538 – PETITES LECONS D’ECONOMIE (2ème partie)

Posted on novembre 10, 2014 par

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Il n’est pas possible de se soustraire aux grandes lois de l’économie, pas plus que l’on peut échapper à la force de gravitation. Il est cependant encore des gouvernements, en France ou en Italie, qui s’imaginent que les lois de l’économie sont flexibles et que l’on peut les tordre à volonté, comme nous l’avons vu dans notre précédente chronique. Nous poursuivons aujourd’hui notre tour d’horizon.

1 – Parlons de l’inflation et de la déflation. L’inflation se caractérise par une augmentation des prix et une augmentation des taux d’emprunt. Ce phénomène peut survenir lors de deux circonstances différentes : soit lors d’une trop forte activité économique et de manque de main d’œuvre, les salaires augmentent vite ainsi que le prix des matières premières et donc aussi le prix des biens et des services. Soit lorsque la Banque centrale crée une grande quantité de monnaie, sans contrepartie économique, comme c’est le cas actuellement. La création monétaire a pour effet de diminuer la valeur intrinsèque d’une monnaie. Mais cette valeur est subjective et repose sur la confiance. Tant que tout le monde a confiance en l’Euro, il gardera sa valeur par rapport aux autres monnaies et aux matières premières. Si soudain la confiance est perdue, il faudra plus d’Euros pour acheter la même chose.

1396444918_inflation_zoom La déflation est un peu le mécanisme inverse. Si l’économie est anémique et la consommation en baisse, comme actuellement, les prix baissent car l’offre est forte et la demande faible. Nous observons déjà une baisse significative de l’immobilier dans de nombreux pays, mais aussi une baisse de nombreux biens de consommation. Cela signifie qu’à salaire égal, vous pouvez acheter plus de choses. La déflation est bonne pour le consommateur que nous sommes. Pourtant, vous pouvez constater combien les gouvernants semblent être effrayés par ce qu’ils appellent le « spectre de la déflation ». En effet, ce qui est bon pour nous n’est pas nécessairement bon pour les Etats surendettés. En cas de déflation les impôts rentrent moins et, surtout, la dette augmente en valeur relative par rapport à la richesse nationale. Au contraire, l’Etat aime l’inflation qui rogne votre pouvoir d’achat et qui n’est qu’un impôt déguisé. L’Etat rêve de rembourser sa dette en monnaie dévaluée !…

C’est ainsi que les Etats endettés font tout pour créer de l’inflation en suppliant les Banques Centrales d’imprimer de la monnaie en grande quantité afin de pouvoir continuer à leur emprunter à des taux très bas. Mais nous avons vu dans notre dernière chronique que cela avait pour effet d’enrichir les riches et d’appauvrir les pauvres, ce qui est le cadet des soucis de ceux qui vous gouvernent. Ils ne cherchent nullement votre bonheur, ils veulent seulement garder le pouvoir et pour cela ils cherchent à acheter vos voix avec de l’argent facile. Faut-il rappeler que durant un siècle, à l’époque de la révolution industrielle du 19ème siècle, du temps de l’étalon-or, les monnaies étaient stables, sans inflation, et l’économie était prospère?

2 – La grande question qui se pose à nouveau est de savoir si l’Euro peut survivre. Il y a quelques années les finances catastrophiques de la Grèce ont failli précipiter l’Euro dans le précipice. Aujourd’hui l’Euro n’est déjà plus homogène et il n’a pas la même valeur d’un pays à l’autre : l’Allemagne emprunte au taux de 0,8%, la France doit offrir 1.3%, l’Italie 2.6%, le Portugal 3.5% et la Grèce 8%. C’est-à-dire que les pays qui empruntent avec des taux plus élevés ont un handicap de départ avec ceux qui ont des taux très bas. Or, ce sont les pays qui ont les taux les plus hauts qui sont déjà le plus mal en point ! Cette situation ne pourra pas durer indéfiniment car l’écart va se creuser entre les pays rigoureux, qui ont des finances saines, et ceux qui ont des finances en mauvais état.

 Nous approchons de la minute de vérité avec l’attitude irresponsable de la France et de l’Italie qui refusent de faire les réformes indispensables pour gagner en compétitivité et retrouver un peu de vertu en matière d’équilibre budgétaire. L’Euro va être secoué une nouvelle fois et il va bien falloir prendre des décisions. Depuis longtemps nous considérons comme inévitable la scission de l’euro en deux, un Euro du Nord pour les bons élèves et un Euro du Sud pour les mauvais élèves. C’est la situation à laquelle il faut se préparer et les gouvernements Français et Italien en porteront la responsabilité entière. Nous pronostiquons que les taux auxquels ces deux pays empruntent vont prochainement se tendre, cela sera le début de la fin.

L'Europe sera fédérale ou ne sera pas!

L’Europe sera fédérale ou ne sera pas!

 L’Euro est supposé être une monnaie commune. Pour cela il faudrait des politiques économiques et fiscales communes, des règles budgétaires intangibles. Or, les pays qui ont établi ces règles et les ont signées ne les respectent pas et s’en vantent ! L’Europe ne survivra pas s’il n’y a pas un système fédéral, comme aux USA, avec un impôt Fédéral commun et un budget Fédéral, puis des impôts nationaux au gré de chaque nation.

Une nouvelle fois l’Europe est confrontée à son destin. Nous remarquerons que ce sont les gouvernants qui ont mal géré les pays. Ce sont eux qui, pour être élus, font des promesses mensongères et achètent nos voix avec de l’argent qu’ils empruntent. Mais, c’est nous, nos enfants et petits enfants qui seront responsables en dernier ressort pour éponger leurs dettes. La démocratie parlementaire est à bout de souffle. C’est donc à nous de décider des orientations, c’est au peuple auquel il faut donner la parole, c’est lui qui doit décider des dépenses, des déficits, des subventions et des impôts. Nous militons pour cette démocratie directe qui seule peut sauver la démocratie. Le peuple doit se soulever pour réclamer des référendums sur chaque sujet de société, sur chaque décision à prendre, au niveau local, au niveau national et au niveau fédéral…

Nous poursuivrons notre trilogie économique dans notre prochaine chronique et nous poserons la question suivante : la croissance est-elle possible, est-elle souhaitable, est-elle indispensable ?

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