311 – DEPENSER PLUS POUR OBTENIR MOINS

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Plus les organisations humaines se hiérarchisent et se complexifient, moins elles sont efficaces. La tendance universelle consiste à suppléer un manque d’organisation par un supplément d’effectif.

Chacun sait, d’expérience, que les grandes organisations et administrations sont des hauts-lieux d’inefficacité et de gaspillage. Pour comprendre le phénomène, il faut faire appel à la « loi des rendements décroissants » qui déroule ses méfaits en plusieurs étapes :

1- Une grande organisation se caractérise par une forte dose d’irresponsabilité de la part de ses membres, puisque, in fine, on ne sait jamais qui décide. Les ordres et contre-ordres se font par voie de circulaires, généralement abscondes, à double sens et aux contours imprécis. Ces circulaires émanent souvent d’un comité dans lequel chacun donne son avis et qui finit par accoucher d’un texte obscur qui veut ménager le point de vue de chacun. S’il s’agit d’une administration publique, la rédaction sera elliptique et utilisera des mots hermétiques. Ceci complique considérablement la tâche des employés qui doivent « interpréter » les textes en fonction de leur humeur.

2- Cette première inconséquence génère un surcroit de travail, un ralentissement, voire un arrêt complet du fonctionnement du système, « dans l’attente d’un éclaircissement de la part de la hiérarchie », ce qui peut demander du temps. Car il est une chose que les responsables détestent le plus, c’est précisément d’exercer leurs responsabilités. En effet, qui dit « responsabilité », dit aussi risque d’erreur, de mauvaise décision, ou pire, risque d’être désavoué pas ses supérieurs !

3- Tout service administratif d’envergure, court donc le risque permanent d’être embourbé et de crouler sous le travail, par manque d’organisation au départ. Dans ces conditions, la solution simpliste, qui prévaut toujours, consiste à demander davantage d’effectif, davantage de moyen, davantage de budget etc…, sans jamais tenter de remédier au problème de base. Un service de 10 personnes qui n’a pas su s’organiser, deviendra une pétaudière, dès lors que les effectifs auront doublé. Ceci aura pour effet de ralentir et de diminuer d’autant la productivité du service. Le responsable demandera aussitôt davantage de personnel… C’est cela la loi des rendements décroissants : plus on dépense, moins on obtient !

 Vous connaissez assez d’administrations pour comprendre ce que je veux dire : dans les mairies, dans les services d’assurance maladie, dans les ministères ou tout autre organisme publique. Il faut en outre savoir qu’un chef de service mesure son importance dans l’organigramme, et donc son salaire, en fonction des employés qu’il a sous ses ordres. Jamais aucun chef de service n’a jugé qu’il avait assez d’employés ou qu’il en avait trop. Cette tendance existe aussi dans les grands groupes privés, mais réussit généralement à être maîtrisée, car les coûts sont suivis avec attention et les actionnaires guettent ! La notion de rentabilité, totalement absente du cerveau d’un fonctionnaire, conduit de ce fait, inévitablement, à la loi des rendements décroissants.

Les immenses progrès qui ont été faits ces dernières années en matière d’informatique et de simplification du travail ont conduit à une diminution des effectifs des entreprises commerciales et industrielles. A l’inverse, les effectifs de la  fonction publique, dans de nombreux pays, ont continué à croitre et à prospérer. A cet égard, l’exemple le plus caricatural, en Europe, est celui de la France qui a perdu tout sens de la notion même d’organisation du travail dans sa fonction publique, devenue pléthorique et inefficace. Ce pays vient même de se payer le luxe d’élire un gouvernement issu exclusivement de l’administration ! Pas un seul membre qui ait la moindre idée de ce que veut dire efficacité, productivité, compétitivité. Ils utilisent les mots sans en connaître la signification…

