406 – LA SCIENCE EVOLUE SELON NOS CROYANCES

Posted on mars 15, 2013 par

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Les scientifiques se parent souvent de vertus qu’ils n’ont pas. Ils se croient, ou se prétendent, objectifs et indépendants de leurs croyances et de l’a priori de leur époque. Ceci n’est souvent qu’une illusion…

Les humains sont des animaux de compagnie et ont besoin de vivre en groupe. Les jeunes individus construisent leur identité par rapport aux autres membres du groupe par un effet miroir. Ce processus s’appelle l’identification. Autrement dit, nous construisons notre psychisme par modélisation. Dans l’enfance, nos « modèles » sont nos parents et nous tenons notre identité sexuelle en nous identifiant au parent du même sexe que le nôtre. C’est du moins la façon usuelle de se construire.

Il est un sujet qui occupe beaucoup les esprits, et qui fait polémique dans les media, à savoir s’il est pertinent de permettre l’adoption d’enfants aux couples de même sexe. Il est donc logique de s’interroger sur le devenir des enfants élevés par des couples homosexuels et sur leurs modèles d’identification sexuelle ainsi que sur leur stabilité psychologique. Qu’est-ce que dit la science à ce sujet ?

En occident, jusqu’à la fin du 20ème siècle, le modèle standard, considéré comme idéal, Unknownétait celui de deux parents hétérosexuels. Comme l’écrivait la sociologue Sara McLahanan : « Si on nous avait demandé de décrire un système susceptible d’apporter aux enfants leurs besoins de base, nous aurions proposé quelque chose comme deux parents classiques idéaux ». Jusqu’à cette époque, toutes les études sociologiques convergeaient pour affirmer que rien n’était mieux que papa et maman pour assurer un bon développement psychologique de l’enfant. Mais, à l’époque, le questionnement portait essentiellement sur les familles monoparentales, comme l’atteste la parution en 1994 de l’ouvrage intitulé : « Growing up with a single parent » (grandir avec un seul parent).

mariage-adoption-homo-copie Tout a changé à partir de 2001, lorsqu’apparut dans l’American Sociological Review un article montrant qu’il n’y avait que des différences minimes dans le développement psychoaffectif des enfants élevés par des couples homosexuels par rapport aux enfants d’hétérosexuels. Cette absence de différence est ensuite apparue dans des dizaines de rapports, d’études et de commentaires sur la question, au point que cela était devenu comme une évidence que chacun répétait en boucle sur Facebook en citant la conclusion apportée par l’APA (American Parents Association) : « Pas une seule étude a trouvé que des enfants de parents lesbiennes ou gays soient désavantagés en aucun paramètre, par rapport aux enfants de parents hétérosexuels ». L’affaire semblait donc entendue et ces affirmations coïncidaient avec ce que la société avait envie d’entendre.

Mais, une dizaine d’années plus tard, le discours des sociologues a pris une nouvelle orientation suggérant que les parents du même sexe semblaient même plus compétents que les hétérosexuels. Certaines recherches affirmaient que les parents non-hétérosexuels jouissaient d’une bien meilleure relation avec leurs enfants que les couples hétérosexuels et qu’il n’y avait ni troubles cognitifs ou du comportement, ni problème d’identité sexuelle. Ainsi, en 2010, les sociologues américains Judith Tracey et Tim Biblarz écrivaient : « Si l’on se base sur les études scientifiques publiées, nous pouvons supposer que deux femmes sont de meilleurs parents en moyenne qu’un homme et une femme ».

Ces points de vue ont été largement diffusé auprès du public car ils allaient dans le sens du vent de ce que voulaient démontrer les milieux homosexuels qui devenaient de plus en plus influents.

51xL8Fqhf9L._BO2,204,203,200_PIsitb-sticker-arrow-click,TopRight,35,-76_AA300_SH20_OU01_ Il est symptomatique d’observer les changements progressifs de l’argumentation scientifique en fonction des modifications des mentalités et des mœurs de la société occidentale. Cette dérive est pour le moins suspecte, d’autant que nombre d’études portant sur de larges échantillons ont montré, d’une façon permanente et répétée, de nombreuses différences dans le développement psychoaffectif des enfants adoptés et des enfants biologiques. Or, les enfants élevés par des couples homosexuels sont le plus souvent adoptés. Pourquoi ne retrouve t-on pas ces différences dans les études que nous avons citées plus haut ? Il semblerait que ces études portaient sur des petits échantillons et sur des familles sélectionnées qui se savaient l’objet d’une étude sociologique et qui, par conséquent, pouvaient modifier leurs comportements en conséquence.

 Une étude récente vient bouleverser ce consensus et crée la polémique. Elle est présentée comme la seule et la première étude scientifique de grande ampleur concernant des adultes ayant été élevés par des couples homosexuels. Elle fut publiée en Juillet 2012 par le désormais célèbre sociologue Mark Regnerus, de l’Université du Texas à Austin, dans le journal Social Science Research (1). Elle a porté sur 15.000 américains de 18 à 39 ans, choisis de façon aléatoire et représentatifs de la société américaine. Les résultats de cette vaste étude contredisent totalement les travaux parus depuis dix ans. Cette étude, beaucoup plus rigoureuse que les précédentes, montre que les adultes ayant été élevés par un couple homosexuel sont beaucoup plus fréquemment sans emploi, sont plus dépressifs et en moins bonne santé, ils sont plus nombreux à se droguer, à avoir des problèmes avec la justice et une vie sexuelle plus conflictuelle.

  – 19% d’entre eux suivent une psychothérapie pour un syndrome anxio-dépressif contre 8% pour les autres issus de couples hétérosexuels.

–       14% des adultes issus d’un couple de lesbiennes ont été hébergés par une famille d’adoption contre 2% pour les autres.

–       19% ont vécu seul avant l’âge de 18 ans, comparé à 4% pour les autres.

Mais cette étude est critiquée parce qu’il semblerait que l’auteur fasse partie d’un mouvement de chrétiens engagés. Les résultats ont-ils été influencés par ses propres croyances ? C’est possible. Nous voyons donc que les chercheurs ne sont pas aussi neutres et indépendants d’esprit qu’ils le disent. Les résultats de leurs recherches dépendent de leur propre système de valeur.

En fin de compte la question posée se trouve encore sans réponse nette et nous ne savons pas si les troubles enregistrés chez les sujets éduqués par des couples de même sexe sont dus à l’adoption ou bien à l’homosexualité des parents. La morale de l’histoire, c’est qu’il est bien difficile d’étudier des sujets de société dans lesquels chacun détient une idée préconçue !

(1)- Mark Regnerus, Social Science Research, July 2012, p.752-770

« How different are the adults of parents who have same-sex relationship ».