566 – LA FIN D’UN MONDE?

Posted on mai 25, 2015 par

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Où va l’humanité ? Où va la civilisation ? Où va la culture Occidentale ? Ces questions me hantent et je suis à la recherche de « signes » pour décrypter les orientations possibles. Certains signes me font peur tout en espérant qu’ils soient sans signification…

455px-Situation_géo 1 – L’humanité serait née quelque part dans une immense cuvette, dans cette profonde et longue dépression qui parcourt l’Afrique de l’Est, du Nord au Sud, dénommée le Rift Africain, qui s’étend de la mer Rouge jusqu’à la Zambie. C’est là, dans ce gigantesque bassin sédimentaire, où s’égrainent, sur plus de 6000 kms, une myriade de grands lacs dont les plus célèbres sont les lacs Victoria, Tanganyika, Malawi, etc, que se seraient développés les premiers hominidés il y quelques millions d’années.

C’est en Ethiopie qu’Yves Coppens découvrit le squelette de la jeune Australopithèque dénommée Lucy, sans que l’on sache très bien si elle fut notre ancêtre, ou une tante, qui vivait là il y 2,5 millions d’années. Toujours est-il que les chercheurs semblent s’accorder sur notre lointaine origine africaine. Cette théorie vraisemblable prit le nom de « Out of Africa ». Il est amusant que cela soit aussi le nom d’un film d’amour tourné précisément dans la région du grand Rift aux paysages sublimes.

Mais ce qui est étrange, c’est que les pays qui sont traversés par le Rift Africain sonnent à nos oreilles comme autant de drames humanitaires et de guerres atroces, une longue litanie macabre : Erythrée, Ethiopie, Ouganda, Rwanda, Burundi… C’est dans ce fameux berceau de l’humanité que notre siècle a généré les pires atrocités, comme s’il s’agissait d’un avertissement, d’un signe de l’autodestruction de l’humanité qui se retourne contre ses propres origines !

2 – Ces hominidés ont migré vers l’hémisphère Nord et se sont établis Unknowndans diverses régions Indo-Européennes. Parmi ces régions, il en est une qui est considérée comme le berceau de notre culture et de notre civilisation. Cette région est décrite sous le nom de Mésopotamie et se situe principalement entre les rives du Tigre et de l’Euphrate, au Moyen-Orient, là où se rencontrent l’Afrique, L’Asie et l’Europe. Il y a 4000 ans la Mésopotamie fut le phare de l’humanité et, sous l’impulsion d’Hammourabi, la célèbre Babylone devint le symbole de la civilisation dont nous sommes issus.

Ce sont dans ces plaines limoneuses et fertiles que se créa une civilisation prospère et inventive qui fit faire un bond décisif à l’humanité : organisation sociale, administrative, politique, législative ; invention de l’écriture, du commerce, de l’agriculture, de l’urbanisme et de la notion d’Etat. Cette civilisation Suméro-Akkadienne va briller pendant 3 millénaires et rayonner alentour puis essaimer jusqu’à constituer l’assise de notre civilisation Occidentale.

N’est-il pas étrange que ce berceau de la civilisation soit aujourd’hui à feu et à sang ? Faut-il encore y voir un signe ? N’est-ce pas l’Occident qui a décidé et mis en œuvre la destruction de l’Irak y générant une telle haine qu’elle irradie aujourd’hui en Syrie, c’est-à-dire à l’emplacement exact du royaume de Sumer ? N’est-ce pas, là encore, un signe de notre autodestruction ?

3 – Pendant des millénaires nous avons vécu en osmose avec la nature. Nous y avons puisé notre subsistance et nous l’avons respectée car elle faisait partie de nous même. Nous ne faisions qu’un avec elle, nous étions ses enfants, nous faisions partie de sa famille. Nous étions intégrés dans le monde du vivant et nous nous reconnaissions dans le regard du loup ou de l’aigle, nos frères. Ce profond sentiment d’unité a porté l’humanité jusqu’à l’aube de l’ère industrielle, lorsque l’homme s’est gonflé d’orgueil et a cru que ses capacités inventives lui donnait tous les droits et pouvait l’affranchir de ses liens avec la nature.

Nous avons acquis un sentiment de toute puissance qui nous a amené non seulement à s’éloigner de la nature mais encore à vouloir la dominer, la dépouiller, sans plus aucun respect et même jusqu’à la souiller en devenant le dépotoir de nos déchets, y compris les plus toxiques. Les mégapoles sont devenus le symbole de la toute puissance de l’homme et de sa coupure avec la nature.

images-3La façon dont nous traitons les animaux dans les élevages industrielles et la façon dont nous les tuons sont le reflet de l’état pathologique de notre psyché. Il est en effet utile de faire lien entre nos maladies qui font échos avec les maux dont souffre la terre, particulièrement les troubles psychiques prépondérants dans les grandes villes. L’homme est aujourd’hui morcelé, éparpillé, mutilé, dans un univers artificiel dans lequel il se prend pour dieu. La culture contemporaine nous a coupé de la nature.

Je veux voir un lien signifiant entre ces trois évènements, non pas une relation de cause à effet, mais une synchronicité qui nous interpelle. Qui peut nier que l’humanité est en danger ? Qui peut prétendre que la civilisation Occidentale ne risque pas de s’effondrer ? Qui peut affirmer que nous sommes indifférents et imperméables aux maux de la nature ? Nous manquons d’amour et de compassion pour nous même en tant qu’homme, pour notre civilisation et pour la terre. Il nous faut remonter aux sources, là où sévissent la guerre et la destruction, à tous les niveaux de nos origines, pour y semer la paix et la réconciliation. Il faut revenir à l’harmonie entre toutes nos composantes et à l’unité fondatrice.

La mort, qui rode dans le grand Rift Africain, dans l’ancienne Mésopotamie et dans nos campagnes, nous menace et nous concerne tous, elle touche à nos origines, à notre fondement et me fait peur. Mais nous sommes aujourd’hui trop éloignés de nos ancêtres africains, trop étrangers à l’origine de notre culture, trop coupés de la nature, pour nous préoccuper de leurs maux ! Nous devons d’abord apprendre de meilleures manières de vivre et reconnecter notre désir de vivre. De tels changements ne se décrètent pas, ils ne peuvent sourdre que de l’intérieur, lorsque le cœur est touché…