 L’armée donne souvent l’image d’une telle organisation et décline dès lors qu’elle a dépassé le point de l’utilité marginale. Vaut-il mieux une armée restreinte, mais conquérante, dynamique, très technique et super-entrainée, qu’une armée craintive et désorganisée, constituée d’innombrables traine-savates ? Les gouvernements occidentaux sont aujourd’hui confrontés à ce choix crucial vis à vis de leur fonction publique. Les pays qui ne sauront pas couper drastiquement dans leurs dépenses sont appelés à faire faillite dans les mois et les années qui viennent. Plusieurs candidats sont déjà sur les rangs!…

4 comments

  1. Pas trop mal, sauf que la conclusion manque d’étoffe. Je pense que les Etats européens sont des nains de jardins qui auraient aimé jouer dans la cour des grands mais qui ne s’en sont pas donner les moyens. Aujourd’hui, « on » continue de vivre avec des solutions à 100 balles qui génèrent des dettes en cascade pour aider, si l’ont peut dire, nos pays frères de la CEE. Manifestement ces platrages ne servent à rien : normal, on a bâti une Europe financière sans l’adosser aussi à une Europe économique et juste : résultat, l’Euro qui est déjà très cher pour un petit Français, l’est encore bien davantage pour un petit Grec ou un petit espagnol. Des Enarques et les experts qui nous gouvernent, tous ont accouché d’une idiotie de monnaie qui a le seul intérêt d’être unique mais a institué une parité de change et des critères d’équilibre économique incompatibles. Il faut réagir : les chamboulements sont propices à ça. L’Europe unie confédérant des états doit maintenant émerger sous la forme d’un ensemble politique et économique vraiment solidaire dans lequel chacun des etats d’aujourd’hui serait une région. Les élection Françaises de 2012 ont été d’un archaïsme énorme face à l’Histoire. Il faut s’affranchir de tout ça, pour que confédérés, tous les Européens reprennent leur vraie place à l’échelle Mondiale, régissent une justice vraie et humaine vis à vis de la valeur du travail et retournent vers une stabilité impérieuse pour disposer d’un avenir. Les Grecs, les Espagnols sont ils les seuls indignés ? je ne le pense pas. Faisons en sorte que les rues de Madrid ou d’ailleurs retrouvent de la sérénité et le chemin d’une culture de tolérance et de remise à plat de certains privilèges. On est bientôt le 4 août, alors, pourquoi pas ?

  2. le problème est simple, les causes aussi; l’union européenne s’appuie d’avantage sur une coordination économique et financière des économies qu’une coordination politique des Etats membres

  3. Moi je suis dégouté par le fonctionement de notre pays(france).pourquoi?Alors que notre chére patrie est en pleine crise(Déficit,Augentation du chomage,…..etc),notre chers président de la république peut se permetre de donner 3 milliard au ivoriens c’est du n’importe quoi,je suis pas raciste au contraire.Mais quand votre pays va mal regarder votre pays avant de regarder celui des autres.Ces 3 milliard aurai pu etre utilisé pour embauché des francais,et des francaise pour relancé la croissance par exemple mais voila que notre chers président quand a lui préfére donner au ivoiriens……

  4. desole Sebastien, 3milliards de dons ou d’aide, prets ne son t en aucun cas gratuits. comprenez que la France, l’Etat francais, a passe d’enormes accords de cooperation economiques avec la Cote d’ivoire. bien entendu la France en paticulier, l’europe en general vit une crise grave. mais les accords sont des contrats et donc il ya des clauses a respecter. il faut aussi voir l’enjeux historique de colonisation ainsi que les recents evenements en cote d’ivoire et donc du role fondamentale que la france y joue.
    enfin la france detient d’enormes capitaux en cote d’ivoire par le biais de ses entrepreneurs, bolore et autres…. 3 milliards aujourd’hui representent en fait les milliards d’hier et ceux de demain que la france peut y tirer
    n’oubliez jamais ce concept cher aux relations internationales qui en substance qu’entre les Etats il n’y a pas d’amis, mais uniquement des interets……..
    bien sur que tu n’es pas raciste, je dirais simplemnt que tu es realiste et prevoyant, ce qui en somme est une bonne chose.

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