444 – BACK TO EUROPE

Posted on juillet 4, 2013 par

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Ce n’est qu’un au-revoir, nous retournerons aux Etats-Unis dans quelques mois. Nous voici à nouveau en Europe et, d’un rapide regard, qu’est-ce qui apparaît ?

Disons-le tout de suite le spectacle est affligeant. Tout d’abord cette histoire d’espionnage des institutions européennes et des ambassades européennes par la NSA, l’Agence de Sécurité Américaine (voir chronique 440 « Relisez 1984 »). Tous les bureaux étaient truffés de micros comme du temps de l’Union Soviétique. Les échanges, les discussions, les rapports, les e-mails, toutes les réunions étaient écoutées par les services américains. Tout cela au moment où les européens entament des discussions commerciales déterminantes avec les USA. Les dès sont pipés ! Les américains lisent notre courrier et connaissent à l’avance nos marges de négociations, ils savent où enfoncer le coin entre les différents pays européens qui ne sont pas toujours d’accord.

images En fait, les européens minimisent, tergiversent et ne font rien, comme d’habitude. Une fois de plus ils se décrédibilisent par lâcheté. Ils devraient immédiatement offrir l’asile politique à Edward Snowden, pourchassé par l’administration américaine et lui garantir l’immunité. Après avoir divulgué les agissements de la NSA, ce jeune garçon devient un héros des temps modernes, un vétitable dissident, comme Julian Assange de Wikileaks ou comme Sakharov en Union Soviétique. A qui fera t-on croire que la lutte contre le terrorisme nécessite l’infiltration des institutions européennes ?

Cet épisode illustre la faiblesse de l’Europe qui, pour sa défense et pour ses moyens modernes de communications dépend totalement des Etats-Unis. Google, Apple, Microsoft, Facebook, Twitter, Yahoo sont américains. Les européens sont consternés car ils prennent soudain conscience de leur dépendance. Ils sont mis sous tutelle et, par voie de conséquence, le gouvernement américain se trouve en droit de les surveiller du coin de l’oeil, comme on surveille un adolescent à qui on ne fait qu’à moitié confiance.

Par ailleurs, nous apprenons que l’Europe compte désormais 28 membres, puisque le Croatie vient de la rejoindre, en catimini, sans consultation démocratique. Ceci illustre la grande faiblesse de l’Europe, un patchwork hétéroclite, un assemblage bancal de particularismes nationaux, une élite politique avec un petit esprit de boutiquier, sans vue d’ensemble, sans élan, sans dynamisme. Quelles sont les bases de l’Europe ? Où est l’esprit européen ? Quel est le principe fondamental unificateur ? Il ne suffit pas d’empiler des Etats les uns sur les autres pour en faire un ensemble cohérent. L’Europe, aujourd’hui, n’a aucune vision et ceci probablement depuis la dislocation de l’empire de Charlemagne. La seule chose que les européens avaient en commun, que cela plaise ou déplaise, c’était la chrétienté, mais ils n’en n’ont pas voulu ! Il ne reste rien, que la laïcité, c’est-à-dire une négation. Vous imaginez qu’un peuple va se souder autour d’une négation ?

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Puisque le tableau est sombre, buvons le calice jusqu’à la lie ! Le chômage des jeunes atteint, en Europe, des sommets et touche 22.8% d’entre eux. Les jeunes diplômés ne cherchent qu’à partir, qu’à fuir et tenter leurs chances ailleurs. Ils n’ont jamais été si nombreux à affluer vers l’Allemagne qui manque de compétences. L’Europe occidentale se trouve confronter à la même situation qui a prévalu il y 40 ans en Europe de l’Est et qui avait justifiée la construction du mur de Berlin: une fuite des cerveaux vers des horizons meilleurs. Quand un pays ruiné commence à perdre ses talents, c’est le début de la fin. Le New York Time vient de publier une tribune intitulée : « The Best Hope for France’s Young ? Get Out », (Le meilleur espoir des jeunes Français ? Partir). Voilà qui en dit long, l’Amérique a toujours su attirer les jeunes diplômés dont la formation ne leur a rien coûté.

"Europe et le taureau", bronze d'Olivia Musgrave

« Europe et le taureau », bronze d’Olivia Musgrave

 L’Europe n’est encore qu’un projet, il lui manque une âme… et c’est sans doute pourquoi elle ne parvient ni à se faire respecter ni à fixer un cap qui puisse rassurer les citoyens. L’Europe n’est pas capable de s’assumer seule. Peut-être que finalement elle pourrait accepter son rattachement aux USA ? Un jour, Zeus, transformé en taureau a déjà enlevé la princesse Europe, fille du roi de Tyr…

 

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