610 – LE SUICIDE DE L’EUROPE

Posted on mars 28, 2016 par

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Que reste-t-il du projet européen, laissé entre les mains de politiciens à la courte vue et dont la seule obsession est leur réélection ? Les évènements récents confirment le délitement de l’Europe qui désormais n’existe plus que sur le papier.

Nous avons souvent abordé le thème de l’Europe dans nos chroniques car nous sommes inquiets pour son avenir, pour notre avenir. Encore récemment, nous tirions la sonnette d’alarme en avançant que l’année 2016 serait décisive (chronique 606). La construction européenne était indispensable pour le développement économique, intellectuel et moral de l’Europe. Nous avons toujours dit que seule la voie d’une Europe fédérale, un peu sur le modèle américain, était viable à terme. Nous arrivons à ce terme ! Nous disions qu’une Europe encore en chantier, mal construite, sans porte ni fenêtre, et sans maître de maison, serait balayée par la tempête. La tempête est là et les vents sont mauvais.

Le premier coup de vent s’abattit sur la Grèce comme un meltem dévastateur, tel que celui qu’essuya Ulysse. La Grèce était fautive, par l’inaction et les mensonges des gouvernements successifs qui ont trompé le peuple et les institutions européennes. Il fallait que la Grèce abandonne la monnaie commune afin de devenir compétitive et avoir le temps de se réorganiser. Personne en Europe n’a eu le courage de dire la vérité aux Grecs, à savoir qu’ils n’ont, dans les conditions actuelles, aucune chance de revenir à flot. Les milliards qui leurs sont alloués ne font que retarder le drame. Autrement dit, les souffrances du peuple Grec sont inutiles et inefficaces. Rien n’est réglé et l’Europe s’est dangereusement et durablement affaiblie.

LE NOUVEAU DRAPEAU EUROPEEN "Pas assez de concessions"

LE NOUVEAU DRAPEAU EUROPEEN
« Pas assez de concessions »

 Plus récemment, la façon dont l’Europe a cédé au chantage anglais à propos de son maintien dans l’union illustre sa grande faiblesse et surtout sa désunion. Le fait qu’il n’y ait pas de gouvernement européen, capable de négocier au nom de l’Europe, permet à la partie adverse de jouer avec les contradictions et les désaccords qui existent entre les différentes nations. Diviser pour mieux régner fait partie du savoir faire traditionnel de la diplomatie Britannique ! Lors de ces négociations, l’Europe s’est ridiculisée en acceptant le diktat anglais. L’Angleterre aurait brexit_mixremix_21022016plus à perdre qu’à gagner en quittant l’Union et elle le sait, par conséquent David Cameron n’aurait jamais pris le risque de plaider pour le Brexit. Il a simplement profité de la déliquescence de l’Europe dans laquelle il demeure plus par nécessité et pragmatisme que par conviction.

Le pire était encore à venir ! Les négociations calamiteuses et humiliantes qui viennent d’avoir lieu avec la Turquie signent définitivement l’incapacité de l’Europe de se faire respecter. On ne respecte que celui qui est respectable. Le gouvernement Turc a renoué avec la traditionnelle diplomatie byzantine du double ou du triple jeu : après avoir joué la carte du terrorisme islamique dont il a facilité l’extension et le commerce du pétrole, il a laissé l’Etat islamique martyriser les populations Kurdes d’Irak, sa hantise étant la constitution d’un Etat Kurde. Dans la transaction, les européens ont accepté, sans le consentement des peuples, le principe d’une adhésion de la Turquie à l’Union Européenne, ce qui est pure folie et revient à introduire le loup dans la bergerie ! En échange, le gouvernement Turque promet de surveiller ses frontières et de garder sur ses terres les réfugiés en provenance d’Irak et de Syrie.

Unknown-1 En effet, le problème des réfugiés que l’Europe s’est avérée incapable de résoudre, constitue sans doute la preuve la plus tangible du suicide européen. Après s’être montrée incapable de surveiller ses frontières, depuis des décennies, et après avoir laissé entrer en masse des jeunes désoeuvrés, auxquels elle était incapable de proposer un emploi ou quelconque perspective, elle fut sans politique commune en 2015 lors de l’arrivée massive de centaines de milliers de réfugiés. Les politiciens qui, pendant des années, ont insulté les citoyens qui les mettaient en garde contre une immigration non contrôlée, les traitant de xénophobes, de fascistes, voire de nazis, ces même politiciens n’ont rien fait, rien prévu, rien aménagé pour ces familles en détresse pour lesquelles il était impératif de définir une politique commune ainsi qu’établir des critères précis d’acceptation. Le comble de la lâcheté fut de confier cette tache à la Turquie!

images Le comble de l’incurie européenne s’est illustré de façon dramatique à propos des attentats qui ont eu lieu à Paris et à Bruxelles. Il s’est avéré que les terroristes traversaient sans encombres les frontières, qu’ils allaient et venaient du Moyen-Orient sans jamais être inquiétés. Pire, il fut démontré que les divers services de renseignements et de polices européens ne communiquaient pas entre eux et n’avaient même pas un fichier commun des délinquants et des individus recherchés par la police ou soupçonnés de terrorisme. A ce niveau, ce n’est plus de la négligence, c’est une faute professionnelle grave de la part d’administrations étatiques qui démontrent, une fois de plus, leur totale désorganisation ayant permis à Bruxelles de devenir la capitale européenne du djihadisme et du terrorisme. Dans ces conditions à quoi sert l’Europe, si ce n’est à engraisser des milliers de fonctionnaires internationaux qui ne font que brasser du papier ? L’hystérie médiatique et politique qui a fait suite aux attentats ne parvient pas à masquer l’incompétence.

Dans le même temps, les pays européens du Sud, et la France en tête, continuent de s’endetter, mois après mois, et d’aggraver leur situation financière, en ne respectant même plus les règles qu’ils se sont eux-mêmes imposées. Ces mêmes pays n’entreprennent pas les réformes indispensables pour réveiller leurs économies anémiques, comme Bruxelles les exhorte de le faire. Chacun va son chemin, sans concertation et sans coordination. Comment ose-t-on encore parler d’Europe ?

Nous pouvons d’ores et déjà considérer que l’Europe actuelle et morte, elle s’est fait hara-kiri. Il vaudrait mieux en prendre acte plutôt que d’entreprendre un acharnement thérapeutique qui ne fait que repousser une échéance inexorable. A partir de là, il est urgent de reconstruire une Europe Fédérale avec les pays qui sont motivés pour le faire et qui sont prêts à abandonner leur souveraineté au profit d’une entité forte disposant de tous les pouvoirs régaliens, à commencer par une armée crainte et respectée. Tout le reste n’est que du bla-bla-bla !

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