Liberté de ton, Liberté d'opinion
était celui de deux parents hétérosexuels. Comme l’écrivait la sociologue Sara McLahanan : « Si on nous avait demandé de décrire un système susceptible d’apporter aux enfants leurs besoins de base, nous aurions proposé quelque chose comme deux parents classiques idéaux ». Jusqu’à cette époque, toutes les études sociologiques convergeaient pour affirmer que rien n’était mieux que papa et maman pour assurer un bon développement psychologique de l’enfant. Mais, à l’époque, le questionnement portait essentiellement sur les familles monoparentales, comme l’atteste la parution en 1994 de l’ouvrage intitulé : « Growing up with a single parent » (grandir avec un seul parent).
Tout a changé à partir de 2001, lorsqu’apparut dans l’American Sociological Review un article montrant qu’il n’y avait que des différences minimes dans le développement psychoaffectif des enfants élevés par des couples homosexuels par rapport aux enfants d’hétérosexuels. Cette absence de différence est ensuite apparue dans des dizaines de rapports, d’études et de commentaires sur la question, au point que cela était devenu comme une évidence que chacun répétait en boucle sur Facebook en citant la conclusion apportée par l’APA (American Parents Association) : « Pas une seule étude a trouvé que des enfants de parents lesbiennes ou gays soient désavantagés en aucun paramètre, par rapport aux enfants de parents hétérosexuels ». L’affaire semblait donc entendue et ces affirmations coïncidaient avec ce que la société avait envie d’entendre.
Il est symptomatique d’observer les changements progressifs de l’argumentation scientifique en fonction des modifications des mentalités et des mœurs de la société occidentale. Cette dérive est pour le moins suspecte, d’autant que nombre d’études portant sur de larges échantillons ont montré, d’une façon permanente et répétée, de nombreuses différences dans le développement psychoaffectif des enfants adoptés et des enfants biologiques. Or, les enfants élevés par des couples homosexuels sont le plus souvent adoptés. Pourquoi ne retrouve t-on pas ces différences dans les études que nous avons citées plus haut ? Il semblerait que ces études portaient sur des petits échantillons et sur des familles sélectionnées qui se savaient l’objet d’une étude sociologique et qui, par conséquent, pouvaient modifier leurs comportements en conséquence.