Liberté de ton, Liberté d'opinion
Nous avons déjà écrit combien l’Angleterre n’avait jamais eu de véritables alliances durables en Europe, mais simplement des traités éphémères de « coexistence pacifique ». (voir chronique-libre 365 « Le destin Anglais »). Les continentaux ne mesurent pas toujours à quel point l’Angleterre est une île et entend le rester. Ce qu’elle veut éviter à tout prix, c’est la formation d’une coalition européenne forte dont elle serait exclue. C’est la raison de sa présence au sein de la CEE, mais c’est aussi la raison de son hostilité à plus d’intégration européenne et à l’euro. Elle ne quittera pas l’Europe, mais restera toujours en marge pour en freiner sa constitution et entraver son développement.
Le Royaume-Uni délègue des émissaires dans divers pays européens qui vont démarcher les entreprises en leur proposant des avantages très attractifs s’ils acceptent de déplacer leur holding. Même en Suisse, plusieurs sociétés viennent d’annoncer qu’elles quittaient le territoire pour trouver à Londres des conditions fiscales plus avantageuses. C’est la cas par exemple de Yahoo qui quitte les rives du Léman pour les bords de la Tamise ! David Cameron est prompt à vilipender les pratiques helvétiques, mais continue de couvrir les paradis fiscaux que sont Jersey, Guernesey, les îles Caïmans, les îles Vierges et l’île de Man qui abritent les milliards des fonds non déclarés et auxquels personne ne touche !
Tout cela n’empêche pas David Cameron de faire la morale en matière d’évasion fiscale. Plus que jamais, le Royaume-Uni mérite le qualificatif de « Perfide Albion ». Beaucoup pensent tout bas que les Iles Britanniques pourraient larguer les amarres, sans que le reste de l’Europe n’en soit attristé…