312 – LE CADEAU D’AMOUR …

Posted on juillet 25, 2012 par

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Aujourd’hui, je voudrais vous offrir un cadeau … Un cadeau d’amour ! Il s’agit d’un petit conte que j’ai écrit pour vous.

Il était une fois une petite fille … Comme la majorité des petites filles, elle vivait au sein de sa famille avec ses frères et soeurs. Cette petite fille avait une particularité : elle aimait faire plaisir, être gentille, faire des cadeaux. Une psychanalyste vous dirait qu’elle souffrait d’une névrose et que sa générosité n’était qu’apparente : dans le fond d’elle-même, elle désirait être aimée.

 

Seulement, voilà … Sa maman n’était pas une tendre ! Loin de là … C’était une femme insatisfaite qui n’avait pas développé le don du bonheur. Elle ne croyait pas vraiment à l’amour. Ô, bien sûr, elle aimait ses enfants ! Mais elle les aimait à sa façon. Et, tout particulièrement avec cette fillette là, elle n’était pas sur la même longueur d’onde.

L’une désirait l’amour, l’autre le repoussait. 

L’une désirait montrer son amour, l’autre le cachait.

 

Plus la maman repoussait, plus la petite fille désirait. Elle se serait pliée en quatre, en huit, en douze pour que sa maman lui dise «Je t’aime» ! Toutefois jamais elle ne prononçait cette petite phrase tant attendue.

 

Alors la petite fille mis au point de nombreuses tactiques afin de prouver son amour, dans l’espoir secret d’être aimée de retour. Elle fut la plus gentille des petites filles, elle écoutait, elle comprenait. Elle écrivait même des poèmes à sa maman ! De gentils poèmes qui parlaient d’amour …

 

A chaque fois qu’elle glissait son poème, illustré par un joli dessin, dans la main de sa maman celle-ci le lisait à peine, hermétique à l’appel secret qu’il contenait, et la regardait d’un air un peu circonspect : «Mon Dieu, ma fille, tu es vraiment bizarre ! Où vas-tu chercher ces bêtises ?». Et le joli poème finissait en boule dans la poubelle …

 

A chaque fois, à chaque nouvelle moquerie, le coeur de la petite fille saignait un petit peu. Pourtant elle avait le courage de l’espoir : «Un jour, pensait-elle, maman sera touchée par un de mes poèmes. Un jour elle comprendra que je l’aime. Un jour, toute émue, elle m’ouvrira son coeur».

 

Mais les mois et les années passèrent sans que les cadeaux et les petits mots d’amour ne soient plus reconnus que dans son enfance. Et la petite fille devint une femme. Tout au moins en apparence ! Dans le secret de son coeur, il y avait toujours cette espérance en l’amour qu’avait la petite fille … Et toujours, avec ceux qui l’entouraient, ceux qu’elle aimaient, elle était gentille, cherchait à faire plaisir, à faire des cadeaux. Et elle écrivait toujours des poèmes.

 

 Comme son coeur avait beaucoup saigné, elle s’était un peu barricadée : elle ne montrait plus combien elle était touchée lorsqu’un de ses cadeaux n’était pas apprécié ! Elle était toutefois toujours étonnée de voir que, pour beaucoup, un cadeau n’était simplement qu’un objet. Un objet qui plaisait ou non, en fonction de son utilité, de son look ou de son prix. Pour elle, un cadeau était tellement plus ! C’était une preuve d’amour, un geste de tendresse, un acte un peu sacré. Le cadeau était un médium entre son coeur et le coeur de l’autre. Une façon de communiquer sans parler. Une façon de dire «Je t’aime».

 

Nous sommes nombreux à être comme cette petite fille, puis cette femme. Nous aimerions que notre amour soit partagé, reconnu, apprécié. Et nous essayons sans arrêt de l’exprimer, parfois maladroitement, parfois discrètement, par codes, par signes.Chacun ayant sa façon de s’exprimer …

 

Le plus douloureux c’est de n’être pas compris, pas entendu, pas reconnu lorsque l’on cherche à dire «Je t’aime» à l’autre. Peu importe ce que l’on nous offre pour exprimer cet amour ! Ce qui importe c’est qu’il est offert … à nous, à vous. Et un regard, un sourire, un bonjour sont des cadeaux : que nous en coûte-t’il de les accepter avec grâce ? 

 

La petite fille d’hier a compris toutefois une chose : ce n’est pas parce que ses cadeaux étaient refusés par sa mère qu’elle n’était pas aimable … Et, à force de ténacité et persévérance, la femme qu’elle est devenue aujourd’hui a appris que l’amour s’offre et n’attend rien en retour. L’amour que l’on donne nous guérit autant qu’il peut guérir celui qui le reçoit. Alors … aimons-nous les uns les autres, sans modération !