490 – PENSER PAR SOI-MÊME

Posted on décembre 16, 2013 par

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Nous sommes paresseux par nature. Il est parfois difficile de déchiffrer la complexité du monde et nous préférons souvent suivre le mouvement et l’avis des autres. Il est toujours plus facile de suivre les mots d’ordre et de faire confiance à ceux qui prétendent savoir et qui s’expriment à notre place !

 

penser-comme Tout commence au collège où les bons élèves sont ceux qui répètent consciencieusement les leçons du maître. Les classements ne se font pas en fonction de l’originalité mais, au contraire, suivant le degré de consensus par rapport au discours officiel. Au Lycée, la pression se fait plus forte et ceux qui oseraient proposer une autre vision du monde, plus originale, plus frondeuse ou plus iconoclaste, seraient progressivement marginalisés et exclus du système.

Au niveau des études supérieures se retrouvent donc tous ceux qui pensent pareil. Le système éducatif sélectionne ceux qui pensent dans la ligne du parti et ne remettent rien en cause. On leur demande de bien connaître les théories en vogue et de savoir les exposer sans critique. Un élève n’est pas là pour exposer ses idées, mais pour encenser et répéter celles des autres. Il y a un « programme officiel » qu’il convient de suivre à la lettre. Le professeur qui y dérogerait serait rappelé à l’ordre ou congédié. La nation forme ses élites à son image, figée dans ses croyances et ses dogmes. L’enseignement de l’histoire est à cet égard édifiant : la république a édicté son histoire officielle qu’il serait vain de contester en courant le risque d’être étiqueté du qualificatif infamant de « révisionniste » ou de « secte ».

Nos vies sont prises en charges par la médecine et par la science. Tout est planifié et il n’y a pas de place pour l’imprévu. Si vous êtes malade, vous n’êtes pas responsable et il existe un protocole précis et intangible pour chaque maladie. Vous ne vous occupez plus de rien, comme si votre corps ne vous appartenait plus. Il est inutile de chercher ailleurs d’autres méthodes, c’est tout à fait interdit et condamnable. La science est rationnelle et sûre d’elle même. Elle a une explication sur chaque chose et il serait très mal venu de suggérer une proposition alternative. Tout ce qu’elle ne comprend pas n’existe pas, sauf dans la tête de quelques illuminés qui réfléchissent trop.

Réussir, dans la vie professionnelle, consiste avant tout à ne pas faire de vagues. imagesQue vous soyez dans une grande entreprise ou une administration, il vous est demandé de suivre les règles et- surtout- de ne jamais les contester, ni d’en proposer de nouvelles ! Le système pense à votre place et n’a que faire de vos remarques. Si vous voulez monter dans la hiérarchie, ne soyez jamais ni imaginatif, ni original, ni entreprenant. Il peut subsister encore, ici ou là, quelques professions libérales, quelques artisans ou quelques entrepreneurs créatifs. Mais soyez sans crainte, le système veille ! Les créatifs qui sont sortis du rang seront vite rattrapés par une meute de fonctionnaires du fisc ou de contrôleurs tatillons qui leur feront fermer boutique, tôt ou tard.

Quelque soit le sujet, les media ne sont pas là pour nous informer des évènements mais pour nous dire ce qu’il convient d’en penser, ce qu’il est bien d’en dire et surtout ce qui est mal d’en dire. Cette censure implicite fonctionne assez bien parce que l’on ne donne la parole qu’à ceux qui s’expriment selon la pensée dominante. Les media s’affranchissent de la complexité des phénomènes et se contentent de formules simplistes et réductrices. Ainsi, la crise économique est la faute du capitalisme, un point c’est tout et c’est facile à retenir ! Inutile de chercher plus loin…

images-1 De son côté, la démocratie parlementaire consiste à déléguer à d’autres le soin de dire et d’agir à notre place. C’est un renoncement, une démission. Il n’est plus besoin de penser par soi-même, il suffit de suivre les mots d’ordre que chacun répète comme une rengaine, sans avoir besoin de réfléchir. Nous allons sagement faire nos courses au supermarché, chaque samedi matin, et le soir nous regardons le match à la télé sans broncher. Pendant ce temps là le gouvernement s’occupe de notre avenir et prend des décisions trop compliquées pour nous. Dormons sur nos deux oreilles, comme un enfant confiant. Le monde des adultes est trop sérieux et trop ennuyeux pour nous.

Chronique-libre est écrit pour ceux qui pensent par eux mêmes et veulent comprendre le monde dans lequel ils vivent. Nos lecteurs et nous-même sommes des empêcheurs de penser en rond, et fiers de l’être, n’est-ce pas ?