404 – ESPAGNE EN FIN DE REGNE

Posted on mars 11, 2013 par

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Nous retrouvons l’Espagne comme nous l’avons quittée il y a un an. La situation est seulement encore plus préoccupante : nos pronostics pessimistes de l’année dernière se sont révélés exacts, mais le jeu politique continue sa turpitude.

Unknown En Catalogne, les souverainistes n’ont pas eu les résultats qu’ils escomptaient aux élections mais ils sont toujours aussi déterminés. Les députés socialistes catalans viennent de se démarquer du parti en refusant d’accepter la discipline de vote au sujet de l’organisation d’un référendum d’autodétermination en Catalogne. Cette défiance a obligé Rubalcaba, le président du parti, à menacer de sanction les récalcitrants.

Néanmoins, les socialistes catalans doivent tenir compte du vent mauvais qui souffle fort sur la Catalogne et veulent rester en contact avec un électorat de plus en plus séparatiste au fur et à mesure que l’Espagne s’enfonce dans la récession. C’est bien connu, les rats cherchent toujours à quitter un bateau qui coule !…

Pour le reste, ce sont les mêmes combines et les petites ou grandes malversations des politiciens qui occupent le devant de la scène et permettent encore aux journaux de se vendre. Même la monarchie, qui fut pendant des décennies le symbole d’une Espagne moderne et unie, se fissure elle-même de façon dangereuse. Juan Carlos vieillissant perd le contact avec le peuple, la famille royale, jusqu’ici exemplaire, est salie par les agissements de Inaki Urdangarin, un gendre indélicat qui est trainé devant la justice.

Juan Carlos est fatigué et a perdu de sa superbe!

Juan Carlos est fatigué et a perdu de sa superbe!

 Le roi a subit sept opérations chirurgicales en en trois ans et il apparaît très fatigué.  Personne n’a oublié qu’il sauva plusieurs fois l’Espagne de l’anarchie et qu’il fut le garant de la démocratie, après la mort de Franco. Mais les temps changent et, désormais, les partis de gauche parlent ouvertement de renonciation au trône ! Si la monarchie vacille,  symbole de l’unité nationale, l’Espagne ne se relèvera pas.

Autant dire que, par les temps qui courent, les faits d’arme sont rares. La disparition de Stéphane Hessel, considéré comme « l’incarnation de l’esprit de résistance » est salué par tous les journaux. C’est lui qui avait inspiré les jeunes « indignados » qui ont occupé le centre de Madrid pendant des mois. Que sera le printemps hispanique ? Nul ne peut l’anticiper. Les espagnols ne manquent pas d’esprit de sacrifice et nous admirons leur capacité à subir les vicissitudes économiques, mais la faim peut faire sortir le loup du bois et le rendre féroce !

La presse nous apprend que la foule des chômeurs vient de passer le cap des 5 millions etimages-1 dépasser 26% de la population active. Dans certaines provinces de l’Andalousie, où nous sommes actuellement, 40% de la population est sans emploi ! Comment une telle  situation ne serait-elle pas explosive ? Dans les centres villes, nombre de commerces ferment et la situation s’est considérablement aggravée depuis l’année dernière. Les seuls commerces qui subsistent sont ceux tenus par les chinois qui vendent des articles à très bas prix, ce qui permet à la population de maintenir la tête hors de l’eau.

Le secteur immobilier ne s’est pas redressé, bien au contraire, et de nombreux immeubles, quasiment vides, ne sont plus entretenus, ce qui dissuade les amateurs de bonnes affaires… D’une façon générale, l’ambiance est si morose qu’elle risque de décourager ceux qui seraient tentés d’investir dans l’immobilier de vacances. Selon le proverbe, on ne rattrape pas un couteau qui tombe !

Notre intuition est que l’Espagne n’a pas encore touché le fond : elle se dirige vers une situation à la Grec et nous ne voyons pas comment elle pourrait rester arrimée à l’Euro actuel. Poursuivant nos pronostics, nous estimons que l’économie française atteindra d’ici trois ans le niveau actuel de l’Espagne…