtres primates et même avant.

 

Dédicace du livre de Charles Darwin

 Nous avons tous quelques notions de la très célèbre théorie de l’évolution formulée en 1859 par Charles Darwin dans un livre remarquable dont le titre exact était : « Sur l’Origine des Espèces au moyen de la Sélection Naturelle, ou la Préservation des Races les meilleures dans la Lutte pour la Vie ». Darwin ne parlait pas d’évolution qui était un mot tabou, mais de sélection naturelle. Dans son introduction il résume à merveille sa théorie qui démontre parfaitement que les êtres vivants sont soumis bel et bien à une évolution :« Comme il naît beaucoup plus d’individus de chaque espèce qu’il n’en peut survivre, et que, par conséquent, il se produit souvent une lutte pour la vie, il s’ensuit que tout être, s’il varie, même légèrement, d’une manière qui lui est profitable, dans les conditions complexes et quelquefois variables de la vie, aura une meilleure chance pour survivre et ainsi se retrouvera choisi d’une façon naturelle. En raison du principe dominant de l’hérédité, toute variété ainsi choisie aura tendance à se multiplier sous sa forme nouvelle et modifié».

Cette notion d’évolution nous est maintenant familière et nous acceptons que toutes les espèces vivantes soient unies par cette évolution qui a permis d’engendrer l’énorme diversité que nous connaissons. A l’époque, ce fut une véritable révolution des idées. Darwin ne connaissait pas l’existence des gènes, mais nous savons aujourd’hui que l’évolution se fait grâce à des « mutations génétiques » et la nature sélectionne les mutations bénéfiques qui sont ensuite transmises à la descendance. Beaucoup en sont restés là quand à la compréhension des mécanismes de l’évolution. Mais dans la réalité il apparaît que les mutations ne permettent pas de rendre compte de la totalité du processus évolutionniste. C’est le mérite d’une nouvelle discipline, dénommée « Biologie évolutionniste », d’envisager d’autres mécanismes.

La définition d’une espèce repose sur le cloisonnement sexuel, c’est à dire l’impossibilité de deux espèces différentes à se reproduire. Mais, comme pour toute règle, il y a des exceptions. On parle alors « d’hybridation » qui est assez commun chez de nombreuses plantes. Il s’agit de l’union sexuelle fertile entre deux espèces différentes au cours de laquelle les gamètes mâles et femelles des deux individus se réorganisent pour donner naissance à un individu nouveau. Si ce nouvel individu est lui-même fertile, il donnera naissance à une nouvelle espèce. L’hybridation des plantes est maintenant considérée comme une puissante force évolutive. L’hybridation existe aussi entre de nombreuses espèces animales (lion et tigre, coyote et loup). Il existe aussi de nombreux singes hybrides et il semblerait que les chimpanzés et les hominidés aient échangé des gènes pendant des milliers d’années. De même l’homme moderne et l’homme de Neandertal il y a 400.000 ans. Nous sommes tous cousins !

Les mutations et l’hybridation ne sont pas les seuls acteurs de l’évolution en marche. Chacun de nos gènes est sensible à son environnement et subit des modifications qui modulent son activité. Ce phénomène intitulé « épigénétique » modifie le code de vie porté par les gènes qui peuvent être activés ou inhibés en fonction de l’environnement. Des chercheurs évoquent aujourd’hui un modèle héréditaire des variations épigénétiques acquises, c’est-à-dire transmises aux générations futures. On retrouve là la théorie élaborée par le français Jean-Baptiste Lamarck, injustement discrédité par le darwinisme et dont la célèbre formule était: « la fonction crée l’organe« ! En fait Darwin et Lamarck avaient tous les deux raisons…

Schéma d’un virus injectant son
matériel génétique dans une cellule.

 Mais la science en marche ne s’arrête jamais et ne cesse de nous fasciner. Les dernières nouvelles parlent de « symbiose virale », moteur de l’évolution ! Il faut savoir que les virus doivent absolument parasiter une cellule vivante pour se reproduire. Ils pénètrent dans le noyau cellulaire et y injectent leur patrimoine génétique, puis prennent le contrôle de toute la machinerie cellulaire à leur profit. Vous ne serez pas étonné d’apprendre que les gènes viraux sont incorporés par les chromosomes cellulaires et viennent donc prendre place à côté de nos propres gènes. Nos cellules sont en fait infestées en permanence par des gènes viraux qui influencent notre métabolisme et qui participent donc activement à l’évolution. Nous avons ainsi intégré dans notre patrimoine génétique la trace des infections virales qui sont survenues au cours de l’histoire de l’humanité et qui continuent à jouer un rôle. Apprendre que le virus du sida, par exemple, contribue à l’évolution de l’homme, à de quoi vous surprendre !

