CROYEZ-VOUS AU HASARD?

Posted on septembre 29, 2014 par

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La notion de hasard est une des plus importante question que se pose la science fondamentale. La question est de savoir si tout ce qui est dans l’Univers dépend du hasard ou, au contraire, repose sur un ordre profond. Cette question est aussi métaphysique et il se pourrait que nous soyons tout proche de la réponse définitive…

Je ne sais pas à quel camp vous appartenez, à ceux qui croient au hasard ou à ceux qui pensent que le hasard n’existe pas et que tout est prédéterminé. Dans le camp du hasard on trouve d’éminents scientifiques comme le physicien Niels Bohr ou le biologiste français, prix Nobel, Jacques Monod qui, dans un pamphlet philosophico biologique assez fumeux, dénommé « Le hasard et la nécessité », nous livrait cette formule péremptoire et définitive devenue célèbre : « Tout ce qui existe dans l’univers est le fruit du hasard et de la nécessité ». L’homme est en quelque sorte prisonnier et esclave à la fois de son code génétique et de son destin, l’un et l’autre aléatoire. Nous ne serions que le fruit d’atomes et de molécules qui, à force de s’entrechoquer depuis la nuit des temps, ont fini par engendrer le cosmos et la vie. En quelque sorte, Dieu est remplacé par le hasard…

Dans le camp de ceux qui refusent de donner au hasard la moindre place dans l’univers on thtrouve, au premier rang, Albert Einstein qui lança un jour à l’adresse de Bohr cette phrase encore célèbre : « Gott würfelt nicht ! » (Dieu ne joue pas aux dés). Pour l’auteur de la théorie de la relativité l’univers est calculable, déterminé, prévisible et rien n’est laissé au hasard. Autrement dit « l’ordre règne dans l’Univers ». Cela fait près d’un siècle que la controverse est ouverte et que le débat prend de l’ampleur, mais les dernières données de la physique approchent de la réponse.

Pour traquer le hasard, il faut partir à la quête du commencement, de l’origine, du fameux Big-Bang et même avant. Etait-ce le chaos primordial qui donna progressivement naissance à l’ordre de la nature ? Ou bien tout était-il déjà prévu, programmé et n’attendait que le déclenchement d’une suite d’interactions selon le processus de cause à effet ?

Ce qui est étrange, c’est la précision des lois physiques. La moindre variation dans un sens ou dans un autre et plus rien n’aurait été possible. Donnons des exemples qui défient les lois du hasard. Il existe des dizaines de paramètres cosmologiques d’une extrême précision qui ont rendu possible la naissance de notre Univers. Ainsi le calcul de la force de gravitation montre que « l’Univers n’avait qu’une chance sur 10.000 milliards de milliards de milliards de milliards de tomber juste sur la bonne valeur », sans laquelle rien n’existerait ! C’est ce qui a fait dire à Einstein : « L’idée que l’ordre et la précision de l’Univers, dans ses aspects innombrables, seraient le résultat d’un hasard aveugle est aussi peu crédible que si, après l’explosion d’une imprimerie, tous les caractères retombaient à terre dans l’ordre du dictionnaire ».

A un autre niveau, la formation d’un noyau de carbone est aussi finement réglé. Il suffirait d’une infime variation du degré d’agitation interne du noyau pour que l’atome de Carbone ne soit pas stable et c’est toute la vie sur terre qui eut été impossible ! L’assemblage de la molécule d’ADN constitue un autre exemple qui balaye la possibilité du hasard puisque la probabilité qu’il en soit ainsi n’était que de 1 sur 10 puissance 40.000, un chiffre très supérieur au nombre de particules élémentaires dans tout l’Univers. Dans ces conditions, on ne voit pas où se logerait le moindre hasard.

Néanmoins, certains scientifiques continuent à miser sur le hasard pour expliquer le cosmos et la vie ainsi que son évolution. Car, parler de « code cosmologique », qui serait comme un message présent avant le Big-Bang et qui contiendrait toute l’information de l’Univers avant même qu’il existe, c’est, d’une certaine manière, être « créationniste » ! Dans ce contexte, avant le Big-Bang, c’est-à-dire avant la matière et l’énergie, il n’y avait que de l’information sous forme d’un code cosmologique, « une sorte de programme mathématique implacable, que nous pourrions comparer au code génétique pour un être vivant ». Ce code d’où tout découle a organisé tous les phénomènes physiques qui ont émergé dans notre univers.

Unknown Pour enrichir ces réflexions, je vous conseille la lecture du livre remarquable écrit par les frères Bogdanov : « La fin du hasard ». C’est un livre qui se lit comme un roman et qui nous fait revivre les grandes péripéties qui ont occupé les plus grands physiciens et mathématiciens depuis un siècle. C’est palpitant et facile à lire, au point qu’en le lisant on se sent intelligent ! Je vous assure que vous ne serez pas déçu !…

Ce livre débouche nécessairement sur une double interrogation métaphysique qui méritera bien une nouvelle chronique : tout d’abord, la fin du hasard en physique fait-elle de nous des objets soumis à des lois qui nous dépassent et nous privent de liberté, tels des pantins manipulés ? Ensuite, si le « code cosmologique » remplace désormais le hasard dans l’émergence de l’Univers, d’où vient ce code, renferme t-il un message et qui l’aurait écrit ?

 

Il est ici tentant de rapprocher ce code cosmologique, inscrit au cœur de l’univers sous forme d’équations mathématiques, avec ce que Saint Jean dénommait le logos, la parole, l’information fondatrice. Dès lors, on prend conscience combien il est ridicule d’opposer science et Dieu puisque les deux approches se retrouvent sur la même interrogation et le même mystère : d’où vient l’univers ?