499 – QUEL AVENIR POUR LES RELIGIONS?

Posted on janvier 23, 2014 par

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Nous avions écrit que la nomination du pape François pouvait réveiller l’Eglise Catholique et lui redonner un nouveau souffle. (relire la chronique 409). C’est ce qui semble se dessiner un peu partout dans le monde où l’on note comme un espoir.

Mais, c’est en Europe où la situation est la plus affligeante car elle est minée par un intégrisme laïc qui combat avec acharnement toute forme de spiritualité et d’expression religieuse. Les mouvements religieux traditionnels sont priés de se taire, si ce n’est de se terrer, et en France les nouveaux courants spirituels sont activement poursuivis par la justice, accusés du qualificatif infâmant de « secte » !

UnknownJ’appartiens à cette génération élevée dans la suprématie du rationnel, du logique, du concret, de la science, et qui voue un culte particulier à la matière. Nous avons cru que nous n’avions pas besoin de spirituel et nous nous sommes éloignés de la religion de nos ancêtres. Nous avons fui les temples et les églises, nous avons honni les rites et les célébrations communautaires. Nous n’avons pas transmis à nos enfants l’héritage culturel qui avait bercé notre enfance. Nous avons laissé les politicien bâtir l’Europe sans référence à ses origines chrétiennes. Il s’en suit que l’Europe ne parvient pas à grandir car elle est coupée de ses racines. Nous ressentons aujourd’hui comme un vide, comme un manque, car nous avons sans doute rompu un lien essentiel.

La culture n’est pas seulement constituée d’une somme de connaissances académiques. Elle est le rassemblement d’individus qui partagent la même langue, les mêmes valeurs, les mêmes croyances et qui participent aux mêmes rites. C’est peut-être cela qui nous manque le plus, le rite, les chants, les danses et surtout le partage. La culture est d’abord une communion, une union commune, un échange, un rassemblement. La communauté est au cœur de la culture.

Qu’avons nous aujourd’hui à partager ? Quelles valeurs voulons-nous transmettre ? Unknown-2Quel met délicieux voulons-nous apporter à la table des convives ? Qu’est-ce qui nous mobilise et nous enthousiasme assez pour l’offrir aux autres ? Dans un monde laïc, plus rien n’est sacré. Nous célébrons la république, la science, le sport ou la laïcité. Nous les honorons, les commémorons et nous élevons des temples à leur gloire. Mais ces entités sont coupées de toute transcendance, ce ne sont que des lois et des règlements provisoires, des performances vides de sens, des directives locales. On a remplacé un arbre en fleur par un pieu fiché en terre et pendant ce temps là les églises deviennent des musées !… « Un peuple sans foi ne saurait se tenir debout » assurait Confucius.

Qui va danser, chanter et s’exalter pour le culte de la laïcité, de la raison ou de la république ? Ce sont des coquilles vides, de fausses fleurs synthétiques, coupées de la vie, qui ne peuvent enthousiasmer quiconque, car elles sont sans élévation. L’homme est debout, les pieds bien arrimés au sol et la tête tournée vers le ciel, il est comme le messager entre le ciel et la terre. Il a un besoin millénaire de regarder les étoiles et de rêver à une énergie plus grande que lui, qui le dépasse et où il puise sa force pour avancer vers son destin. La transcendance est la source qui l’anime, c’est-à-dire, littéralement, qui lui donne une âme.

Le spirituel et le sacré constituent cette part de nous même qui nous distingue du monde animal. C’est le spirituel qui nous caractérise et nous rend humain, c’est en quelque sorte le sel de la vie, ce qui lui donne sa saveur. La laïcité est fade et ennuyeuse, elle nous coupe de notre « reliance » avec le sacré, elle fait peut-être de nous de bons petits soldats, des robots obéissants, des citoyens dociles, mais elle éteint notre flamme.

"Maintenant que j'ai mis en ordre le côté matériel, je vais travailler à mon bien-être spirituel".

« Maintenant que j’ai mis en ordre le côté matériel, je vais travailler à mon bien-être spirituel ».

 La notion de Dieu semble être une composante essentielle du psychisme humain, sans préjuger de savoir s’Il existe ou pas. Cette constatation fondamentale fut exprimée par Carl Jung : « L’idée de loi morale, l’idée de Dieu, font partie de la substance première et inexpugnable de l’âme humaine. » Il s’agit bien ici de « l’image de Dieu ». L’idée de Dieu n’affirme pas Dieu, mais seulement sa recherche. Jung ajoute cette phrase remarquable : « En face de toutes les philosophies aux bigarrures infinies, de toutes les religions richement diversifiées, se dressent, suprême instance peut-être de la vérité ou de l’erreur, les données immuables de l’âme humaine ».

Il est donc peut-être temps de renouer avec notre culture traditionnelle, de retrouver nos racines, de rajeunir nos rites, de partager nos valeurs, de protéger les nôtres partout où ils sont combattus et de prendre soin de notre âme. Méditons sur notre héritage chrétien et renouons avec ses valeurs essentielles… C’est peut-être là que se situe l’espoir pour un occident en perte de sens ?