551 – PODEMOS O NO PODEMOS ?

Posted on février 9, 2015 par

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Nous sommes en Espagne pour voir où en est le pays après le vote Grec. C’est en effet ici que se jouera le destin de l’Euro, suivant l’attitude des autorités Européennes face au chantage du nouveau gouvernement grec.

Nous avons toujours dit que l’économie Grecque était inconciliable avec un euro digne de ce nom. Les centaines de milliards engloutis par les déficits Grecs ne réussiront jamais à rendre le pays compétitif face aux autres pays européens. Même la cure d’austérité la plus drastique ne permettra pas au pays d’avoir une administration efficace et bien organisée, ni aux entreprises industrielles vieillottes de devenir modernes. La Grèce doit retrouver sa monnaie et repartir d’un nouveau pied en construisant son avenir, au lieu d’user son énergie à demander des subsides aux autres.

La façon dont l’Europe va traiter le problème Grec va déterminer le destin de la monnaie commune. En effet, si l’Europe est ferme vis à vis des demandes greques et prépare sa sortie de l’euro, les autres pays ne seront plus tentés par des votes extrémistes en faveur de partis politiques qui prétendent que l’on peut continuer indéfiniment à s’endetter et que l’austérité est inutile ou même nuisible. Ils verront en « live » où mène une politique économique suicidaire qui ne tient pas compte des réalités. C’est malheureux à dire, mais le désastre de la Grèce sera le remède salutaire contre tous ceux qui ne veulent pas se réformer.

Le Grec Alexis Tsipras et son ami l'Espagnol Pablo Iglesias: ces deux là peuvent faire éclater l'Europe.

Le Grec Alexis Tsipras et son ami l’Espagnol Pablo Iglesias: ces deux là peuvent faire exploser l’Europe.

 Au contraire, si l’Europe continue à porter la Grèce à bout de bras et cède à son chantage, la contagion sera immédiate dans les pays qui eux aussi souffrent de la crise et doivent se réformer. En 2015, les espagnols doivent voter et sont très tentés d’imiter la Grèce, si celle-ci obtient gain de cause. Le tout nouveau parti «Podemos» de Pablo Iglesias est sur la même longueur d’onde que le nouveau gouvernement grec. Il dénonce les mesures d’économie et d’austérité du gouvernement actuel et veulent renverser la « caste » des partis Politiques traditionnels. Podemos (« Nous pouvons »), qui vient de fêter son premier anniversaire, a le vent en poupe et, selon les derniers sondages, est déjà le deuxième parti espagnol devant les socialistes ! Podemos a les mêmes revendications que le parti du Grec Tsipras et, comme lui, peut gagner les prochaines élections de 2015. Les jours qui viennent vont être décisifs. Si les européens sont faibles vis à vis de la Grèce, la contagion sera immédiate : Podemos formera le prochain gouvernement espagnol et le Front National formera le prochain gouvernement français. Autant dire que l’Europe volera en éclat et sera pulvérisée !…

L’Espagne a beaucoup souffert ces dernières années mais le nouveau gouvernement a effectué des réformes courageuses qui commencent à porter leurs fruits. Un certain optimisme se fait à nouveau sentir, bien que la route sera encore longue. L’Espagne a eu le mérite de faire des réformes que ni la France, ni l’Italie n’ont été capables de réaliser car ils sont gouvernés par des démagogues irresponsables qui ne sont intéressés que par le pouvoir. Il est compréhensible que les citoyens auxquels les partis traditionnels, de gauche ou de droite, mentent effrontément depuis des années, veuillent en finir avec cette caste odieuse, première responsable de la très grave crise économique, conséquence du surendettement. En ce sens, Podemos recueille la sympathie d’un très large public en Espagne et ailleurs. Nous étions habitués au bipartisme et soudain surgit un troisième parti qui oblige à rebattre les cartes ; cela est salutaire.

Mais Syriza, Podemos et le Front National proposent une sorte de National-Socialisme avec un renforcement de l’Etat Providence et un désengagement des dettes énormes contractées par les gouvernements précédents. Ce sont des programmes idéalistes qui font fis des contraintes économiques auxquelles nul ne peut échapper, qu’il soit de droite ou de gauche ou à quelque extrême où il se trouve. Nous serons tenus de rembourser nos dettes, aussi douloureux que cela soit, et si nous ne le faisions pas, nous sommes assurés de vivre une terrible régression sociale. Le Premier Ministre espagnol, Mariano Rajoy, eut cet habile jeu de mots : «  No podemos jurgarnos el futuro a la ruleta rusa de la frivolidad. No podemos » (Nous ne pouvons pas jouer notre avenir à la roulette russe de la frivolité. Nous ne pouvons pas).

images Ainsi, pour venir à bout du problème grec, on nous parle déjà « d’obligations perpétuelles » ou « d’obligations indexées sur la croissance grecque ». Comme le dit un économiste français : « indexation sur la croissance en Grèce ?! Pourquoi pas sur le froid polaire au Sahara ou la canicule au Groenland ! ». Une telle faiblesse serait coupable car elle favorise le laxisme budgétaire de toute l’Europe.

Voilà où en est l’Europe en ce début d’une année décisive pour son destin et pour le notre. Notre seule chance, c’est qu’il existe à Berlin une femme qui a encore la tête sur les deux épaules, contrairement à bien d’autres Capitales. Si nous ne l’écoutons pas nous serons balayés de l’histoire par un vent mauvais qui déjà se lève…

 

 

Posted in: Economie, Politique