642 – DE MOSSOUL à ALEP

Posted on novembre 6, 2016 par

3



 

 

 

De Mossoul à Alep, en passant par Raqqa, c’est près de 700 kms en enfer, sans que l’on parvienne à savoir qui est le diable et avec qui il agit. Il se peut que Satan soit derrière chacun des combattants, de part et d’autre.

Cependant les media occidentaux et les politiciens veulent nous faire croire que les bombes qui tombent sur Alep sont le fait de l’ange maudit, tandis que celles qui vont s’abattre sur Mossoul seront bénies des dieux ! Il y aurait des bonnes bombes et des mauvaises bombes. Je ne sais pas ce qu’en pensent ceux qui les reçoivent…

Le Moyen Orient est à feu et à sang. Tout a commencé en 2003 par l’invasion américaine en Irak qui a tout bousculé, détruit l’administration, l’armée, la police et toute structure politique et religieuse. L’armée américaine fut assez pitoyable pour se mettre à dos l’ensemble de la population. C’est sur ces décombres qu’a germé l’Etat Islamique qui sème désormais la terreur. On peut s’étonner que George W. Bush n’ait jamais été inquiété pour une pareille sauvagerie. Il aurait dû comparaitre devant un tribunal international pour crimes de guerre, comme le sont certains dirigeants africains. Mais il est plus facile de condamner un responsable africain, issu d’un pays que nul n’est capable, à Washington, de situer sur une carte, que de condamner l’ancien président de la première puissance du monde, quelles que soient ses turpitudes.

Suite au tremblement de terre irakien, les peuples arabes se sont soulevés, de Tunis à Damas, en passant par le Caire. Les occidentaux dans leur ensemble, suivant l’exemple américain, ont appuyé ces mouvements populaires, sans se demander une seconde où cela conduirait. Les bons Apôtres de la Démocratie se sont répandus dans les médias. Certains politiciens ont œuvré pour souffler sur les braises et soutenir les manifestations de rue. Les chancelleries occidentales se sont activées pour ébranler un peu plus les pouvoirs en place et l’armée intervint même pour abattre le leader Libyen. Chacun s’est mis à rêver d’installer au pouvoir de dociles démocrates dans chacune des capitales Arabes. Ce plan fut aussi catastrophique que l’invasion de l’Irak, aussi utopique, aussi irréaliste et à cette occasion la démocratie occidentale a donné une bien mauvaise image d’elle-même. Si les peuples avaient été consultés, ils n’auraient jamais donné leur accord à pareille aventure !

La troisième étape fut constituée par le cas Syrien. Le dirigeant en place ne comptait pas se laisser intimider par des mouvements de rue et il résista. Son gouvernement laïc, garant de la liberté des diverses communautés religieuses, sunnites, shiites, chrétiennes et autres, s’opposa fermement à une foule manipulée par l’étranger et en particulier par l’Arabie Saoudite. La réaction fut sanglante. Les occidentaux, toujours aveuglés par leur émotions, prirent fait et cause pour les manifestants, leur fournirent des armes et voulurent même intervenir militairement, à l’instar de François Hollande, jamais avare de bévues. Depuis 2011, le conflit s’est transformé en une guerre civile effroyable et les Occidentaux persistent à rendre responsable le leader Syrien, Bachar el-Assad. Cette attitude a permis à l’opposition d’agglutiner des combattants de tous les horizons et, en particulier, en provenance d’Al-Quaida et du désormais fameux Etat Islamique qui ne sont pourtant pas réputés pour être nos amis. Imaginons un instant que des manifestants islamiques occupent la rue en France et réclament l’instauration d’une théocratie salafiste, faudrait-il les laisser faire ? Il se peut que même Monsieur Hollande envoie l’armée. C’est ce qu’à fait Bachar el-Assad et il avait peut-être raison ?

eiil2 Le quatrième acte de cette tragédie, ce fut le réveil d’un certain nationalisme Arabe qui, sous la bannière de l’Islam, a commencé à s’implanter en Irak. Le terreau anti-occidental était fertile et les cadres du mouvement n’étaient autres que les anciens officiers de Saddam Hussein. L’argent et l’armement étaient fournis par nos « amis » d’Arabie Saoudite et du Qatar, sans que personne en occident n’y trouve à redire. Sous nos yeux ébahis ce mouvement islamique prit de l’ampleur et se constitua en véritable Etat en annexant des territoires importants en Irak et en Syrie. Sans coup férir, il annexa Raqqa et Mossoul, il envoya des troupes à Damas et à Alep. Il n’est pas exagéré de dire que les occidentaux ont fait le lit de l’Etat Islamique qu’ils voudraient aujourd’hui détruire. C’est une politique de gribouille ! Heureusement, les Russes sont plus clairvoyants et ont compris le danger de laisser la Syrie et l’Irak aux mains de DAECH (Etat Islamique). Leur intervention massive peut permettre d’écraser les djihadistes que l’Occident a laissé proliférer.

Les combattants de Daech sont pourtant faciles à repérer lorsqu'ils se déplacent dans le désert!

Les combattants de Daech sont pourtant faciles à repérer lorsqu’ils se déplacent dans le désert!

 Le cinquième acte, vous le connaissez tous déjà. La guerre tout azimut qui sévit désormais au Moyen-Orient a mis sur les routes des millions de réfugiés qui franchissent nos frontières et à qui nous devons un minimum d’entre-aide. Des camps de réfugiés sont installés un peu partout en Turquie, en Jordanie, au Liban, mais aussi en Allemagne, en Italie, et en France. La guerre attise la haine et favorise le débordement de groupes incontrôlés qui sévissent là où ils se trouvent en commettant des attentats meurtriers. On peut dire que face à ces défis immenses l’Europe a montré son impuissance à la face du monde. Elle n’a pas su mettre en place une police des frontières, les différentes polices nationales ne communiquaient pas entre elles, les terroristes pouvaient tranquillement passer les frontières, et pendant ce temps là l’Etat Islamique étendait son territoire au sus de tous et nous vendait même le pétrole des raffineries qu’il avait conquises ! En ce qui concerne les réfugiés, aucun plan d’ensemble ne fut mis sur pied pour les accueillir, les contrôler et les aider à s’intégrer en attendant leur retour au Moyen-Orient. Seule l’Allemagne fut à la hauteur du défi immense et pour cela elle fut critiquée par les apôtres du renoncement et du déshonneur. Il est possible que les historiens retiendront que l’été 2016 fut celui du renoncement définitif de l’Europe à exister, c’est-à-dire à faire entendre sa parole et à agir par elle-même.

Mossoul ou Alep ?

Mossoul ou Alep ?

 Après le cinquième acte qui fut celui de la honte et du renoncement, on peut craindre l’arrivée du sixième et dernier acte dont on sent déjà les prémisses et qui pourrait être celui de l’effondrement. Etant donné la masse de ressentiments accumulés par les peuples, on peut craindre que la gangrène de la guerre civile gagne l’Europe et que le retour au nationalisme d’antan ouvre de sombres perspectives. On se consolera en disant que le pire n’est jamais sûr et qu’il reste toujours une petite place pour l’espoir. Les habitants de Mossoul, de Raqqa et d’Alep ont besoin de cet espoir pour continuer à vivre…

 

Posted in: Politique