QUELLE EST L’ORIGINE DE LA BARBARIE?

Posted on octobre 6, 2014 par

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Pour les Grecs et les Romains, le barbare était l’étranger. Aujourd’hui nous utilisons le mot « barbarie » pour désigner des actes de grande cruauté ou de grande perversité, indigne de la nature humaine. L’actualité quotidienne nous rapporte quantité d’actes que nous qualifions de barbares.

La barbarie Israèlienne à Gaza en 2014

La barbarie Israèlienne à Gaza en 2014

 Néanmoins, le barbare est toujours l’autre. Nous accusons les djihadistes de barbares mais nous n’employons pas le même qualificatif pour désigner l’intervention américaine en Irak qui était pourtant tout aussi barbare. Dans le même temps où les djihadistes exécutent des otages avec la plus grande cruauté, Israël anéantit la bande de Gaza et massacre les populations civiles, sans que l’Occident n’émette la moindre critique ! Autant le dire tout de suite, les barbares sont partout et, probablement, chaque homme peut devenir un jour un barbare dans certaines circonstances.

L’histoire de l’humanité est émaillée, à toutes les époques et en tous lieux, de barbaries épouvantables. Nous n’en ferons pas ici l’énumération car il nous faudrait des pages pour les relater toutes et il en manquerait encore que l’histoire n’a pas retenues. Il apparaît clairement que la barbarie est une activité spécifiquement humaine, réservée à l’espèce qui serait la plus aboutie et la plus perfectionnée dans le processus de l’évolution naturelle ! La barbarie n’est donc pas un « acte inhumain », comme certains se plaisent à le dire, mais au contraire spécifiquement humain, réservée à l’espèce humaine capable de toutes les perversités ! L’animal n’est pas barbare, il protège son espèce, son clan, son territoire, sa progéniture, sans perversité et sans sadisme…

La barbarie, en quelque sorte, déshonore l’espèce humaine, et il semble opportun de se poser la question de son origine et des conditions de son déclenchement. Remarquons tout d’abord que l’homme porte en lui un potentiel non négligeable de sadisme qu’il exerce dès son plus jeune âge. Il suffit d’observer un enfant arracher une à une les pattes d’une araignée ou dépecer une grenouille vivante pour se faire une idée du plaisir qu’il en retire. Les élevages industriels et les abattoirs donnent une autre idée du sadisme et de la cruauté totale de l’espèce humaine. La télévision ne vous les montre pas afin de laisser votre bonne conscience en paix, mais nous participons tous à cette barbarie. En fait, nous ne disons pas que ces actes sont barbares car ils concernent une autre espèce que la nôtre : elle ne mérite donc pas notre compassion…

Barbarie Djihadiste à l'oeuvre

Barbarie Djihadiste à l’oeuvre

 Le manque de compassion du djihadiste qui exécute cruellement un otage est du même ordre que le manque de compassion du tueur dans un abattoir, car la mort concerne l’autre en tant qu’étranger ou qu’ennemi. Nous pleurons un otage français qui peut être notre frère, nous pleurons moins un otage Anglais qui n’est qu’un cousin et nous ne pleurons pas du tout un otage musulman que nous rangeons implicitement dans le camp de l’ennemi ! Nous pouvons conclure que l’on devient vite barbare dès lors que l’acte de barbarie s’exerce sur l’autre en tant qu’étranger, venant d’ailleurs, et aussitôt assimilé en tant qu’ennemi.

A partir de quel moment un individu ou un groupe peut devenir barbare ? Quels sont les facteurs déclenchants ? Il semble que la haine et la peur sous-tendent la barbarie exercée sur d’autres hommes. La haine, sentiment très humain, nous fait perdre ce dont nous sommes le plus fiers : notre humanité. La haine de l’autre provient du ressentiment, de la frustration, de l’humiliation ou parfois de la jalousie. Il y a dans la haine un désir de vengeance, une blessure refoulée, enfouie parfois au fond de l’inconscient, c’est pourquoi il y des haines qui nous dépassent et qui nous étonnent.

Le djihadiste porte en lui l’humiliation que son peuple a subi, mis sous tutelle par l’Occident.

Une religion aliénante

Une religion aliénante

Humiliation des exactions et des guerres que les européens, puis les américains, perpétuent au Moyen-Orient depuis des lustres. Chaque jour le monde musulman est humilié par Israël avec l’aide des américains. Le conflit israélo-palestinien est un conflit symbole où, depuis deux générations, le droit et la justice sont bafoués et le peuple est humilié, martyrisé, quotidiennement. Le djihadisme se nourrit de tous ces ressentiments et aussi du décalage technologique et économique entre l’occident prospère et le monde musulman resté archaïque, emprisonné par une religion aliénante. En outre, le monde musulman considère que les moeurs de l’occident sont décadentes et nous rejette dans le camp des barbares et des mécréants.

De son côté, Israël conduit ses exactions barbares, comme une vengeance de tout ce que son peuple a subi lorsqu’il était lui-même martyr et bouc émissaire. La victime devient bourreau suivant une dialectique millénaire, jusqu’à ce que son ressentiment soit assouvi.

La haine se nourrit de la haine et la barbarie engendre la barbarie dans un cycle infernal. La guerre est une course à la barbarie, une émulation dans le degré de barbarie. L’occident a mis le Moyen Orient à feu et à sang, il devra en payer les conséquences. La vengeance est loin d’être apaisée et le musulman des banlieues, désoeuvré et en manque de reconnaissance peut se sentir concerné par ce ressentiment profond qui touche tout son peuple. L’humiliation qu’il ressent quotidiennement autour de lui fait écho à l’humiliation de sa culture et de sa race.

Finalement, le ressentiment est ce qui conduit à rejeter l’autre dans le camp de l’ennemi, de l’étranger, et il permet d’exercer sur lui toutes les barbaries, en toute bonne conscience. Nous sommes toujours le barbare de l’autre. La haine n’est assouvie que lorsque les ennemis trouvent un bouc émissaire à immoler. La vengeance se transcende alors et se dirige vers la victime sacrificielle qui expie toutes les violences. Les victimes expiatoires peuvent être aussi imposées par le hasard, sous forme par exemple, d’une épidémie meurtrière et salvatrice à la fois…

 

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