540 – ÊTES VOUS REAC ?

Posted on novembre 24, 2014 par

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Le « réactionnaire » est un insoumis, assoiffé d’idéal, épris de liberté, allergique au politiquement correcte et à l’idéologie dominante de la bigoterie bobo.

L’écrivain Denis Tillinac a eu un certain courage en publiant un livre à contre-courant, au titre provocateur suivant : « Du bonheur d’être réac ». Cet essai revigorant plaira à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans les diktats des flics de la pensée qui monopolisent la parole dans les media, ces « émules de Tartuffe déguisés en Saint Just ». Si ce préliminaire fait naître en vous quelque écho, lisez ce livre, il vous mettra un peu de baume au cœur, vous vous sentirez moins seul et vous apprécierez le style, percutant mais léger, accusateur mais sans ressentiment. Une critique en règle d’une certaine modernité qui s’avachit dans le narcissisme.

Unknown L’auteur passe en revue les raisons pour lesquelles le réac est « mal dans son siècle ». Il prend tout d’abord ses distances par rapport à ceux qui monopolisent la parole dans les media et n’acceptent pas la controverse : « j’ai tendance à les considérer comme les bulletins paroissiaux d’un cléricalisme dont la religion n’est pas la mienne ». Être réac, c’est « être en réaction contre les tendances de l’époque », ce qui n’a rien à voir avec une quelconque nostalgie d’un ordre ancien ni avec la recherche d’une Restauration.

Le réac a la tache difficile et il sait qu’il « rame à contre-courant sur un fleuve déchaîné ». Il prône avant tout la liberté de pensée, face aux « gardes-chiourmes de l’Empire du bien » dont les valeurs ne sont « rien de plus qu’un calfeutrage de leur ego dans le cocon d’une bonne conscience ». Le réac est en marge des tocades éphémères et des modes au goût du jour, « il n’a pas lu le livre « événement », il n ‘a pas vu le film « culte » ou la vidéo « choc », il n’a pas idolâtré le footballeur « mythique » ». Les yeux et les oreilles du réac ne sont pas dans l’actualité mais dans le temps long de l’histoire, dans ce qu’il y a de permanent dans l’âme humaine en dehors des utopies à la mode.

Dans ses valeurs fondamentales, le réac place « l’honneur plus haut que l’intérêt, que le bon sens, que la raison, que la loi ». Il a le sens de l’héritage et évalue avec gratitude ce qu’il doit à ses ascendants, et en particulier le terreau spirituel, la langue, la civilisation, la culture. Il s’y perçoit comme un maillon. Il a le sens de la religiosité et pour lui, « que chaque acte soit une célébration, chaque regard une contemplation, chaque passion une oraison ». Il sait « choisir ce qui nourrit l’esprit, éliminer ce qui l’engraisse, ou l’encrasse ». Il savoure le bonheur, comme on cultive son jardin, « gorgée par gorgée » et, « prendre son temps est le seul biais pour ne pas le dissiper ». tout le contraire du « moderne qui alterne le speed et le cool, mais toujours dans la précipitation ».

Le réac a le sens de la pudeur. Il refuse les confidences, les aveux et les exhibitions du moi car il ne veut « rien concéder à l’obscénité de la « transparence » ». En effet, « Big Brother veut tout savoir, tes souvenirs, tes amours, ton fric, ton vote, tes rêves et leurs décors. En cas de besoin il a dans sa manche des « journalistes d’investigation ». Sa crainte est que dans les replis intimes naisse une conscience libre ». Il condamne « la religion de l’aveu, avec la banalisation de la sexualité et la démocratisation du porno ».

Disons-le, le réac n’est pas aimé parce « qu’il n’est embrigadable nulle part ». Il vit dans une images-1certaine solitude, un « exil intérieur » où il se tient toujours aux aguets car « la meute n’est jamais loin, il l’entend aboyer à la télé, à la radio. Le danger pour lui serait d’aller depuis les dérives de l’amertume « vers les nausées de la rancœur » et de s’y complaire. Il doit donc prendre de la distance et apprendre à philosopher.

Mais, par dessus tout, le bonheur du réac est immense, qu’il puise dans « la griserie de la liberté ». Il aime la pensée libre, celle qui se déroule en dehors des clans, des chapelles, des partis. C’est un franc-tireur, « il n’est ni encarté, ni syndiqué, ça lui épargne les réunions, les motions, les pétitions, les manifs et leurs slogans, toutes les servitudes de l’affiliation ».

Le réac se souvient que c’est Staline qui est l’inventeur du « ministère de la culture » et c’est sans doute pourquoi « le principe même d’une culture dirigée et subventionnée par les pouvoirs publics lui inspire de la suspicion. Dirigée vers où ? en vertu de quels critères ? édictés par quels fonctionnaires ?… Il ne croit pas que tout se vaut, cet article du credo moderne, selon lequel il est illégitime de hiérarchiser l’émotion esthétique. Entre Mozart et le rap, entre Vermeer et le tag, il discerne un fossé qualitatif. »

De tout cela il découle que le réac ose parler de décadence. « Quel autre mot définirait mieux ce mélange nauséeux d’avachissement dépressif, d’émotivité hébétée et de hargne vindicative ? Lequel dirait mieux la veulerie des politiques, la goujaterie des puissants, la tyrannie des enfants ? »

Unknown-2 Vous l’aurez compris « Le Bonheur d’être réac » est un livre subversif qui fait du bien aux neurones et à l’âme de tous ceux qui n’aiment pas le conformisme des pensées toutes faites que nous assènent les media et qu’il faudrait répéter comme un mantra. Mais le réac n’est pas un dogmatique et il n’est jamais tout à fait sûr d’avoir raison. Il pressent que ça finira mal, mais il admet qu’il peut se tromper. « Le vrai réac a toujours dans sa musette l’idée alternative à celle qu’il soutient ». Ce réac là a toute notre sympathie, pour sa fringale de liberté !… Il fait sans doute parti de la « majorité silencieuse » qui ne défile pas de la Bastille à la Nation mais qui observe avec lucidité une société qui se délite par la lâcheté de ses élites.

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