Finalement l’évolution permanente de toutes les espèces vivantes se fait sous l’action conjuguée des contraintes environnementales, des mutations génétiques, de l’hybridation, de l’épigénétique et de la symbiose virale : tout un programme !…

 

  NB : Pour en savoir plus vous pouvez lire ce livre fascinant de Frank Ryan : « Virus et hommes, un destin commun ? ».

Le livre est assez facile à lire et ne nécessite pas beaucoup de connaissances préalables en biologie.

6 comments

  1. Ce qui est problématique, à mon avis, en science, en religion, en politique, etc., c’est la fascination, trop souvent démesurée, que des constatations ou trouvailles relatives, – d’ordre empirique, imaginatif ou conceptuel -, font naître dans la mentalité faible et crédule d’un grand nombre d’individus ; et cette fascination, soulignée passionnément dans cet article, prend une tournure nettement mystificatrice lorsque ces constatations relatives sont présentées astucieusement, avec un enthousiasme exagéré, comme imprégnées d’une valeur ou d’une importance mirifiques. e.b. ☼

  2. Je ne voudrais en aucun cas jouer les « relous » mais je ne peux m’empêcher de faire une petite remarque sur le schéma du virus qui infecte une cellule: le virus en question est un type bien particulier que l’on appel phage, c’est un virus de bactérie, et il injecte effectivement son matériel génétique de cette manière dans une bactérie (cellule procaryote cad sans noyau). mais généraliser ce type de schéma pour parler de tout les virus est incorrecte scientifiquement parlant car la plupart des virus (HIV, varioles, herpes…) n’infectent pas nos cellules (dites eucaryotes car elles possèdent un noyau) de cette manière la et ne ressemble pas à ça (Je pourrais m’étendre sur ce sujet mais je ne pense pas que ce soit l’endroit pour le faire…). On pourrait penser que je chipote mais je vous assure que du coup cette figure et son intitulé sont faux surtout que la plupart des virus n’injectent pas leur matériel génétique dans la cellule, ce type de processus est plutôt spécifique aux phages.
    Et peut être aurait il fallu indiquer d’où vient cette figure (citer ses sources, tjs!) mais la je chipote un peu! :p

    1. Merci de vos remarques avec lesquelles je suis d’accord. Dès que l’on veut simplifier pour les néophytes l’on rentre dans l’erreur !…
      Nos chroniques ne s’adressent pas à des spécialistes…

  3. Merci pour votre article qui servira avec efficacité les néophytes, ne serait-ce que par cet enthousiasme soulevé par la recherche de la « connaissance » que représente la science, c’est-à-dire le cerveau humain..!
    Je m’intéresse beaucoup à la biologie, aux sciences de l’univers, l’anthropologie, et je n’ai pas eu la chance de bénéficier d’une formation scientifique, mais j’ai toujours été curieuse de savoir ou de connaître toutes choses qui m’entourent, et c’est aussi grâce à des scientifiques qui ont su et pris la peine d’expliquer cela aux autres humains qui n’ont pas la chance d’accéder à certaines connaissances…
    Donc merci et ce, malgré les quelques erreurs soulevées !
    J’irai d’ailleurs chercher ce livre.

  4. La biologie évolutionniste basée sur des cycles de mutation et de sélection des plus aptes et cela grâce, comme vous le dite si bien, à l’action conjuguée des contraintes environnementales, des mutations génétiques, de l’hybridation, de l’épigénétique et de la symbiose virale.
    Ma question est: à quel niveau intervient la volonté divine défendue par toutes les religions et pas mal de scientifiques?
    D’autre part se pose la question du rôle de la Médecine et de l’éthique: la Médecine tend à traiter et à corriger les mutations génétiques ce qui va biaiser la sélection naturelle des plus aptes.
    Que pensez-vous?
    Abderrazak

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