403 – L’ARGENT DES DROGUES LEGALES

Posted on mars 8, 2013 par

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A juste titre la presse parle volontiers de l’argent de la drogue et de ses cartels mais elle ignore trop l’argent des médicaments, ces drogues légales que nous consommons sans retenue.

Voici comment cela fonctionne. Tout d'abord nous découvrons le médicament et identifions le marché, puis nous inventons la maladie.

Voici comment cela fonctionne. Tout d’abord nous découvrons le médicament et identifions le marché, puis nous inventons la maladie.

 La surconsommation médicale est un fléau sous estimé et le danger potentiel de nombreux médicaments est souvent passé sous silence. Peu de médicaments sont réellement efficaces et beaucoup entrainent de nombreux effets secondaires qui sont minimisés par le corps médical. En moyenne les personnes de plus de 65 ans consomment 4 médicaments par jour, mais il n’est pas rare de voir des patients auxquels 10 médicaments différents ont été prescrits. C’est dans le domaine des psychotropes que la prescription atteint son paroxysme avec parfois des ordonnances qui contiennent plusieurs anxiolytiques et antidépresseurs. Ces produits étant des accélérateurs du vieillissement.

J’invite les « patients » à perdre patience et à contester ces abus de prescriptions. Il faut éviter d’être trop docile et demander au médecin la justification de chaque prescription et c’est à chacun que revient la décision de suivre, ou de ne pas suivre, à la lettre ces prescriptions. Il  convient de choisir votre médecin en fonction de ses qualités humaines, de ses capacités d’écoute et de dialogue. Evitons les médecins qui font de longues ordonnances et qui ne savent pas expliquer et justifier leurs prescriptions. Ce n’est pas parce que la médecine et les médicaments sont gratuits qu’il faut perdre son bon sens et sa liberté. Prendre sa santé en main, c’est être responsable et critique par rapport au pouvoir médical, comme face à tout pouvoir.

"Pour le marketing de notre nouveau comprimé, il serait plus simple de faire la liste des effets secondaires qu'il ne provoque pas".

« Pour le marketing de notre nouveau comprimé, il serait plus simple de faire la liste des effets secondaires qu’il ne provoque pas ».

 Il convient de comprendre les raisons de cette surconsommation médicamenteuse nuisible pour la santé. Il s’est répandu, parmi les patients, cette croyance infondée que les médicaments modernes étaient désormais capables de corriger tous nos maux et de pallier à tous nos excès. Rien n’est plus faux ! Les médicaments chimiques perturbent le métabolisme et peuvent supprimer un symptôme mais entraînent souvent des effets secondaires qui ne justifient pas la prescription. Le corps médical est soumis à la pression des laboratoires pharmaceutiques qui vantent les bienfaits supposés des médicaments et passent sous silence, ou sous-estiment, les dangers potentiels. L’essentiel de la formation post Universitaire des médecins est prise en charge par les laboratoires, sous forme de séminaires durant lesquels interviennent des universitaires réputés, leaders d’opinions.

L’information est aussi biaisée, bien en amont, au niveau de la recherche elle-même et lors des agréments délivrés par les autorités de santé. L’industrie pharmaceutique est suffisamment puissante pour infiltrer et influencer les avis des spécialistes, des experts et des décideurs. Elle finance les travaux de recherche, elle influence les crédits officiels qui sont alloués, elle subventionne les journaux médicaux, les sociétés professionnelles, les congrès et ainsi de suite. Toute la chaîne de la recherche pharmaceutique, depuis l’évaluation clinique des médicaments jusqu’au marketing est sous le contrôle des laboratoires. Les résultats des études cliniques sont rédigés par le labo et signés ensuite par des professeurs d’université qui siègent aussi dans les comités d’évaluation des nouveaux médicaments. Ils sont juges et parties, rémunérés à la fois par l’industrie et par les instances de contrôle. (1)

"Ecoutez, lorsque les effets secondaires de ce médicament se manifesteront, vous oublierez qu'est-ce qui n'allait pas avant".

« Ecoutez, lorsque les effets secondaires de ce médicament se manifesteront, vous oublierez qu’est-ce qui n’allait pas avant ».

 Lors des récents scandales concernant la toxicité cachée des hormones de substitution, du Médiator, de certains anti-inflammatoires (Vioxx) ou de certaines pilules contraceptives, il s’avère à chaque fois une collusion entre le corps médical, les autorités de santé et l’industrie pharmaceutique. L’argent de la drogue légale pollue l’ensemble du système dont nous sommes les victimes.

J’ai passé une grande partie de ma vie dans la recherche des molécules naturelles efficaces pour la santé. Je me souviendrai toujours de mon entrevue avec le Professeur Jean-Michel Alexandre, alors directeur de la commission d’autorisation des médicaments auprès du Ministère de la santé en France. Je venais avec un dossier complet concernant un excellent produit naturel. Le professeur Alexandre, qui n’avait pas lu le dossier m’objecta une fin de recevoir en ces termes : « Monsieur Ponroy, vos produits ne sont pas actifs puisqu’ils n’ont même pas d’effets secondaires ». Peut-on imaginer une telle perversité de la pensée ?  Pour les autorités de santé, infiltrées jusqu’à la moelle par l’industrie pharmaceutique, il n’y a que la chimie qui compte : tout ce qui est naturel n’a aucun intérêt ! C’est le même professeur Alexandre qui vient d’être mis en examen dans l’affaire du Médiator.

Il ne s’agit pas de tout refuser mais d’être vigilant, éveillé, critique et responsable. La meilleure des prescriptions est celle que vous faites vous-même, lorsque vous choisissez votre hygiène de vie et le contenu de votre assiette. Vous êtes alors votre propre médecin.

(1) Lire à ce sujet : « Is drug research trust worthy ? » Scientific American, December 2012, p.43- 49

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