590 – POUR UNE POLITIQUE ECONOMIQUE

Posted on novembre 9, 2015 par

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Les quatre grands dangers qui menacent une économie sont les suivants :

  • un endettement massif,

  • une création monétaire excessive,

  • un carcan administratif inhibant et,

  • une inflation hors contrôle.

Les trois premiers paramètres ci-dessus tournent déjà à plein régime et le quatrième sera dévastateur lorsqu’il s’enclenchera.

1- Il y a une trentaine d’années, les démagogues ont pris le pouvoir dans les démocraties occidentales. Les divers partis politiques se sont lancés dans une surenchère de promesses électorales démagogiques afin d’être élus. En France, ce phénomène s’est enclenché en 1981 avec l’élection de François Mitterrand. Depuis lors, les politiciens ont rivalisé en promesses et en mensonges. En politique, les promesses ne coûtent rien à ceux qui les font car elles sont payées par les bénéficiaires. Les gouvernements ont engagé des millions de fonctionnaires et ont distribué des milliards de subventions diverses, tout azimut, pour que les citoyens continuent à voter pour eux. Ces dépenses ont été engagées en s’endettant. C’est cette soif de pouvoir qui est à l’origine des dettes colossales que les états ont contractées en notre nom. Les politiciens nous ont fait des « cadeaux » empoisonnés et aujourd’hui nous en recevons la facture !

La croissance de la dette (à droite) est très supérieure à la croissance économique (à gauche).

La croissance de la dette (à droite) est très supérieure à la croissance économique (à gauche).

 Il est facile d’accuser les financiers de tous nos maux, alors que ce sont les gouvernants qui se sont endettés et se sont donc mis à leur merci. La dette, c’est une façon de consommer aujourd’hui les revenus hypothétiques de demain. Pour rembourser, il faut prendre l’argent d’aujourd’hui et de demain, ce qui fait moins de dépenses d’investissements possibles pour alimenter la croissance. C’est ainsi que l’activité économique est étouffée, asphyxiée par la dette et que la croissance ralentit. De ce fait, plus la dette augmente, plus la croissance ralentit et ceci est vrai pour la Grèce, comme pour l’Italie et la France qui ne font rien de sérieux pour stopper l’endettement. Ceux qui aujourd’hui refusent rigueur et austérité sont gravement coupables car cela revient à vivre aux dépens de nos enfants et petits enfants en conduisant le pays à la ruine. J’ai déjà écrit, ici même, que le désendettement est nécessairement douloureux, mais il n’y a pas d’autres alternatives.

2- Pour financer la dette colossale des pays, les Banques Centrales (FED aux USA et BCE en Europe) se sont mis à créer, ex nihilo, des centaines de milliards de dollars et des centaines de milliards d’euros qui sont venus inonder les marchés financiers. Autrement dit, les banques centrales se sont transformées en faux-monnayeurs, elles ont crée de l’argent sans contrepartie économique ! Une partie de ces sommes a été prêtée aux Etats afin qu’ils puissent continuer à s’endetter, mais une autre partie a été absorbée par les circuits financiers et les entreprises pour spéculer. Le résultat est catastrophique puisque la création monétaire a pour effet d’augmenter la valeur des biens et des actions d’entreprises, c’est-à-dire d’enrichir les riches et donc d’accroitre les inégalités !

Il convient donc de stopper la création monétaire et de laisser

En Amérique comme en Europe, la création monétaire tourne à plein régime, sans contre-partie économique. Les banques centrales sont des faux-monnayeurs.

En Amérique comme en Europe, la création monétaire tourne à plein régime, sans contre-partie économique: les banques centrales sont des faux-monnayeurs.

l’économie retrouver son équilibre. Toutes les actions menées actuellement concourent à aggraver le problème à terme, pour une rémission passagère. C’est l’équivalent du chirurgien qui donnerait à son malade un antalgique pour apaiser sa douleur sans procéder à l’ablation de la tumeur. C’est cette attitude qui a prévalu en Grèce au point que le malade ne guérira jamais et finira par être emporté.

