619 – LA FOI EST PLUS FORTE QUE LA REALITE

Posted on mai 30, 2016 par

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Nous sommes supposés des « êtres de raison », capables d’appréhender le monde avec objectivité. Cela est parfois vrai, sauf quand nos émotions, nos sentiments, nos passions, notre culture et nos a priori, brouillent nos esprits au point que nous accordons plus de poids à nos croyances subjectives qu’à la réalité objective, à laquelle nous restons aveugles malgré l’évidence contraire. Autrement dit, notre capacité de raison est à géométrie variable, c’est-à-dire que nous l’utilisons seulement lorsque cela nous arrange, mais nous la mettons entre parenthèse dès que la réalité risque de contredire nos rêves et nos illusions.

 Nous sommes donc, avant tout, des êtres de mauvaise foi, accrochés parfois à des certitudes fausses que nous sommes capables de défendre jusqu’à l’absurde! Evidemment, le domaine des croyances religieuses constitue le champ privilégié de ce que l’on dénomme « la foi du charbonnier », cette croyance aveugle à des dogmes intangibles, érigés en certitude par quelque instance ecclésiastique. La religion chrétienne s’appuie sur des textes magnifiques qui manient à merveille le symbole, la poésie et la parabole, et qui « parlent » à nos âmes, c’est-à-dire à la partie la plus subjective de l’humain. Cette foi en la résurrection du Christ est si profondément ancrée dans l’esprit des chrétiens, en tant que vérité sacrée, que même si l’on découvrait le tombeau de Jésus de Nazareth, avec les marques de la crucifixion et de la couronne d’épines, cela ne changerait en rien cette foi inébranlable en sa résurrection, dont il est interdit de douter.

1406924149_96710_large Plus étrange encore, la façon dont les juifs, les chrétiens et les musulmans interprètent, au pied de la lettre, l’Ancien Testament ou les écrits de Mahomet, alors qu’il s’agit de poèmes épiques et de directives destinées à certains peuples, à une certaine époque qui n’a plus rien à voir avec la notre. C’est comme si, à l’époque d’internet, nous avions gardé les mêmes lois et les mêmes usages qu’au Moyen-Âge. Par quel étrange processus de pensée avons-nous transformé ces textes en parole divine et par conséquent sacrée ? Pourquoi persistons-nous à confondre l’Esprit et la Lettre ? La beauté de certains de ces textes participe à l’élévation de notre esprit et de notre âme mais ne demande pas que nous sacrifions notre vie pour les défendre ! D’où provient notre aveuglement au point qu’il est même impossible d’en discuter sereinement sans déclencher les passions et les haines ? Les religions ont accaparé l’histoire pour l’arranger à leur manière et en faire des dogmes dont nous ne voulons même pas discuter la genèse…

L'aveuglement des scientistes.

L’aveuglement des scientistes.

 Il ne faudrait pas croire que les religions ont le monopole de la foi aveugle et des vérités révélées. La science ne manque pas de « certitudes révélées », aussi inébranlables que la foi dans les paroles de Jésus ou de Mahomet. Nombre de scientifiques ne croient que ce qu’ils voient et que ce qu’ils peuvent interpréter par la pensée rationnelle, logique et déductive. Ils ont foi en la raison et réfutent tous les phénomènes qualifiés d’irrationnels ou d’ésotériques, c’est-à-dire littéralement ce qui est en dehors de leur champ de compréhension. Leur aveuglément est tel que malgré les preuves assez convaincantes et troublantes de communication avec l’au-delà, de transmission de pensée, de vision à distance, de précognition ou même des objets volants non identifiés, la science refuse même d’en parler ou d’évoquer l’un de ces sujets sous peine d’excommunication !…La science s’est fait une idée d’elle-même, une sorte de construction mentale, l’alpha et l’oméga de la pensée, panthéon de l’intelligence où les hérétiques sont pourchassés au nom de la foi au progrès.

Notre foi en certaines idées dépasse la réalité objective, comme on peut le images-4constater aussi en politique où certains points de vue font l’objet de vénération excessive et répétée. Ainsi le socialisme, qui repose sur des idées généreuses de partage, d’égalité et de redistribution, n’a nulle part, ni jamais, apporté le bien être, la liberté ou la moindre aisance économique. On peut passer sur l’échec du socialisme en Union Soviétique dirigée à ses débuts par un fou paranoïaque, mais que dire des échecs dans chacune des « démocraties populaires » de l’Europe de l’Ouest ? Comment refuser de voir l’échec total et sur toute la ligne du socialisme à Cuba ? Toutes les tentatives de socialisme en Amérique du sud ont généré la pauvreté et le malheur des populations, la palme revenant au Venezuela qui nous offre actuellement un bien triste exemple ! Malgré tout cela, il est encore des individus qui « croient » aux vertus du socialisme et qui veulent tenter de nouvelles expériences.

Quel est le processus mental qui bloque l’acceptation d’une réalité évidente, à savoir que le socialisme est certes une belle idée, mais qui pratiquement ne fonctionne pas, sans doute par ce qu’elle sous-estime le caractère fondamentalement égoïste de la nature humaine ? L’idéologie est ici plus forte que la réalité qui dérange. Mais la réalité est têtue et le monde des faits n’a que faire de nos idées, aussi belles soient-elles. Dans un monde parfait, le socialisme est très certainement le meilleur des systèmes politiques, mais ici-bas, dans notre monde d’humain, cela ne fonctionne pas car le système est aussitôt parasité par un nombre grandissant de profiteurs qui n’apportent pas leur contribution à son bon fonctionnement. Pourquoi refusons-nous d’en tirer les conséquences pour imaginer un autre système politique qui apporte un meilleur épanouissement ? Est-ce par paresse intellectuelle, par attachement et fidélité à une idée qui a fait rêver plusieurs générations, ou bien par entêtement et refus de remettre en question une foi qui nous a porté et aidé à vivre ?

images-2 La foi est plus forte que la réalité car il nous est sans doute trop douloureux de la réfuter, comme s’il s’agissait d’une trahison, d’une négation de soi-même. Lorsque tout s’écroule et que l’on se retrouve démuni, la foi en une idée qui nous transcende constitue tout ce qui nous reste et elle nous permet de nous relever. D’une certaine manière, il se peut que la foi soit la colonne vertébrale qui nous permet de tenir debout dans la tourmente. C’est pourquoi nous défendons notre foi, contre vents et marées, et à tout prix. J’irai même jusqu’à poser l’hypothèse que le malaise de notre siècle serait dû au manque de foi. Tel est le paradoxe de l’humanité, à la fois si brillante et si bornée, si forte et si fragile… Finalement, et quoiqu’on en dise, la foi cela fait vivre ! N’est-ce pas la foi qui soulève des montagnes ? Nous avons besoin de la foi pour vivre, pour ne pas mourir devant la noirceur de cette réalité que nous voyons tous, mais que la foi aveugle et invincible nie… avec la plus mauvaise foi !