3- En même temps que l’Etat devient plus puissant, plus envahissant et plus onéreux, il renforce son emprise sur l’activité économique, il établit plus de normes, plus de contrôles, plus de règlementations, plus de lois et finalement plus de contraintes et plus d’impôts et de taxes qui pèsent sur l’économie dans son ensemble. La somme de toutes ces obligations administratives, et de ces charges, ralentissent l’activité productrice au profit d’une fonction publique qui devient pléthorique. Les revenus des entreprises diminuent et donc les salaires et les investissements diminuent. La charge administrative globale devient un handicap majeur qui bloque la croissance et les pays qui ont la charge la plus lourde sont les plus handicapés et perdent leur compétitivité, comme nous l’avons déjà expliqué à propos de la France (lire chronique 565 ‘Impossible Croissance’). Nous avons montré que tant que ce pays persévèrera dans cette voie, le chemin de la croissance lui demeurera interdit.

Numériser 1 En particulier, les contraintes qui pèsent sur le travail sont en France particulièrement lourdes et handicapantes, à commencer par la semaine de 35 heures, instaurée par des idéologues dangereux, et qui a quasiment tué l’industrie française. Les débats virulents à propos du travail du dimanche pour certains commerces, montrent l’état de déliquescence de la société française. Un boulanger, récemment condamné à ce sujet, s’est justement écrié : « C’est dur de se retrouver avec un casier judiciaire pour avoir fait du pain le dimanche ! ». Je préconise la liberté !

 

4- Il est facile de comprendre que la création monétaire a généralement pour effet de déclencher une inflation, c’est-à-dire une augmentation générale des prix, c’est d’ailleurs ce que cherchent à faire les banques centrales. En effet, l’inflation génère plus d’impôts et allège la dette des états. Normalement, plus la création monétaire est importante, plus l’inflation est massive au point qu’elle peut devenir hors de tout contrôle, comme ce qui s’est passé récemment en Argentine. Plus il y a d’argent en circulation, plus les prix montent. Pour l’instant, seuls les prix des actions d’entreprises et des biens immobiliers ont monté. Les prix des biens de consommation et des services sont au contraire très calmes. La raison en est que l’argent créé par les Banques centrales est resté dans le circuit financier car la consommation des ménages reste faible et ces derniers ont contracté peu d’emprunts. La consommation reste modeste car les citoyens ont peur de l’avenir, peur du chômage, peur des énormes flux migratoires qui déstabilisent l’Europe… La peur freine la consommation, ce qui freine les prix !

Dernière étape: l'inflation dévore vos économies et votre pouvoir d'achat.

Dernière étape: l’inflation dévore vos économies et votre pouvoir d’achat.

 L’économie repose essentiellement sur la confiance. L’emprunteur a besoin de la confiance du prêteur, sinon celui-ci ne prête pas. Le danger le plus grand, et sans doute le plus imminent, est la perte de confiance du prêteur dans la capacité de l’emprunteur de le rembourser. C’est le scénario que nous avons vu en Grèce et qui peut surgir à tout moment en Europe. Une perte de confiance peut se répandre soudainement, comme une épidémie fulgurante. Dans ce cas, les taux d’intérêts prendraient l’ascenseur et les pays endettés seraient ruinés, incapables de payer les intérêts de leurs dettes ! Aussitôt les prix monteraient et l’inflation peut alors devenir galopante, hors contrôle. Les premières victimes sont naturellement les salariés et les retraités dont les revenus ne seraient pas revalorisés. Ce risque d’inflation et d’augmentation des taux d’intérêts est une raison supplémentaire qui doit nous convaincre de maîtriser nos dettes.

Finalement, l’économie repose tout simplement sur le bon sens. Il convient de ne jamais oublier que nos dettes ne font qu’enrichir les prêteurs et qu’il ne faut s’endetter que pour acheter des biens qui rapporteront plus que ce que coûte le remboursement. Une dette excessive, activée par des gouvernements irresponsables, est aujourd’hui à l’origine de tous nos tourments. Il n’y pas d’autre alternative que de la réduire, par tous les moyens.

Les gouvernants sont les principaux responsables des malheurs qui accablent l’Europe, c’est pourquoi notre prochaine chronique aura pour thème « Pour une politique démocratique ».

Posted in: Economie, Politique